Rechercher
Rechercher

Liban - Exécutif

Gouvernement : premières fausses notes

Signes de nervosité accrue au sein du bloc aouniste au sujet du processus de formation du cabinet Salam.

Le Premier ministre désigné Tammam Salam.

L’état de grâce dont a bénéficié jusqu’ici le Premier ministre désigné, Tammam Salam, vit-il ses dernières heures ? On ne pouvait encore hier soir l’affirmer nettement, mais il est clair, d’après les prises de position de certains milieux politiques, que le processus de formation du gouvernement connaît ses premières fausses notes.


C’est principalement en provenance du bloc du Changement et de la Réforme du général Michel Aoun que des signes de nervosité ont été décelés hier à ce sujet. Mais, par ailleurs, il y a davantage que de la nervosité contenue dans une prise de position du Baas prosyrien, susceptible d’être clairement assimilée à une menace du régime syrien à l’égard de M. Salam.
C’est un vague cadre de cette formation, le secrétaire de l’assemblée générale du Baas, Mohammad Chaker Kawwas, qui s’est chargé de transmettre cette menace à peine voilée. « Nous espérons que le Premier ministre désigné n’entrera pas dans le jeu des complots contre la Syrie et contre la résistance en formant un gouvernement de fonctionnaires affiliés au projet américano-israélien et à ses agents dans la région », a déclaré M. Kawwas.
Et d’ajouter : « Celui qui a réussi à faire échec à l’accord israélien du 17 mai (1983) et à ses hérauts dans les circonstances les plus difficiles ne sera jamais dans l’incapacité de faire face à tous les complots contre le Liban et son identité nationale ». L’allusion est claire et vise l’ancien Premier ministre Saëb Salam, père de l’actuel chef du gouvernement désigné, qui fut contraint à l’exil sous l’influence de Damas après l’abrogation de l’accord libano-israélien du 17 mai, dont il était l’un des principaux parrains à la Chambre.

 

(Lire aussi: « Contact coupé, moteur éteint », Salam veut réduire les parasites)


Du côté aouniste, la tonalité est certes moins hostile et effrayante, mais elle n’en est pas moins critique. Le secrétaire du bloc du Changement et de la Réforme, Ibrahim Kanaan, a ainsi contesté au président de la République et au Premier ministre désigné le droit de concocter à eux seuls la mouture gouvernementale.
« Il y a des règles dans le processus de formation du gouvernement, quel que soit le système parlementaire démocratique. Je n’ai jamais entendu parler d’une Constitution dans un système comme celui du Liban qui stipulerait que la formation du gouvernement se fait entre deux personnes, quelles que soient leurs qualités, et à l’écart de l’opinion des blocs parlementaires », a estimé M. Kanaan.
« Les noms de ministrables qui nous parviennent nous font penser à un gouvernement de fantômes », a encore dit le député du Metn, affirmant que son bloc se livre à « une tentative sérieuse de sauver le pays et de le sortir de la crise actuelle » et que « cela est possible par le biais d’un gouvernement bénéficiant d’une couverture politique globale ».
De son côté, le député aouniste Nabil Nicolas a réaffirmé que son bloc était en faveur d’un cabinet d’« entente nationale ». Or ce cabinet « a ses critères », a-t-il dit, se demandant « comment un gouvernement d’experts pourrait-il faire face aux crises politiques dans la région ? »
 « Nous voulons un cabinet qui puisse affronter les périls et nous ne sommes attachés à aucun portefeuille ministériel », a-t-il assuré.


De l’autre côté de l’échiquier politique, le député Kataëb Élie Marouni a mis en garde contre tout excès d’optimisme au sujet de la rapidité de la formation du gouvernement. « Croire que cela pourrait se faire en une semaine est susceptible de mener à des déceptions », a-t-il dit, faisant état d’« une attaque concentrée des forces du 8 Mars contre M. Salam ».
Mais M. Marouni s’est montré lui-même critique à l’égard de certains noms de ministrables qui ont filtré dans la presse, relevant que ces noms « ramènent à l’ère syrienne ».
Toutefois, comme l’a souligné Yassine Jaber, député de Nabatiyeh et membre du bloc berryste, « les noms qui sont livrés aux médias (en début de processus) sont en général là pour être brûlés ».
Doutant que M. Salam ait déjà une « mouture prête », M. Jaber s’est prononcé pour un cabinet d’« entente » tout en affirmant que « la volonté des blocs parlementaires est de faciliter l’action du Premier ministre désigné ».
Le vice-président de la Chambre, Farid Makari, a réitéré son soutien à un gouvernement « neutre » et formé de non-candidats aux élections. Il a estimé nécessaire de faire en sorte que les prochains ministres de l’Intérieur, de la Défense et de l’Énergie (du fait des ressources pétrolières) soient du lot du tandem formé par le président de la République, Michel Sleiman, et du Premier ministre, Tammam Salam.

 

Lire aussi

Le choix des armes, l'Editorial de Issa Goraieb

 

Incertitudes locales... et régionales, l'éclairage de Scarlett Haddad

 

Pour un cabinet d’une vingtaine de ministres qui « donnent et ne prennent pas », l'éclairage de Philippe Abi Akl

L’état de grâce dont a bénéficié jusqu’ici le Premier ministre désigné, Tammam Salam, vit-il ses dernières heures ? On ne pouvait encore hier soir l’affirmer nettement, mais il est clair, d’après les prises de position de certains milieux politiques, que le processus de formation du gouvernement connaît ses premières fausses notes.
C’est principalement en provenance du bloc du Changement et de la Réforme du général Michel Aoun que des signes de nervosité ont été décelés hier à ce sujet. Mais, par ailleurs, il y a davantage que de la nervosité contenue dans une prise de position du Baas prosyrien, susceptible d’être clairement assimilée à une menace du régime syrien à l’égard de M. Salam.C’est un vague cadre de cette formation, le secrétaire de l’assemblée générale du Baas, Mohammad Chaker...
commentaires (3)

L'inportant dans la nouvelle formation du nouveau cabinet de M.Salam est de transcender les querelles politiques, et non les a envenimer . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

14 h 54, le 13 avril 2013

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • L'inportant dans la nouvelle formation du nouveau cabinet de M.Salam est de transcender les querelles politiques, et non les a envenimer . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    14 h 54, le 13 avril 2013

  • La " Névrose " caporalistique ! Médécins neurologues... au secours !

    SAKR LEBNAN

    08 h 21, le 13 avril 2013

  • Le Baaa3ssss moribond menace comme le serpent acculé à un mur !! Il manquait ça dans le panorama de la traîtrise. Mais tout le Liban s'en fout de son langage de "projet américano-israélien", c'est à dire du mensonge à mille queues. Quant au CPL du député Ibrahim Kanaan (quelle déception, cet homme !!!), qui s'est allié au Baaa3ssss, sa crédiblité est nulle auprès des 3/4 des Libanais.

    Halim Abou Chacra

    06 h 39, le 13 avril 2013

Retour en haut