Les syndicalistes libanais ont décidé mardi 19 février 2013 de poursuivre leur grève ouverte à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre Nagib Mikati. Photo Dalati et Nohra
Le président du Comité de coordination syndicale, Hanna Gharib, a accusé mardi le Premier ministre Nagib Mikati de n’avoir rien proposé aux syndicalistes pour mettre un terme à la grève ouverte et aux manifestations, assurant que les mouvements de protestation allaient se poursuivre jusqu'au transfert de la nouvelle grille des salaires du secteur public au Parlement.
"Le Premier ministre ne nous a rien dit. Il ne nous a rien proposé. Il nous a juste demandé d’arrêter la grève", a déclaré M. Gharib, à l’issue d’une réunion au Grand sérail à la mi-journée avec M. Mikati, et à la demande de ce dernier. "Notre mouvement va continuer, la grève est ouverte et elle ira crescendo", a-t-il dit.
Plus tôt, Hanna Gharib avait fait assumer au gouvernement la responsabilité de la grève ouverte lors d'une manifestation devant le siège du gouvernement. "Les deux derniers jours ont mis en lumière l’irresponsabilité du gouvernement. (Les responsables) ont misé sur notre fatigue mais nous ne nous fatiguons pas", a indiqué M. Gharib. "Le gouvernement est responsable de la situation à laquelle nous sommes parvenus, le gouvernement est responsable de la grève ouverte", a-t-il ajouté.
Le dirigeant syndical a par ailleurs accusé le patronat d'être de connivence avec le gouvernement. "Le patronat est le premier bénéficiaire de cette situation et nous en sommes les premiers perdants. Vous participez au vol, à la corruption et à la dilapidation des fonds" publics, a souligné M. Gharib. Il a enfin appelé "les fonctionnaires et les professeurs à des manifestations mercredi dans toutes les régions libanaises, à Beyrouth, devant le ministère des Finances, devant le sérail de Tripoli, ainsi qu’à Jounieh, Baabda, dans le Chouf et le Sud".
Vendredi dernier, face à la menace d’une grève ouverte lancée par le Comité de coordination syndicale, M. Mikati avait surpris tout le monde en évoquant sa volonté de transmettre au Parlement la nouvelle grille des salaires.
Cette décision avait suscité la colère des organismes économiques qui avaient crié "au complot", accusant le Premier ministre de les avoir trahis en "agissant unilatéralement", alors qu’il avait promis de "les associer aux prises de décisions ayant un impact sur l’économie du pays, notamment la mise en place d’un mécanisme adéquat pour financer la nouvelle échelle des salaires, sans passer par de nouvelles taxes, l’établissement d’un plan de réforme administrative et de nouvelles lois pour amender le régime de retraite et freiner le déficit budgétaire".
Lundi, une réunion extraordinaire du Conseil des ministres qui devait aborder la question du transfert de la grille des salaires a été reportée à la dernière minute par le Premier ministre, ce qui, cette fois-ci, a engendré la colère des syndicalistes.
Le gouvernement ne veut pas transmettre la grille au Parlement tant que les moyens de la financer n'ont pas été définis.
Sur ce point, et au terme d’une épreuve de force qui dure depuis des mois, la direction de l’Urbanisme a approuvé lundi le principe de l’augmentation du coefficient d’exploitation sur les biens-fonds non bâtis, l’une des propositions-clés du Premier ministre pour financer la nouvelle grille des salaires.
Mardi, plusieurs médias ont indiqué que la réunion du gouvernement prévue mercredi au palais présidentiel de Baabda n'abordera même pas le dossier de la grille des salaires.
"Le Premier ministre ne nous a rien dit. Il ne nous a rien proposé. Il nous a juste demandé d’arrêter la grève", a déclaré M. Gharib, à l’issue d’une réunion au Grand sérail à la mi-journée avec M. Mikati, et à la demande de ce dernier. "Notre mouvement va continuer, la grève est ouverte et elle ira crescendo", a-t-il dit.
Plus tôt, Hanna Gharib avait fait assumer au gouvernement la responsabilité de la grève ouverte lors d'une...



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
La grille des salaires qui risque de tout griller et dire qu'avec la nouvelle loi des loyers le gouvernement pourra facilement assurer les frais de toutes ces hausses prévues. Triste . Nazira. A.Sabbagha
08 h 42, le 19 février 2013