Rainer Brüderle, candidat du Parti libéral FDP à la chancellerie, dimanche lors d'un congrès à Nuremberg (sud). REUTERS/Kai Pfaffenbach
Le Parti libéral FDP, qui espère continuer à gouverner l'Allemagne avec Angela Merkel dans cinq mois, a lancé ce week-end sa campagne des législatives en brandissant comme épouvantails la France, les sociaux-démorates et les Verts.
Armé du slogan "Avec nous, l'Allemagne reste forte", le parti du ministre de l’Économie Philipp Rösler, a repris lors d'un congrès à Nuremberg (sud) la formule utilisée par la chancelière, décrivant son gouvernement comme "le meilleur depuis la réunification" allemande en 1990.
"Nous avons connu quatre bonnes années, Merkel a raison (...) et nous pensons que la coalition entre les conservateurs et le FDP peut encore former le meilleur gouvernement pour l'Allemagne dans les quatre prochaines années", a martelé le candidat du parti à la chancellerie, Rainer Brüderle, 67 ans, dimanche, devant quelque 660 délégués.
Le petit parti, souvent qualifié de "faiseur de rois" pour son rôle charnière dans la constitution des majorités gouvernementales en Allemagne, s'est défini comme le "bonificateur" de la politique des conservateurs et comme le défenseur des classes moyennes, son électorat traditionnel, face au "néo-collectivisme" et à "l'écolo-socialisme" des sociaux-démocrates du SPD et des Verts qui souhaitent "être en charge de tout mais responsables de rien".
Ces derniers ont été vivement accusés de vouloir conduire l'Allemagne sur le mauvais chemin, celui des hausses d'impôt et de l'endettement, M. Brüderle évoquant à cet égard la rencontre entre le candidat du SPD, Peer Steinbrück, et le président français François Hollande alors que la France est "une bombe à retardement au cœur de l'Europe".
"Ils veulent mettre en place une union de la dette", a tempêté le candidat FDP, rappelant le rôle joué par son parti contre l'introduction d'euro-obligations.
"La France est notre partenaire le plus proche mais je suis très inquiet de son évolution", a lancé M. Brüderle, qui fut ministre de l’Économie d'Angela Merkel de septembre 2009 à mai 2011.
Reprenant à son compte l'image utilisée par le magazine britannique "The Economist" qui avait décrit la France comme "une bombe à retardement au cœur de l'Europe", M. Brüderle a estimé que l'on pouvait "voir en France ce qui se passe avec une économie qui mise sur la redistribution, des impôts plus élevés, un temps de travail réduit et un départ précoce à la retraite". "Cela conduit à moins de croissance, à l'endettement (...) à l'affaiblissement de la compétitivité", a-t-il assuré.
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La veille, le président du FDP Philipp Rösler avait qualifié d'"irresponsable" la décision de la Commission européenne de remettre "en cause la politique de consolidation budgétaire dans les pays de l'UE" en accordant plus de souplesse à la France pour réduire ses déficits.
A Nuremberg, le FDP s'est montré combatif, faisant fi des sondages prédisant sa disparition du Bundestag en septembre, ce qui serait une première dans son histoire. La dernière enquête en date, publiée jeudi, lui donne 4% des intentions de vote, c'est-à-dire en-dessous des 5% nécessaires pour siéger au Bundestag.
Il a également fait mine d'oublier ses mauvais résultats électoraux qui, depuis 2011, l'ont chassé de six parlements régionaux sur seize.
L'ancien président du parti, le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle, avait sorti le FDP de 11 ans d'opposition avec un score historique (14,6% des voix) aux législatives de 2009.
"Nous devons tous être préoccupés mais nous avons pris ici un bon départ", jugeait Christiane Gaehtgens, 56 ans, déléguée de Basse-Saxe (nord). "Nous avons connu des temps difficiles mais je crois que nous sommes maintenant dans les starting-blocks, nous avons eu des débats politiques de fond pour aboutir à des résultats constructifs".
Le parti s'est doté d'un programme de campagne dans lequel il se prononce de nouveau pour des allègements fiscaux ainsi que, pour la première fois, en faveur de la mise en place de salaires minima, mais uniquement par branche ou par région, selon certains critères.
"Je suis sûre à 100% que nous serons de nouveau au Bundestag, parce qu'il y a énormément de gens en Allemagne qui sont attachés à notre liberté politique", voulait croire Angela Westfehling, déléguée de Hambourg (nord). "Une Allemagne sans le FDP, ce n'est plus l'Allemagne".
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La France inquiète donc l'Allemagne...pas grave, que l'Allemagne s'inquiète! La France reste la deuxième puissance économique de l'Europe(avant de redevenir la première), et sa première puissance militaire...les banques françaises sont parmi les premières du monde... et ce pays est la première destination touristique du monde.La France traverse une tempête...mais fluctuat, nec mergitur, n'est ce pas? C'est quand même fou cette propension à sous-estimer les capacités de rebond de la France. Des années de politique néo-libérale n'ont pas réussi à mettre à genoux son modèle social, qui a juste besoin d'être réformé et beaucoup mieux contrôlé. Que les "inquiets "de la France se rassurent...ils n'ont fini de l'être...inquiets!
10 h 56, le 08 mai 2013