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Santé

La situation au Liban

Si la prise en charge de la douleur est tout à fait légitime en Europe, au Liban, cette discipline en est encore à ses premiers balbutiements.
En fait, c’est en 1995 que ce concept a été introduit dans le pays avec l’ouverture du premier centre de traitement de la douleur à l’Hôtel-Dieu, sur l’initiative du Dr Marie-Claire Antakli, alors chef du département d’anesthésie-réanimation à l’hôpital.
Le centre a évolué lentement. Le Dr Nicole Naccache, présidente de la Société libanaise du traitement de la douleur, explique à L’Orient-Le Jour que « les médecins ne référent pas les patients aux algologues de peur de les perdre ». « Certains médecins ont dépassé cette appréhension, constate-t-elle. D’autres sont encore sur la défensive. En fait, nous rencontrons toujours des personnes souffrantes, à des stades avancés de la maladie, parce qu’elles n’ont pas été référées au bon spécialiste. Certaines d’entre elles souffrent depuis des années et ont déjà des déformations et des séquelles. Souvent, nous ne pouvons plus leur être utiles, parce que dans le traitement de la douleur, surtout dans sa forme chronique, plus l’intervention est précoce, mieux les résultats sont. »
Sept ans plus tard, en 2002, la Société libanaise pour l’étude de la douleur (LSSP), qui est le chapitre libanais de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP – International Association for the Study of Pain), voit le jour. Relevant du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), la LSSP est essentiellement dédiée à la recherche et compte au nombre de ses membres des chercheurs, des spécialistes de la douleur, des dentistes, des infirmières, des kinésithérapeutes, des psychologues et des pharmaciens.
Des années plus tard, une deuxième société a été créée au sein de l’ordre des médecins, « pour défendre les coûts de la prise en charge de la douleur », mais aussi « pour encourager les étudiants en médecine à poursuivre une spécialisation en algologie », précise le Dr Marie-Claire Antakli, professeur honoraire d’anesthésie-réanimation et de douleur. Elle ajoute : « Jusqu’à maintenant, le traitement de la douleur aiguë postopératoire n’est reconnu que dans certains hôpitaux, au moment où en France un hôpital est classé en fonction de la prise en charge de la douleur. De plus, le traitement de la douleur n’est pas remboursé par les tiers payants publics. Certaines assurances acceptent de le faire dans des conditions exceptionnelles. D’ailleurs, jusqu’à présent, certaines compagnies d’assurances refusent de couvrir le coût de la péridurale à la femme qui accouche ! C’est une des raisons qui retardent le progrès dans la prise en charge de la douleur. Un long chemin est encore à faire au niveau de toutes les instances. Nous essayons d’améliorer les choses, d’autant que de plus en plus de jeunes étudiants s’intéressent à cette discipline. »
Si la prise en charge de la douleur est tout à fait légitime en Europe, au Liban, cette discipline en est encore à ses premiers balbutiements.En fait, c’est en 1995 que ce concept a été introduit dans le pays avec l’ouverture du premier centre de traitement de la douleur à l’Hôtel-Dieu, sur l’initiative du Dr Marie-Claire Antakli, alors chef du département d’anesthésie-réanimation à l’hôpital.Le centre a évolué lentement. Le Dr Nicole Naccache, présidente de la Société libanaise du traitement de la douleur, explique à L’Orient-Le Jour que « les médecins ne référent pas les patients aux algologues de peur de les perdre ». « Certains médecins ont dépassé cette appréhension, constate-t-elle. D’autres sont encore sur la défensive. En fait, nous rencontrons toujours des personnes souffrantes, à...
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