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Les élections en Italie entre télévision, Internet et brouillard épais...

Pier Luigi, Beppe et... Silvio

Portraits croisés
OLJ
18/02/2013
Rarement une élection législative italienne aura été conduite par trois leaders aussi atypiques qu’antagoniques, trois prétendants au titre de président du Conseil des ministres.
Comique reconverti en politique, Beppe Grillo est devenu la grande préoccupation des principaux dirigeants. Son Mouvement 5 Étoiles, porté par un rejet massif des partis traditionnels, grimpe à toute allure dans les intentions de vote. Cet électron libre, partisans de la démocratie directe, espère capitaliser sur son bon score aux municipales du printemps dernier pour faire rentrer un grand nombre de ses partisans au Parlement. Le programme de ce petit homme grassouillet a de forts relents de populisme, selon ses adversaires. Mise en place d’un revenu minimum, coupes dans les dépenses militaires, retrait de la zone euro, réductions des salaires des hommes politiques ou réduction de la semaine de travail à vingt heures... Ses débuts hors du monde du spectacle datent de 2007 avec l’organisation de manifestations massives contre la classe politique intitulées « Vaffanculo Day » (Journée du « va te faire foutre »).
Aucun des responsables politiques actuels ne trouve grâce à ses yeux. Et surtout pas Silvio Berlusconi, ce « cadavre » ambulant... Donné maintes fois pour mort politiquement, ce multimillionnaire, trois fois président du Conseil, est le spécialiste des come-backs retentissants, en dépit de déboires judiciaires et scandales sexuels qui auraient mis un terme définitif à sa carrière dans tout pays occidental autre que l’Italie. C’est sous les huées, le 12 novembre 2011, que le Cavaliere part, discrédité par des procès à répétitions, cédant le pouvoir au gouvernement technique de Mario Monti.
Parti en campagne quelques mois plus tôt avec autour de 18 % des intentions de vote, il effectue une remontée spectaculaire à 28,5 %. Son secret ? Un culot invraisemblable qui lui permet de promettre que non seulement il baissera les impôts, mais remboursera ceux versés l’an dernier !
Très soucieux de son apparence, cet homme charismatique a recours sans complexe au fond de teint et à la chirurgie esthétique, loin de son austère rival et favori de cette élection, Pier Luigi Bersani. Car cet ex-communiste teinté de libéralisme, amateur de cigare, garde l’air sérieux même quand il sourit. Patron depuis 2009 du Parti démocrate (PD), il pourrait réussir à battre son principal concurrent, Silvio Berlusconi – encore lui. Dans ses récents discours, il a affirmé qu’il comptait maintenir le cap de la « rigueur et la crédibilité » mis en avant par le chef de gouvernement sortant Mario Monti, tout en mettant l’accent sur « l’emploi, l’équité, le travail et la moralité ». Au niveau international, il est loin de la notoriété de Silvio Berlusconi ou de Mario Monti, mais il a récemment reçu le soutien du président français, le socialiste François Hollande, ainsi que de plusieurs autres dirigeants européens, notamment le Premier ministre belge Elio Di Rupo ou le président du Parlement européen Martin Schulz.

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