Guy Quaden : L’Union bancaire européenne passe aussi par une plus grande intégration politique.
« L’hypothèse de l’éclatement de la zone euro est hautement improbable », souligne d’emblée Guy Quaden, gouverneur honoraire de la Banque nationale de Belgique et membre des conseils d’administration de la Byblos Bank SAL et de la Byblos Bank Europe.
Cet expert des politiques économiques et de l’euro (il avait été nommé en 1996 par le gouvernement commissaire général à l’Euro de coordonner les préparatifs de l’introduction de la nouvelle monnaie en Belgique) explique qu’il n’est dans l’intérêt d’aucun pays qu’il y ait une désintégration de la zone euro. « Pour les pays comme la Grèce qui sortiraient de l’euro par le bas, le retour à une monnaie nationale entraînerait une dévaluation, une inflation et un grave appauvrissement supplémentaire de la population, ainsi qu’une perte de confiance durable des prêteurs. Les pays qui, comme l’Allemagne, sortiraient par le haut seraient, de leur côté, confrontés à une flambée de leur devise et donc une baisse de compétitivité » a-t-il expliqué.
M. Quaden indique que depuis la déclaration de la Banque centrale européenne (BCE) qui stipule que si un pays concerné par la crise désire mener un programme d’assainissement de ses finances, la BCE est prête à acheter des titres de la dette publique, les marchés ont été positivement rassurés par cet engagement. Pour cela, M. Quaden estime que la crise de gouvernance, qui a été labellisée « crise de l’euro dans les médias alors que l’euro n’a cessé d’être une monnaie forte, s’est apaisée ». « Parallèlement, il y a eu un progrès sur les plans budgétaire et bancaire », explique l’expert qui tient à préciser que sur le plan bancaire, la décision de transférer à la BCE le contrôle des banques est un premier pas vers une union bancaire européenne. Car, pour M. Quaden, la solution qui pourrait stabiliser définitivement l’Union monétaire est de compléter celle-ci par une plus grande intégration sur les plans budgétaire, bancaire, mais aussi politique. Il préconise ainsi « plus de solidarité entre les pays de la zone euro », mais aussi « plus de responsabilité de la part de chacun et plus de surveillance collective ».
À la question « est-ce qu’on aurait pu prévoir cette crise ? » Guy Quaden répond que « après l’introduction de l’euro, ni les responsables politiques ni les marchés eux-mêmes n’ont prêté suffisamment d’attention aux déficits intérieurs et extérieurs de certains États ». « Il est impératif de limiter la dette qui représente un fardeau pour les générations à venir et offrir aux jeunes des opportunités d’emploi », ajoute-il en mettant en exergue la nécessité de procéder à des réformes structurelles; des réformes qui doivent apporter plus de dynamisme aux économies concernées. Des réformes politiques doivent également se mettre se place. En effet, selon l’ancien président de la Banque de Belgique et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, « il faudrait abandonner complètement la règle de l’unanimité et aussi doter l’Europe d’une capacité budgétaire propre, ce qui passe par la mise en place d’un impôt européen ; un impôt qui n’alourdirait pas les coûts fiscaux puisqu’il viendrait se substituer à certains impôts nationaux », souligne-t-il.
« La solution à la plupart des problèmes des pays européens se trouve au niveau européen », résume Guy Quaden. Il avoue pourtant que les sentiments des populations sont partagés autour du renforcement de l’unité européenne, car « l’Europe leur est présentée trop souvent comme un désagréable gendarme et pas assez comme un projet positif. Il souligne enfin qu’il est impératif de renforcer le désir d’Europe » parmi les populations.
Analyse
Les marchés absorbent le choc italien et veulent croire à une solution
Cet expert des politiques économiques et de l’euro (il avait été nommé en 1996 par le gouvernement commissaire général à l’Euro de coordonner les préparatifs de l’introduction de la nouvelle monnaie en Belgique) explique qu’il n’est dans l’intérêt d’aucun pays qu’il y ait une désintégration de la zone euro. « Pour les pays comme la Grèce qui sortiraient de l’euro par le bas, le retour à une monnaie nationale entraînerait une dévaluation, une inflation et un grave appauvrissement supplémentaire de la population, ainsi qu’une perte de...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine