Des soldats américains à l'entrainement près de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, le 8 avril 2013. REUTERS/Lee Jae-Won
La Corée du Sud a souligné lundi que la Corée du Nord était capable à tout moment d'effectuer un essai nucléaire tout en précisant qu'aucun élément n'accréditait l'imminence d'un tel essai. Des déclarations qui interviennent alors que la Corée du Sud avait laissé entendre un peu plus tôt que des préparatifs en ce sens s'étaient récemment intensifiés.
"Il y a des activités" sur le site atomique nord-coréen de Punggye-ri mais "il semble s'agir d'activités de routine", a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense, Kim Min-Seok.
Le ministère de la Réunification a également souligné qu'un essai n'apparaît pas "imminent", alors que plus tôt, le ministre sud-coréen de la Réunification, Ryoo Kihl-Jae, avait fait état de "signes" d'une activité inhabituelle autour du principal site d'essai nucléaire nord-coréen, refusant d'en dire plus.
Le quotidien JoongAng Ilbo avait renchéri, indiquant que ces mouvements sur le site de Punggye-ri sont de même nature que ceux observés avant le troisième essai atomique du 12 février dernier, sanctionné par le Conseil de sécurité des Nations unies et source des tensions actuelles sur la péninsule coréenne. "Nous surveillons de près la situation qui ressemble énormément à ce que nous avons vu avant le troisième essai", avait précisé une source officielle citée par le journal. "Nous tentons d'établir s'il s'agit d'une véritable préparation en vue d'un essai nucléaire ou d'un stratagème pour accentuer la pression sur nous (la Corée du Sud) et les Etats-Unis", avait ajouté la même source.
Furieuse du nouveau train de sanctions adopté par l'ONU après son nouvel essai nucléaire début février et des manœuvres militaires conjointes en cours entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, la Corée du Nord a multiplié ces dernières semaines les déclarations belliqueuses.
Par mesure d'apaisement et afin de laisser à Pyongyang la seule responsabilité de l'escalade, Washington avait annoncé samedi le report d'un essai de Minuteman 3, missile balistique intercontinental à capacité nucléaire, qui devait être tiré cette semaine depuis la base aérienne de Vandenberg en Californie.
Pékin, seul allié de poids du régime nord-coréen, a implicitement adressé une sévère mise en garde à son voisin dont l'économie exsangue vit sous perfusion chinoise. "Personne ne devrait être autorisé à précipiter dans le chaos une région, et à plus forte raison le monde entier, par égoïsme", a lancé dimanche le président chinois Xi Jinping, sans toutefois nommer ni la Corée du Nord, ni du reste les Etats-Unis.
Pyongyang a par ailleurs transporté en train, en début de semaine dernière, deux missiles Musudan et les a installés sur des véhicules équipés d'un dispositif de tir, selon Séoul. Le Musudan, montré publiquement pour la première fois à l'occasion d'un défilé militaire en octobre 2010, aurait une portée théorique de 3.000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon. L'engin pourrait toucher des cibles à 4.000 km en cas de charge légère, et donc, en principe, frapper Guam, île du Pacifique située à 3.380 km de la Corée du Nord et où se trouvent 6.000 soldats américains.
D'après Kim Jang-Soo, conseiller pour la sécurité nationale de la présidente Park Geun-Hye, un tir d'essai pourrait avoir lieu autour du 10 avril, date à laquelle le régime communiste a indiqué ne plus pouvoir garantir la sécurité des missions diplomatiques étrangères.
Autre date phare, le 15 avril, anniversaire de la naissance du défunt fondateur du régime communiste, Kim Il-Sung. C'est peu avant cette date que la Corée du Nord avait effectué un tir -raté- de fusée en 2012, considéré par Washington comme un tir de missile balistique.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé la Corée du Nord à éviter toute "nouvelle provocation". "Je les appelle d'urgence à ne pas prendre de mesures qui seraient une nouvelle provocation", a-t-il déclaré à la presse à la suite d'une rencontre à La Haye avec le ministre néerlandais des Affaires étrangères Frans Timmermans : "c'est un appel urgent et honnête de la part de la communauté internationale, moi inclus".
Enfin, la Corée du Nord a annoncé lundi qu'elle allait retirer les 53.000 employés nord-coréens qui travaillent sur le complexe industriel intercoréen de Kaesong, sur son territoire, et le fermer temporairement.
Pyongyang va également "suspendre temporairement les opérations dans la zone et étudier la question pour savoir s'il doit permettre son existence ou le fermer", a déclaré Kim Yang Gon, un haut responsable du parti, dans un communiqué transmis par l'agence officielle nord-coréenne KCNA
Depuis mercredi dernier, le Nord interdit l'accès de Kaesong au personnel sud-coréen et aux camions de livraison de matériaux, sur fond de très vives tensions sur la péninsule.
Séoul a estimé que cette décision ne pouvait être "justifiée de quelque manière que ce soit et la Corée du Nord sera tenue responsable de toutes les conséquences".
Précieuse source de devises étrangères dont la Corée du Nord a grand besoin, le complexe de Kaesong est toujours resté ouvert malgré les crises répétées sur la péninsule, à l'exception d'une seule journée, en 2009.
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Le ministère de la Réunification a également souligné qu'un essai n'apparaît pas "imminent", alors que plus tôt, le ministre sud-coréen de la Réunification, Ryoo Kihl-Jae, avait fait état de "signes" d'une activité inhabituelle autour du principal site d'essai nucléaire...



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