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Oliver Poole le magnifique

Festival al-Bustan Époustouflant ! Sublime ! Pianiste au talent fou, champion toutes catégories, Oliver Poole a captivé le regard, séduit tous les sens au cours de cette soirée unique à l’auditorium Émile Boustani où il a été certainement élu prince des cœurs par une audience en hypnose.
15/03/2013

Le public était averti, presque conscient de l’ouragan, de la pluie, de la foudre, bref, de tous ces éléments naturels, joyeux, qui allaient s’abattre sur lui. Ceux qui ont assisté au concert donné le 6 mars dans cette même salle, par un trio de musiciens dont Poole faisait partie, savaient qu’ils avaient affaire à un pianiste exceptionnel. Mais ce que le public était loin d’imaginer, c’est que la performance du pianiste allait dépasser tout entendement.
Ce jeune talent britannique, qui a fait ses études en Italie avec le maître russe Lazar Berman et dont la carrière ne cessera de monter en flèche dès l’âge de neuf ans, a quelque chose d’un ovni-synonyme: phénomène volant non identifié, intraçable. Dépassant les limites et brisant le cou au conventionnel rigide, tout en respectant ce classique qu’il honore, Poole ne se limite pas à un seul registre. Il possède tous les styles et maîtrise toutes les clefs de la musique. Le musicien, qui tout au long de sa carrière n’a cessé d’offrir les bénéfices de ses concerts aux œuvres de charité et qui, dernièrement, a fondé la sienne appelée The Siberian Appeal (pour les enfants leucémiques), s’amuse à surfer sur les harmonies de différents compositeurs. En dépit de ce brin de génie qui le rend passionné, fusionnel avec son piano, il demeure modeste et pudique. C’est donc en toute modestie qu’il se présente au début du récital à l’audience pour l’informer du programme. Il a les mains dissimulées dans des gants en laine et l’habit strict, mais original. «Vous allez endurer, dit-il, tout comme moi, mais j’espère que ça vaudra la peine.» Quarante-cinq minutes sans répit de Goldberg variations de Bach.


Quarante-cinq minutes où l’on n’entendait même pas quelqu’un toussoter (un réflexe en salle fermée) mais là, un ange est passé : un jeune Bach nommé Oliver Poole. Plus de soixante-dix mille notes et trente variations. En cascade, en mouvance, «comme des équations, des multiplications arithmétiques», dira Poole pour enfin aboutir à une sérénité et à une paix absolue, dont l’écho demeurera longtemps dans la salle, médusée et craignant d’applaudir pour ne pas briser... la magie.

Un vent nouveau et frais
Après une pause où le pianiste félicitera le public pour le nouveau pape – «Enfin, la cheminée s’est activée», dira-t-il, c’est qu’il est également farceur ce Poole – place aux compositions de Richard Wagner, pour ensuite un programme d’improvisations absolument inédit. «Suggérez-moi des morceaux de compositeurs. N’importe, insiste le pianiste en rigolant, et j’en ferai le mélange.» Magicien du clavier? Certes, mais aussi alchimiste? Ceci, l’audience était en train de le découvrir. Live. Une explosion de notes, des mains qui caracolent, qui s’envolent pour s’aligner ou s’enchevêtrer à nouveau. Le musicien est habité par un génie qui veut se soûler de notes et enivrer le public à sa manière. À peine l’audience a-t-elle le temps de reprendre son souffle qu’Oliver Poole enchaîne avec Rhapsodie in Blue de Gershwin. Une version comme nouvelle autant elle a été revisitée «Poole style». Infatigable, le musicien interprétera encore une composition personnelle baptisée Altitude et dont il dira que c’est une ode à la majesté de la nature, pour enfin clôturer en mode Rachmaninov. Le public (et il y en avait, des jeunes, ce soir-là ) rêvait que ces instants ne s’achèveraient pas.

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