De passage au Liban, M. Donovan a souligné qu’un bon modèle d’union monétaire à suivre est celui adopté par la Suisse. Il se veut toutefois rassurant et minimise les appréhensions de certains économistes concernant l’explosion possible de la zone euro. « La zone euro ne s’effritera pas, affirme-t-il. Les coûts d’une explosion seraient désastreux tant sur le plan économique que social. Cela fera fondre l’épargne des gens », explique l’économiste. Et d’ajouter que si les États-Unis ont su se remettre de la crise de 2008, c’est parce qu’ils ont rapidement réagi aux problèmes des banques, contrairement à la zone euro. « De plus, les États-Unis ont accepté d’accroître leur déficit budgétaire, ce qui n’a pas été le cas de la zone euro, ce qui pourrait être expliqué par le fait que les USA avaient au départ un ratio de la dette au PIB nettement inférieur à celui de zone euro », souligne l’expert.
Interrogé sur la crise chypriote, Paul Donovan s’étonne de la décision initiale qui avait été prise par les responsables chypriotes, à savoir taxer les déposants, sachant que le secteur bancaire était déjà vulnérable. « Lors de la prochaine crise, et il y en aura sans doute, les banques vont devoir faire face à une ruée des déposants pour retirer leur argent. La décision initiale de taxer les déposants a entamé la confiance de ceux-ci », a-t-il ajouté.
En ce qui concerne le Liban et la région du Moyen-Orient, M. Donovan indique qu’il faut être réaliste. « Les investisseurs sont frileux, notamment à cause de ce qui se passe en Syrie, mais aussi en Égypte », a-t-il expliqué, soulignant toutefois que les pays du Golfe ont mieux résisté aux secousses régionales grâce à la hausse du prix du baril de pétrole ; une des raisons qui ont permis à Dubaï d’enclencher sa sortie de crise, a-t-il indiqué.
À la question de savoir « dans quel type d’actifs financiers il est intéressant d’investir », Paul Donovan insiste sur le fait qu’« il n’y a pas d’actifs totalement sûrs ». Et d’ajouter : « Ces deux dernières années, les personnes ont préféré garder de l’argent dans les banques sous prétexte que les autres produits financiers étaient nettement plus risqués. Suite à la crise bancaire chypriote, les gens sont perplexes et ont peur pour leurs liquidités. » Il indique toutefois qu’il faut avoir un portfolio d’actifs diversifiés afin d’amoindrir les risques autant que possible. Il penche plutôt pour les actions qui devraient avoir un « rendement attrayant » de l’ordre de 4 % ou 4,5 %.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine