Des figurines de mariés homosexuels exposées au salon du mariage gay. REUTERS/Gonzalo Fuentes
Photographes, traiteurs, "wedding planners"... : quatre jours après l'adoption par le Parlement français de la loi sur le mariage gay, le premier salon dédié aux futurs époux homosexuels s'est tenu samedi à Paris, entre militantisme et volonté de dépoussiérer l'institution.
"Le climat de haine de ces dernières semaines a été tel que je crains des incidents aujourd'hui. Mais je suis venu parce que mon ami et moi nous allons nous marier l'année prochaine et je veux avoir une idée du budget nécessaire", déclare à l'AFP Tanguy, 27 ans, qui travaille pour Khiels, une marque du groupe L'Oréal et n'a pas souhaité communiquer son identité complète.
"Avant j'étais contre le mariage, je trouvais que c'était une régression ou un embourgeoisement des homos, mais vu la violence des opposants, il faut montrer que ça valait la peine", estime Jean, en couple depuis vingt ans avec Philippe, au premier salon du mariage gay, samedi à Paris.
Claire Jollain, organisatrice de l'événement, assure avoir pris ses "précautions avec la préfecture de police pour garantir la sécurité des visiteurs et des exposants". Outre les vigiles à l'entrée, camions des forces de l'ordre et policiers en civils surveillaient les abords du salon qui se tient jusqu'à 23 heures avec DJ et "ambiance festive" en soirée.
Parmi la quarantaine d'exposants, Marie et Ayamé, deux sœurs, tiennent le stand d'Ikonizaboy qui veut "dérider la cravate et le nœud papillon".
"On voulait dépoussiérer l'accessoire pour homme en intégrant des nouvelles coupes, détails et matières, comme le jean, le lin, la laine ou le cuir", explique Marie dont les modèles vont de 30 à 70 euros.
"La liberté de choisir"
Des vêtements à réinventer, des cérémonies à imaginer, des budgets plus conséquents... : les pros du mariage comptent sur les prochaines unions homosexuelles pour donner un coup de fouet à leur chiffre d'affaires.
"Nous prévoyons que la loi entrera en vigueur fin mai, et que dans les 12 prochains mois, il y aura 6.760 mariages homosexuels qui seront célébrés", a calculé Jean-François Lacrampe, qui a créé Primeday, "la première plateforme web complète de service et produits pour mariage gay et lesbien".
Ses estimations sont basées sur le nombre de couples de même sexe qui s'étaient mariés en Belgique, en Hollande et en Espagne, après l'adoption de la loi dans ces pays.
"Le budget moyen d'un mariage en France se situe autour de 10.000 euros. En se basant sur ce chiffre, nous sommes en train de parler d'un marché qui tourne autour de 67 millions d'euros par an", estime cet ancien cadre d'une banque.
Des conseils juridiques pour le contrat de mariage à la lune de miel, Primeday veut "accompagner" les futurs époux dans les différentes étapes.
"Beaucoup de couples gays et lesbiens vont se marier pour sécuriser leurs droits de parents. Nous travaillons par exemple avec des avocats qui ont l'habitude de traiter les sujets de l'homoparentalité", explique-t-il.
"Quand on peut se le permettre, c'est vrai qu'un wedding planner à l'américaine qui s'occupe de tout, c'est tellement pratique ! On n'a pas encore décidé si on allait le faire ou pas, mais maintenant que la loi est passée, le plus important, c'est que désormais on a la liberté de choisir. Y compris celle de ne pas se marier", conclut Jean, photographe venu avec Philippe.
"Le climat de haine de ces dernières semaines a été tel que je crains des incidents aujourd'hui. Mais je suis venu parce que mon ami et moi nous allons nous marier l'année prochaine et je veux avoir une idée du budget nécessaire", déclare à l'AFP Tanguy, 27 ans, qui travaille pour Khiels, une marque du groupe L'Oréal et n'a pas souhaité communiquer son identité complète.
"Avant j'étais contre le mariage, je trouvais que c'était une régression ou un embourgeoisement des homos, mais vu la violence des opposants, il faut montrer que ça valait...


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