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À La Une - Fraude

Dix ans de prison pour un millionnaire qui a vendu à la Finul de faux détecteurs d’explosifs

Selon une source ayant requis l’anonymat, « ces détecteurs étaient aussi utilisés par des services de sécurité publics et privés au Liban »

Le businessman britannique James McCormick. REUTERS/Toby Melville

Un homme d’affaires millionnaire britannique, James McCormick, a été condamné à dix ans de prison hier à Londres pour avoir vendu de faux détecteurs d’explosifs à l’ONU ainsi qu’en Irak, une escroquerie qui s’est probablement traduite par la mort d’innocents, selon le juge.


Le Liban fait apparemment partie des pays où ces faux détecteurs ont été écoulés, notamment dans le cadre de la Finul. Le bureau de la communication de la Finul, interrogé par L’Orient-Le Jour, a précisé que ces détecteurs ont été utilisés par différentes agences onusiennes, d’où le fait que l’affaire est aujourd’hui du ressort du siège de l’ONU à New York. Au moment de mettre sous presse hier, nous n’avions pas reçu de réponse du porte-parole du secrétaire général de l’ONU à New York.


De même, nous n’avons pas obtenu confirmation de l’armée ou d’autres services de sécurité libanais que les détecteurs ont bien été utilisés par certains services publics. Une source qui a requis l’anonymat nous a cependant assuré que « ces détecteurs étaient utilisés par des services de sécurité publics et privés au Liban ». Cette source s’est dit étonnée que « des cinq détecteurs de différentes sociétés qui ont été commercialisés au Liban et ailleurs, fonctionnant tous selon le même principe, seuls ceux de cette société ont été mis en cause ».


Pour en revenir à James McCormick, 57 ans, le juge britannique s’est adressé à lui en des termes très durs. « En vendant autant d’appareils inutiles pour un bénéfice énorme, vous avez créé un faux sentiment de sécurité et, selon toute probabilité, vous avez sensiblement contribué à tuer et blesser des innocents », a déclaré le juge Richard Hone, au tribunal de Old Bailey.
« Vos profits étaient obscènes. Vous n’avez ni honte ni remords », a-t-il asséné, en référence aux quelque 60 millions d’euros que l’arnaque a rapportés à l’homme d’affaires.


James McCormick avait été reconnu coupable la semaine dernière d’avoir vendu de faux détecteurs à l’armée irakienne pour un contrat de 44 millions d’euros, à la Belgique, au Niger, à la Géorgie et à l’ONU.
Ces « détecteurs » étaient en fait basés sur la technologie utilisée pour des appareils destinés à retrouver des balles de golf et commercialisés à 15 euros aux États-Unis. James McCormick vendait, lui, ces produits jusqu’à 27 000 livres sterling (32 000 euros ou 42 000 dollars) l’unité.


Selon le procureur Richard Whittam, James McCormick prétendait que ses « détecteurs » avaient la capacité de déceler des substances explosives à distance : à un kilomètre sous terre, jusqu’à cinq kilomètres dans les airs et 31 mètres sous l’eau.
D’anciens officiers britanniques, cités par le procureur, ont estimé que des personnes avaient été tuées à cause de ces faux détecteurs. Mais l’avocat de la défense, Jonathan Laidlaw, a affirmé qu’il n’y avait pas de preuve que son client a du sang sur les mains.

 

Un homme d’affaires millionnaire britannique, James McCormick, a été condamné à dix ans de prison hier à Londres pour avoir vendu de faux détecteurs d’explosifs à l’ONU ainsi qu’en Irak, une escroquerie qui s’est probablement traduite par la mort d’innocents, selon le juge.
Le Liban fait apparemment partie des pays où ces faux détecteurs ont été écoulés, notamment dans le cadre de la Finul. Le bureau de la communication de la Finul, interrogé par L’Orient-Le Jour, a précisé que ces détecteurs ont été utilisés par différentes agences onusiennes, d’où le fait que l’affaire est aujourd’hui du ressort du siège de l’ONU à New York. Au moment de mettre sous presse hier, nous n’avions pas reçu de réponse du porte-parole du secrétaire général de l’ONU à New York.
De même, nous n’avons...
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