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À La Une - L’Éclairage

La visite de Bassil à l’ambassadeur saoudien : un « flop » initié par le Hezbollah

Dans les milieux du 14 Mars, on s’est abstenu d’accorder une grande importance à la visite qu’a rendue en début de semaine le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Gebran Bassil, à l’ambassadeur d’Arabie saoudite, Ali Awad Aassiri.
Pour ces milieux, cette visite n’avait d’autre but que de tenter d’obtenir que des pressions soient exercées sur le Premier ministre désigné, Tammam Salam, afin qu’il cède aux conditions posées par le 8 Mars et par les aounistes dans le processus de formation de son gouvernement.


En d’autres termes, on ne croit pas trop, au sein du 14 Mars, à l’ouverture d’une nouvelle page dans les rapports entre le CPL et le royaume saoudite que cette réunion entre MM. Bassil et Aassiri aurait inaugurée, ainsi que l’ont suggéré certains milieux politiques au lendemain de la rencontre.


L’ambassadeur, il est vrai, s’était félicité de la visite de M. Bassil, en dépit des positions franchement hostiles à Riyad exprimées précédemment par le chef du CPL, le général Michel Aoun. De plus, le diplomate a pris soin, lors de la rencontre, d’exprimer l’appui de son pays à l’entente interlibanaise et au maintien de la stabilité dans le pays, et de dire à son interlocuteur que l’Arabie saoudite est à égale distance de toutes les parties libanaises.


Mais, dans le même temps, M. Aassiri a bien fait comprendre au ministre aouniste que son pays ne s’ingère pas dans les affaires intérieures libanaises et qu’il n’a certainement pas l’intention d’intervenir auprès du Premier ministre désigné dans le processus de formation du cabinet.


Le résultat, c’est que Gebran Bassil est sorti plutôt déçu de la rencontre avec l’ambassadeur, ce dernier lui ayant signifié son refus d’entrer dans ce qu’il a considéré comme étant des détails libanais internes.


Lors de la réunion hebdomadaire du bloc du Changement et de la Réforme, mardi après-midi, M. Bassil a transmis au chef du CPL et aux membres du bloc ce que le diplomate lui avait dit. Voilà pourquoi le général Aoun s’en est pris, lors de son point de presse au terme de cette réunion, au gouvernement « léger » qu’il a reproché à M. Salam de chercher à mettre sur pied. Et allant plus loin, il a accusé le Premier ministre désigné, ainsi d’ailleurs que le président de la République, Michel Sleiman, de contrevenir à la Constitution dans le processus de formation du gouvernement.


Le général Aoun, à l’instar de l’ensemble du 8 Mars, réclame un gouvernement pleinement politique dans lequel toutes les parties seraient représentées en fonction de leur poids à la Chambre.


Mais la question reste de savoir pourquoi M. Bassil avait jugé bon à la base de se rendre chez l’ambassadeur d’Arabie saoudite, sachant que sa formation adressait de sévères critiques à la politique de Riyad au Liban.
De sources informées, on précise à ce sujet que c’est le Hezbollah qui aurait demandé à M. Bassil de prendre cette initiative pour à la fois briser la glace et tenter d’influer sur le comportement de M. Salam. Le Hezb aurait décidé cela après l’échec de la première réunion des représentants du 8 Mars avec le Premier ministre désigné dans le cadre des consultations.


Mais un député du 14 Mars va encore plus loin dans son explication. Selon lui, le Hezbollah aurait cherché à faire comprendre à son allié chrétien que c’est l’Arabie saoudite qui désormais contrôle le jeu au Liban et, partant, qu’il fallait dialoguer avec elle et arrêter de la « provoquer ».
Il est vrai que ce député se fonde sur des informations puisées à des sources proches du Hezb et qui font état d’un début de rapprochement irano-saoudien qui se serait produit ces dernières semaines. Ces sources n’ont pas hésité à en déduire, en parallèle, la possibilité d’un réchauffement entre le courant du Futur et le parti de Dieu, en prélude à une rencontre au sommet entre l’ancien Premier ministre Saad Hariri et le secrétaire général du Hezb, Hassan Nasrallah.
Quoi qu’il en soit, le processus gouvernemental paraît clairement se heurter à des entraves liées à la participation du 8 Mars au sein de la future équipe. De son côté, le chef du PSP, Walid Joumblatt, semble avoir persuadé le chef de l’État et le Premier ministre désigné d’abandonner, du moins pour l’instant, l’option du gouvernement du « fait accompli », qui serait assimilable à un défi pour le 8 Mars.
Dans les rangs du 14 Mars, on se montre résolument pessimiste à ce sujet. Il n’y aura pas de gouvernement de sitôt, assure-t-on...

 

 

Pour mémoire

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