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Culture

Syra, cimaises de l’art contemporain égyptien

Exposition Les artistes vivant un printemps arabe dont ils n’arrivent pas à récolter les floraisons ont dû jouer les transhumances. L’art contemporain égyptien a même poussé jusqu’à la capitale fédérale.
08/04/2013
Cet itinéraire a été tracé par la galerie Syra, créée par Sylvia Van Vliet Ragheb et Randa Fahmy. Toutes deux égyptiennes, elles ont voulu ne pas arrêter les élans des talents que menaçaient d’étouffer les troubles de leur pays et les faire connaître hors de leurs frontières, notamment aux États-Unis. Sylvia, d’origine hollandaise et mariée à un Égyptien, a vécu 20 ans durant au Caire où son hobby favori était non seulement de hanter les galeries d’art, mais de faire plus ample connaissance avec les artistes dans leurs ateliers. Ce qui lui a permis de lancer son initiative à Washington. Elle explique que la galerie Syra, qui vient d’avoir pignon sur rue, dans le quartier select de Georgetown, présente actuellement un groupe de peintres et de sculpteurs qui comptent parmi les plus grands, chez eux et ailleurs. Ils sont synonymes de la diversité de courants contemporains qui se sont développés le long du Nil : de l’éminent sculpteur Adam Honein jusqu’à Adel al-Siwi.

Issam Maarouf,
Asmaa el-Nawawy, Mohammad el-Tarawy
On est ainsi invité à bifurquer de la mouvance et des turbulences de la place al-Tahrir, et du classique itinéraire pyramides-Haut-Nil, pour une grande virée vers le paysage des arts plastiques tel que façonné par les pinceaux, les ciseaux et autres médias d’aujourd’hui. Il ont notamment pour noms Issam Maarouf, Asmaa el-Nawawy, Issam Darwiche, Atef Ahmad, Armen Agop, Haytham Nawar, Mohammad Abla, Mohammad el-Tarawy et Rana Chalabi. Quelques-uns sont venus à Washington parler de leur travail et de l’actuel état de la créativité dans leur pays, tel Guiguis Lotfy qui a expliqué comment il peint ce qu’il vit et expérimente dans son quotidien avec, pour fond, son riche héritage culturel. Ses toiles, remplies d’une foule de personnages vaquant à leurs occupations routinières, y compris fêtes et deuils, sont l’image de ce quartier pauvre d’Alexandrie qu’il habite.
Un autre accrochage spécial s’intitule «Collection femmes». C’est là un tribut à sept grands talents féminins de différentes générations: Houda Lutfi, Marwa Adel, Mai Refky, Reem Hassan, Fatima el-Shiati, Rania el-Hakim et Maja Soric. Cette dernière, d’origine croate, vit depuis plus de vingt ans en Égypte et a été imprégnée par sa culture.

La joaillerie unique de Azza Fahmy
Et, last but (certainement pas) not least, Azza Fahmy et une sélection de sa joaillerie unique, présentée par la galerie Syra, ont attiré un grand monde. Rappelons que Azza Fahmy crée des bijoux sophistiqués, taillés dans l’esthétique arabo-musulmane. Elle avait commencé par s’immerger dans les ateliers des artisans du quartier populaire à Khan al-Khalili pour s’initier au plus profond de l’art de la bijouterie. Aujourd’hui, ses créations font florès bien
au-delà de son pays.
Elle signe chaque année trois différentes collections : l’une en argent, qui conserve un accent arabe traditionnel, l’autre limitée, en or et pierres semi-précieuses, et la troisième pour les défilés de mode. Tout récemment, ses bijoux ont paré les mannequins présentant à Londres des modèles du designer Julien McDonalds. Très remarqué ce jour-là, un gigantesque bracelet arboré par Naomi Campbell, signé Azza Fahmy. Quant à la récente ligne de la designer égyptienne, elle l’a taillée selon les canons du raffinement ottoman.
Washington n’est qu’une étape dans ce tour des grandes villes qu’effectuent les artistes du monde arabe fuyant une région en pleine déstabilisation. Plus proches d’eux, Dubaï et Abou Dhabi, à l’abri des tumultes environnants, sont devenus leurs havres de paix. Faisant de ces émirats d’incontournables centres d’art.

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