Un rebelle, près de l'aéroport de Menagh, dans la province d'Alep, le 25 janvier 2013. REUTERS/Mahmoud Hassano
La Coalition de l'opposition syrienne a réclamé lundi, lors d'une réunion internationale à Paris, un soutien financier et des armes pour renverser le président Bachar el-Assad, qui a estimé que son armée avait repris l'initiative dans sa guerre contre les rebelles.
"Le peuple syrien livre actuellement une bataille sans merci. Le temps n'est pas de notre côté et la poursuite de ce conflit ne peut qu'entraîner une catastrophe pour la région et pour le monde", a déclaré Riad Seif, vice-président de la Coalition, à l'ouverture de la rencontre organisée par la France. "Nous ne voulons plus de promesses qui ne seront pas tenues", a-t-il ajouté face aux diplomates et hauts fonctionnaires d'une cinquantaine de pays".
"La Syrie a besoin de milliards de dollars. Mais il nous faut un minimum de 500 millions de dollars pour avoir la possibilité de mettre sur pied un gouvernement", que réclame la communauté internationale, a déclaré de son côté George Sabra, dirigeant du Conseil national syrien, principale composante de la coalition. "Nous avons besoin d'armes, d'armes et d'armes", a-t-il également martelé, alors que les Occidentaux se refusent à en livrer par peur qu'elles ne tombent entre les mains de groupes jihadistes en Syrie.
Un embargo européen sur les armes vers la Syrie doit être réexaminé fin février à Bruxelles, mais la levée partielle ou totale de cet embargo doit être votée à l'unanimité, a rappelé un responsable du Quai d'Orsay en marge de la conférence.
"Face à l'écroulement d'un Etat et d'une société, ce sont les groupes islamistes qui risquent de gagner du terrain si nous n'agissons pas comme nous le devons", a averti le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. "Cette conférence a un but concret : donner les moyens à la Coalition nationale syrienne d'agir", a-t-il ajouté. "Cela passe par des fonds, des aides de toutes sortes. Des promesses ont été faites, certaines ont été honorées, pas toutes, loin de là", a-t-il poursuivi.
Lors de la réunion des Amis du peuple syrien, le 12 décembre à Marrakech, plus de cent pays arabes et occidentaux avaient reconnu, dans le sillage de Paris, la Coalition nationale syrienne comme le "représentant légitime du peuple syrien". Un total de quelque 145 millions de dollars avait été promis. Mais l'opposition syrienne a du mal à gagner la confiance internationale, qui s'interroge sur sa représentativité et sa capacité à s'organiser.
"Résultats importants"
En ce qui concerne le régime, le journal libanais Al-Akhbar, proche de Damas, citait lundi des "visiteurs" au palais présidentiel, rapportant des propos de M. Assad selon lesquels "l'armée a largement repris l'initiative (...) parvenant à des résultats importants".
"Si, pour lutter contre le trafic d'armes et l'entrée de combattants, la frontière avec la Turquie était fermée, la question serait réglée en deux semaines", a encore estimé le président contesté.
Le régime assure depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire devenue conflit armé lutter contre des "terroristes" armés et financés par l'étranger.
Des indications qui interviennent alors que dimanche, la Russie, allié indéfectible de Damas, a créé la surprise en accusant le président Bachar el-Assad d'avoir commis "une erreur peut être fatale" en ne procédant pas à des réformes politiques. "Il me semble que ses chances de maintien (au pouvoir) s'amenuisent de jour en jour", a aussi déclaré le Premier ministre russe Dmitri Medvedev dans une interview à CNN.
Obama dit s'interroger sur l'opportunité d'intervenir en Syrie
Côté américain, le président Barack Obama a expliqué lundi dans un entretien à un magazine américain être "aux prises" avec la décision de faire intervenir, ou pas, les Etats-Unis en Syrie.
"Dans une situation comme celle de la Syrie, je dois me demander : +pouvons-nous faire une différence?+", déclare-t-il au magazine New Republic. "Une intervention militaire aurait-elle un impact? Comment cela affecterait-il notre capacité à soutenir nos troupes qui sont encore en Afghanistan? Quelles seraient les conséquences de notre implication sur le terrain? Cela pourrait-il accroître encore la violence ou déclencher l'utilisation d'armes chimiques? Qu'offre la meilleure perspective d'un régime post-Assad? Et comment est-ce que je considère les dizaines de milliers de personnes qui ont été tuées en Syrie face aux dizaines de milliers qui sont actuellement tuées au Congo?", dit-il.
Dans un entretien à la chaîne de télévision américaine CBS pour l'émission "60 Minutes", Barack Obama rappelle également que les Etats-unis ont participé à l'effort international pour renverser Mouammar Kadhafi en Libye mais qu'en Syrie, son gouvernement voudrait être sûr qu'une entrée en action ne se retournera pas contre les Etats-Unis.
Plus de 60.000 personnes ont péri en Syrie selon l'ONU depuis le début de la révolte populaire en mars 2011, qui s'est transformée en conflit armé face à la répression menée par le régime. Près de 600.000 Syriens sur un total de quelque 2 millions de déplacés ont fui dans les pays voisins, la plupart d'entre eux vivant dans des camps. Quatre millions de syriens ont besoin d'une aide d'urgence, selon l'ONU.
Violents combats dans le sud de Damas
Sur le terrain, de violents combats entre les forces du régime de Assad et des rebelles avaient lieu lundi dans le sud de Damas, notamment dans le quartier de Qadam selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Des combats ont éclaté en outre près d'un bâtiment de la défense aérienne à Mliha, au sud-ouest de Damas, a ajouté l'ONG qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins.
Dans l'Est, à Hassaké, dix rebelles ont péri dans des combats nocturnes avec les forces régulières, a-t-elle poursuivi.
Par ailleurs, le Front jihadiste al-Nosra a revendiqué dans un communiqué sur son compte twitter l'attentat à la voiture piégée perpétré le 21 janvier dans la ville de Salmiyé dans la province de Hama.
Deux rebelles et cinq soldats ont également été tués dans des combats à Deir Ezzor à l'issue desquels les insurgés ont pris des barrages de l'armée et se sont emparés d'armes et de munitions, a précisé l'OSDH.
Reportage
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Analyse
Après le printemps arabe, un nouvel élan pour le jihadisme
"Le peuple syrien livre actuellement une bataille sans merci. Le temps n'est pas de notre côté et la poursuite de ce conflit ne peut qu'entraîner une catastrophe pour la région et pour le monde", a déclaré Riad Seif, vice-président de la Coalition, à l'ouverture de la rencontre organisée par la France. "Nous ne voulons plus de promesses qui ne seront pas tenues", a-t-il ajouté face aux diplomates et hauts fonctionnaires d'une cinquantaine de pays".
"La Syrie a besoin de milliards de dollars. Mais il nous faut un minimum de 500 millions de dollars pour...



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12 h 04, le 29 janvier 2013