Mardi 22 janvier 2013, les réunions de la sous-commission électorale libanaise n'avaient toujours abouti à rien. Photo Nasser Trabulsi
Les divisions paraissaient mardi toujours aussi insurmontables, deux semaines après la reprise par la sous-commission électorale de ses travaux pour tenter de parvenir à un projet de loi électoral en prévision des législatives du printemps prochain.
Le clivage entre les différents protagonistes est tel que le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, a clairement évoqué mardi un report des législatives "pour des raisons techniques" si les partis politiques ne parviennent pas à s’entendre sur une nouvelle loi électorale avant fin février.
"Si aucune loi électorale n’est adoptée avant fin février, le report des élections pour des raisons techniques deviendra une obligation", a averti M. Charbel à la Voix du Liban (100.5). "Le report pourrait être de trois à cinq mois", a-t-il dit.
Fin décembre, le ministre avait déclaré à la LBC que "si les partis ne s'entendent pas sur une loi électorale et que la situation sécuritaire est instable, les élections seront assurément repoussées".
Quelques semaines plus tôt, M. Charbel avait appelé les députés à adopter une loi électorale avant fin 2012 afin que son ministère ait le temps de préparer les législatives du printemps. A l'époque, il affirmait encore, dans les colonnes d'al-Akhbar, qu’en l’absence d’une nouvelle loi électorale, les législatives se tiendraient conformément à la loi de 1960.
La situation est d'autant plus critique, que la nouvelle réunion de la sous-commission électorale n'a, semble-t-il, de nouveau abouti à rien. Le président de la sous-commission, Robert Ghanem, a indiqué à l'issue d'une énième rencontre mardi, que les différents protagonistes recherchaient toujours un consensus sur une nouvelle loi . "Nous menons depuis hier (lundi) des discussions sérieuses et approfondies afin d'aboutir à un consensus sur une loi électorale au Liban", a déclaré M. Ghanem. Une rengaine déjà entendue à l'issue des précédentes réunions. "Nous poursuivrons mercredi les discussions afin de trouver des terrains d’entente entre tous les participants. Nous soumettrons alors un compte-rendu au président du Parlement Nabih Berry en cas de progrès et si nous ne finissons pas dans une impasse", a-t-il ajouté.
Ce mardi a, en outre, vu la présentation d'une nouvelle proposition de loi électorale. Ce énième projet, présenté par Michel Pharaon, député du 14 Mars (opposition), prévoit un scrutin en deux tours.
"Nous avons soumis un nouveau projet de loi prévoyant des élections en deux tours. Le premier tour adoptant le projet de loi du Rassemblement orthodoxe amendé, alors que le second tour sera basé sur une version amendée de la loi de 1960", a expliqué M. Pharaon à l'issue de la réunion de la sous-commission. "Les candidats ayant obtenu 20% des votes au premier tour seront qualifiés pour le second", a-t-il ajouté, tout en regrettant l’absence d’accord entre les différents partis sur une loi électorale et en réitérant son appui aux petites circonscriptions.
Les ténors chrétiens indépendants du 14 Mars ont, de leur côté, appelé à une loi qui garantirait une "représentation juste" de tous les Libanais. Ils ont assuré déployer des efforts pour contrer les tentatives visant à reporter ou annuler les élections, ajoutant vouloir mener des consultations et des rencontres avec les responsables politiques et religieux après le retour du chef de l’Etat Michel Sleiman de Russie.
Le député du Courant du Futur (opposition), Khodr Habib, a réitéré, quant à lui, le rejet par son parti de la proportionnelle tant qu’il existe des armes "en dehors de la légalité".
Samy Gemayel, député Kataëb (opposition libanaise), a, pour sa part, indiqué que tout projet de loi qui garantirait une avance de l’un des camps rivaux du 8 ou du 14 Mars serait difficile à adopter.
Le député du Courant patriotique libre (CPL, majorité), Alain Aoun, a, de son côté, carrément suggéré que la sous-commission pourrait mettre un terme à ses discussions mercredi. "Il est inconcevable que les discussions trainent plus longtemps. Il existe toujours des différends importants".
Pour compliquer encore davantage les choses, le président du Parlement Nabih Berry a suggéré mardi la tenue simultanée d’élections législatives et sénatoriales après l’appel du Parti socialiste progressiste (PSP) à la mise en place d’un Sénat au Liban. "Je suggère de tenir des élections parlementaires et sénatoriales en même temps bien, que l’accord de Taëf stipule l’élection d'un Sénat après celle du premier Parlement déconfessionalisé", a déclaré M. Berry. Le chef du législatif s’est dit favorable à l’élection des sénateurs conformément au projet de loi du Rassemblement orthodoxe qui prévoit l’élection par chaque communautés de ses représentants au scrutin proportionnel.
Ce projet de loi est justement catégoriquement rejeté par le Courant du Futur et le PSP, qui sont favorables au scrutin majoritaire.
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"Si aucune loi électorale n’est adoptée avant fin février, le report des élections pour des raisons techniques deviendra une obligation", a averti M. Charbel à la Voix du Liban (100.5). "Le report pourrait être de trois à cinq mois", a-t-il dit.
Fin décembre, le...



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