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"Nous rentrons car nous en avons assez d'être humiliés"

syrie Des milliers de Palestiniens regagnent le camp de Yarmouk, à Damas, après avoir fui les combats.
OLJ/AFP
21/12/2012

"Les habitants de Yarmouk savent que leur camp est la capitale des réfugiés palestiniens. Personne ne peut le détruire", s'enthousiasme Mahmoud Nassar, voyant revenir vendredi des milliers d'habitants qui avaient fui les combats entre pro et anti-régime syrien.
"C'est une très belle journée car les gens ont montré leur attachement au camp et qu'ils étaient capables d'empêcher un nouvel exode", renchérit-il.


Aucun homme armé n'était visible vendredi dans les rues du camp, situé dans le sud de Damas, notamment les rebelles qui avaient pris l'avantage sur les miliciens palestiniens pro-régime durant les quatre jours de combats, débutés dimanche.
Une journaliste de l'AFP, qui se trouvait sur la place Batikha, principale entrée du camp, a toutefois entendu vendredi matin quelques tirs sporadiques. La chaussée était obstruée par des pierres pour empêcher la circulation, mais elle a vu une fourgonnette chargée d'affaires et de passagers pénétrer par une rue latérale.


"Nous rentrons car nous en avons assez d'être humiliés, nous avons perdu notre terre (la Palestine), nous ne voulons pas perdre nos maisons et vivre sous des tentes comme nos parents", a affirmé l'un d'eux.
Quelque 100.000 des 150.000 habitants de Yarmouk ont fui le camp, dont un grand nombre se sont installés dans des jardins publics et des places à Damas, avait indiqué mercredi l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA). Près de 3.000 d'entre eux ont gagné le Liban voisin, selon la Sûreté générale libanaise.


Des magasins d'alimentation ont réouvert et de nombreux fidèles ont participé à la prière du vendredi dans la mosquée Abdel Qader al-Husseini, totalement nettoyée, après avoir été la cible dimanche d'un raid aérien ayant fait huit morts.
Beaucoup de réfugiés sont rentrés dès jeudi, chantant des airs patriotiques palestiniens. Ils ont commencé à nettoyer les plupart des rues, marquées par les combats. Les murs d'immeubles étaient criblés d'impacts d'obus et les vitres des fenêtres ont disparu.


Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé vendredi que ses équipes allaient distribuer des repas à 125.000 Palestiniens et Syriens affectés par les combats à Yarmouk.

 

 

"Il est trop tôt pour rentrer"
Mais pour ceux qui ont fui au Liban, l'heure n'est pas encore au retour. "Il est trop tôt pour rentrer", estime un habitant de Yarmouk arrivé cette semaine au camp d'Al Baddawi, dans le nord. Nous "attendons que les choses se calment", ajoute-t-il.
Le poste frontière libano-syrien de Masnaa, où les Palestiniens se pressaient ces derniers jours pour se réfugier au Liban, avait retrouvé son calme vendredi, selon un journaliste de l'AFP.

 

(Lire aussi : Et si ces réfugiés étaient répartis entre l’Irak, la Jordanie et la Turquie ?...)


Plusieurs journaux libanais ont fait état d'un accord entre les parties adverses sous les auspices de Mokhtar Lamali, représentant à Damas du médiateur international Lakhdar Brahimi. Selon le quotidien As-Safir, aux termes de l'accord, tous les combattants doivent quitter le camp, et le représentant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Damas Anwar Abdel Hadi, qui a participé aux négociations, a affirmé que "toutes les parties -l'opposition, le régime et les factions palestiniennes- avaient souscrit à l'accord visant à maintenir le camps hors du conflit".
Selon lui, le gouvernement "a assuré qu'il n'avait aucune intention d'entrer dans le camp ni de le bombarder, mais il exigeait qu'en sortent tous les hommes armés".

 

(Lire aussi : Mikati : Impossible de fermer les frontières avec la Syrie)


La Syrie compte 490.000 Palestiniens, en majorité arrivés de la Palestine lors de la guerre israélo-arabe de 1948, rejoints par d'autres au fil des conflits.
Beaucoup pensaient revenir rapidement chez eux et ont vécu d'abord dans des camps de tentes. Quand l'espoir du retour s'est évanoui, les tentes ont cédé la place à des maisons en dur puis à des immeubles.

 

Lire aussi:

Fermeture des frontières avec la Syrie : l'opposition crie au « racisme confessionnel »

 

Pour mémoire:

Négociations pour tenir Yarmouk à l’écart du conflit syrien

 

Bons baisers de Yarmouk, l'éditorial de Issa Goraieb

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