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Nombrilisme chronique

Michel TOUMA | OLJ
09/01/2013

Le chef du CPL est retourné hier à son antienne... ancienne. Lors de son point de presse hebdomadaire, il a lâché son venin contre L’Orient-Le Jour et, sans le nommer, contre notre collègue Michel Hajji Georgiou, qu’il a qualifié de « jeune anarchiste » (sic ! ). Il faut dire que Michel Hajji Georgiou avait vivement dénoncé, sur les réseaux sociaux, la position du ministre Gebran Bassil au sujet des réfugiés syriens, soulignant qu’une telle position dégage des relents de racisme.

 

Rejetant cette accusation de racisme, le député du Kesrouan a estimé qu’il ne fallait pas confier à « un jeune anarchiste » un poste de responsabilité médiatique qui lui permettrait « d’orienter l’opinion publique ». Et poursuivant sur sa lancée, il a ajouté sans détours : « J’ai pitié de L’Orient-Le Jour car lorsque nous mettrons un terme à notre action politique, il n’aura plus rien à publier et il proclamera sa faillite. Nous sommes sa source de revenus... » Bel exemple de nombrilisme. Chronique, de surcroît...


Il est trop bon, le député du Kesrouan. Sauf que, à l’instar de son nouvel allié sur les bords du Barada, il est quelque peu déconnecté de certaines réalités. Il feint ainsi d’oublier que depuis plus de 85 ans – soit avant même la naissance du chef du CPL – L’Orient-Le Jour défend les mêmes valeurs et sa ligne éditoriale portant sur les grands dossiers nationaux (relations avec la Syrie, libertés publiques, système politique, cause palestinienne...) obéit aux mêmes positions de principe, indépendamment des personnes et des parties. Et à ce propos, le chef du CPL oublie un peu trop vite que c’est sur base de ces mêmes principes que les journalistes de L’Orient-Le Jour ont été les premiers de la presse libanaise à le défendre et à défendre sa cause (lorsqu’il en avait une) face au régime syrien, dont notamment d’ailleurs le « jeune anarchiste » qu’il dénonce aujourd’hui, qui avait failli être poursuivi en justice en 2003 par les nouveaux amis du général après un entretien à Paris sur le Syria Accountability Act, ainsi que l’auteur de ces lignes, poursuivi en justice par ses alliés d’aujourd’hui à cause d’une interview qu’il lui avait faite au début des années 90 à la Haute-Maison.


Il reste qu’une question se pose avec acuité : comment expliquer, qu’en bon artilleur qui détruit tout devant lui pour mieux occuper l’espace public, le député du Kesrouan prend soin de s’en prendre à L’Orient-Le Jour à chaque fois que des élections pointent à l’horizon (surenchère oblige)? Il l’a fait régulièrement en 2009 à la veille du scrutin et le voilà qui réitère sa manœuvre avant la consultation de 2013. N’est-ce pas, par hasard, parce qu’il n’a aucun argument rationnel et convaincant à avancer pour répondre, devant ses électeurs, aux positions de principe défendues sans compromissions par l’équipe du journal ?

 

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