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Culture - Édition

Une autobiographie supposée disparue de Françoise Giroud refait surface

Dix ans après le décès de Françoise Giroud, Gallimard publie une autobiographie, considérée comme disparue pendant des décennies, dans laquelle la fondatrice de « L’Express » raconte sans concession son enfance, ses débuts de journaliste et sa relation tourmentée avec « J.J.-S.S. ».

Françoise Giroud.

Lorsqu’elle prend la plume pour écrire Une histoire de femme libre, François Giroud vient de faire une tentative de suicide après sa rupture d’avec le journaliste Jean-Jacques Servan-Schreiber, sa grande passion. Elle vient aussi de quitter L’Express, l’hebdomadaire qu’elle a créé avec lui en 1953.
La légende voulait qu’elle ait détruit ces écrits.
C’est la journaliste et écrivaine Alix de Saint-André, amie de Françoise Giroud, qui trouve le texte après son décès en 2003. «Quand je l’ai découvert, je n’en ai pas cru mes yeux!» raconte-t-elle à l’AFP.
«En fait, à ma grande surprise, il reposait à l’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine, NDLR) sous deux formes: une première version assez brève, racontant surtout sa tentative de suicide, et une seconde, retravaillée, et orchestrée autour du récit de sa vie.»
À l’époque, lorsque Françoise Giroud soumet ses écrits à des personnes de confiance, ces dernières trouvent la première version «littérairement mauvaise» et la seconde «tout aussi impubliable». Françoise Giroud s’était rendue à leur avis, sans protester.
Quarante ans après, la grande dame de la presse qualifiera ce texte de «hurlant» et «sauvage», ajoutant: «J’ai eu conscience qu’il ne fallait pas publier cela, qu’il ne faut pas toujours rendre public ce qu’on écrit.»
Alix de Saint-André et Caroline Eliacheff, la fille de Françoise Giroud, décident, elles, de le publier à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort, le 19 janvier 2013.
Sortiront aussi à cette occasion un récit d’Alix de Saint-André sur Françoise Giroud et une réédition d’un recueil de portraits écrit par cette dernière en 1952.
L’objectif de ces publications: «que ses lecteurs aient la joie de la retrouver telle qu’en elle-même, et que les nouvelles générations, qui ne la connaissent pas, puissent découvrir, de l’intérieur, le parcours de cette femme peu banale», dit Alix de Saint-André.
Née France Gourdji le 21 septembre 1916, dans une famille bourgeoise, Françoise Giroud brosse dans Histoire d’une femme libre, le titre originel, un autoportrait sans concession. Entre un père «beau, courageux, brillant» et une mère qui a tous les dons «y compris la beauté», elle se voit comme «quelque chose de ramassé, de compact, de court», une fille «hargneuse, butée» et «incongrue».
Flanquée, de plus, d’un sobriquet inélégant et détesté («Bouchon»), dont elle ne se débarrassera qu’à l’âge de 23 ans.
Au fil des pages, de sa plume directe et percutante, elle revient sur son enfance, son adolescence désargentée, ses amours contrariées, analyse la société de l’époque.
François Giroud détaille sa collaboration avec Hélène Lazareff au sein du magazine Elle entre 1946 et 1953 et la naissance de L’Express, premier «news magazine» français. Elle décrypte très longuement sa relation complexe avec «J.J.-S.S.», les raisons de leur séparation, son départ de l’hebdomadaire, sa tentative de suicide.
Le premier prix Françoise Giroud sera par ailleurs décerné le 17 janvier.
(Histoire d’une femme libre – Françoise Giroud – Gallimard – 249 p.- 18,50 euros – sortie le 17 janvier).
(Garde tes larmes pour plus tard – Alix de Saint-André – Gallimard – 289 p.- 20 euros – même date de sortie).
(François Giroud vous présente tout-Paris – Gallimard – 455 p.- 22,90 euros – même date de sortie).
Lorsqu’elle prend la plume pour écrire Une histoire de femme libre, François Giroud vient de faire une tentative de suicide après sa rupture d’avec le journaliste Jean-Jacques Servan-Schreiber, sa grande passion. Elle vient aussi de quitter L’Express, l’hebdomadaire qu’elle a créé avec lui en 1953.La légende voulait qu’elle ait détruit ces écrits.C’est la journaliste et...

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