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À La Une - Révolte Syrienne

Les premiers missiles Patriot arrivent en Turquie

L'aviation syrienne tente d'éloigner les rebelles de Damas ; un membre de la famille de Rustom Ghazalé tué.

Des combattants rebelles passent par un trou dans un mur, le 3 janvier, près d'Alep. REUTERS/Mahmoud Hassano

Les troupes du régime syrien, appuyées par l'aviation, ont progressé vendredi dans la banlieue de Damas, au moment où l'armée américaine annonçait l'arrivée des premiers missiles Patriot de l'OTAN en Turquie voisine.


Réclamés par Ankara après des tirs d'obus syriens meurtriers dans des localités turques frontalières de la Syrie, ces missiles doivent être déployés dans la zone pour protéger la Turquie, membre de l'OTAN, d'éventuelles menaces syriennes.
"Des militaires et des équipements américains sont arrivés aujourd'hui sur la base aérienne d'Incirlik (en Turquie) pour assurer le déploiement de batteries de missiles Patriot", selon un communiqué du commandement de l'armée américaine en Europe.
Les missiles Patriot ne seront cependant pas opérationnels dans l'immédiat. Outre les Etats-Unis, l'Allemagne et les Pays-Bas doivent également envoyer chacun deux batteries de Patriot et jusqu'à 400 soldats.

 

 

Offensive de l'armée à la périphérie de Damas
Côté syrien, le régime a mobilisé l'artillerie et l'aviation, son principal atout dans le conflit, pour bombarder des localités proches de Damas, où la rébellion a installé ses bases arrière pour lancer des attaques contre la capitale.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), de nouveaux renforts militaires ont été envoyés à Daraya, une localité que l'armée tente de reprendre depuis des semaines.
L'armée a ainsi avancé, resserrant son étau sur Mouadamiyat al-Cham et Daraya, dans le sud-ouest, où les opérations militaires et les raids meurtriers se sont récemment multipliés, a précisé l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales civiles et militaires à travers le pays.


Le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir, a assuré vendredi matin que l'armée avait "remporté (jeudi) la bataille contre les terroristes à Daraya et détruit leurs derniers repaires". Les médias officiels, qui assimilent les rebelles à des "terroristes" à la solde de l'étranger, annoncent régulièrement la reprise par l'armée de banlieues de Damas.

 

(Lire aussi : Sélim Hoss : Rien n’est fait pour sortir la Syrie de la crise)

 

Cette vaste offensive intervient après un attentat nocturne à la voiture piégée qui a fait au moins 11 morts à Damas. Cette attaque a eu lieu à Massaken Barzé, un quartier du nord de Damas où vit une importante communauté alaouite, une branche du chiisme, la minorité religieuse à laquelle appartient le président Bachar el-Assad.

Les attentats, notamment à la voiture piégée, se sont multipliés ces derniers mois à Damas, la ville la plus sécurisée du pays, et dans sa périphérie, visant en majorité des bâtiments gouvernementaux et des forces de sécurité.

 

Vendredi, l'OSDH a recensé au moins 115 morts, dont 66 civils, selon un bilan provisoire, dont 51 à Damas et sa périphérie.

 

Un membre de la famille du chef de la sécurité politique syrienne, le général Rustom Ghazalé, a été tué et deux autres proches blessé et enlevé par des rebelles vendredi dans la province de Deraa (sud), a en outre rapporté l'OSDH.

La télévision d'Etat a également rapporté l'information, sans toutefois évoquer ces liens de parenté. Dans un bandeau au bas de l'écran, la chaîne a annoncé qu'"un groupe terroriste armé a attaqué des civils près d'une station-service (dans la province de Deraa) faisant un mort et des blessés".

 

Un journaliste syrien, Souhail Mahmoud Ali, travaillant pour la chaîne Dounya favorable au régime a été également tué vendredi alors qu'il couvrait des affrontements à Alep, la grande ville du nord du pays, dans un secteur contrôlé par les forces gouvernementales, a annoncé la chaîne.

Parallèlement, comme chaque vendredi depuis mars 2011, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs régions à l'appel des militants anti-régime. Cette semaine, les protestataires ont apporté leur soutien à Homs (centre) dont la Vieille ville est assiégée depuis six mois par l'armée. Sur leur page Facebook, les militants ont affirmé que ce siège plongeait "quelque 420 familles musulmanes et chrétiennes, dont 210 enfants de moins de douze ans et 34 nourrissons" dans une grave crise humanitaire.

 

Assad "s'accrochera jusqu'au bout"

La Syrie a basculé dans la guerre civile après la militarisation d'une révolte populaire lancée en mars 2011 et violemment réprimée. Les combats opposent désormais les soldats à des déserteurs appuyés par des civils ayant pris les armes mais aussi par des jihadistes venus de l'étranger.

 

(Lire aussi : Nasrallah : Si la solution militaire perdure en Syrie, la guerre sera longue)

 

Les troupes du régime ont été chassées de larges zones du nord et de l'est du pays et tente désormais de sécuriser un axe allant du sud jusqu'au pays alaouite sur la côte ouest, la région natale du président Bachar el-Assad, en passant par Damas et sa périphérie, selon des experts.

 

M. Assad "s'accroche jusqu'au bout au pouvoir quitte à provoquer des massacres", affirme Agnès Levallois, politologue et spécialiste du Moyen-Orient, alors que le conflit a fait plus de 60.000 morts selon l'ONU. Pour Mme Levallois, le président syrien cherche à garder "une partie du territoire : Damas, le noeud stratégique de Homs (centre), et de fait la voie vers la montagne alaouite" reliant Lattaquié à Tartous.

 

(Lire aussi : Moscou se prépare à l'ère post-Assad)

 

 

Damas accuse l'ONU de partialité

Damas a, par ailleurs, jugé "partial" le rapport de l'ONU qualifiant d'"ouvertement intercommunautaire" le conflit syrien, estimant que ses experts avaient suivi "les orientations politiques" de pays "impliqués" dans la crise syrienne, a rapporté vendredi l'agence officielle Sana.

Accusant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU de "manque de professionnalisme", le ministère des Affaires étrangères fait en outre porter à des parties étrangères la responsabilité de la confessionalisation du conflit, dans une lettre adressée aux Nations unies et reproduite par Sana.

 

Alors que la Commission d'experts créée en août 2011 par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU n'a jamais reçu le feu vert de Damas pour se rendre sur place, le ministère assure que les autorités "se sont tenues à (leur) disposition à plusieurs reprises pour leur permettre de prouver leur objectivité". "Malheureusement la Commission a raté toutes ces occasions", déplore la diplomatie syrienne.

 

Reportage

Un touriste japonais tue l'ennui sur les lignes de front syriennes


Dans l'atelier de fabrication d'armes des rebelles syriens


La vieille ville d'Alep est devenue un champ de ruines

 

Rétrospective

Syrie : Une année de larmes et de sang
Les troupes du régime syrien, appuyées par l'aviation, ont progressé vendredi dans la banlieue de Damas, au moment où l'armée américaine annonçait l'arrivée des premiers missiles Patriot de l'OTAN en Turquie voisine.
Réclamés par Ankara après des tirs d'obus syriens meurtriers dans des localités turques frontalières de la Syrie, ces missiles doivent être déployés dans la zone pour protéger la Turquie, membre de l'OTAN, d'éventuelles menaces syriennes."Des militaires et des équipements américains sont arrivés aujourd'hui sur la base aérienne d'Incirlik (en Turquie) pour assurer le déploiement de batteries de missiles Patriot", selon un communiqué du commandement de l'armée américaine en Europe.Les missiles Patriot ne seront cependant pas opérationnels dans l'immédiat. Outre les Etats-Unis, l'Allemagne et les...
commentaires (2)

Et après ???

SAKR LEBNAN

13 h 29, le 05 janvier 2013

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Commentaires (2)

  • Et après ???

    SAKR LEBNAN

    13 h 29, le 05 janvier 2013

  • A la guerre comme à la guerre touts les moyens sont bons Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    08 h 44, le 04 janvier 2013

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