Un couple iranien passe devant des missiles Zolfaghar de fabrication iranienne exposés sur la place Azadi à Téhéran, le 24 juillet 2026. Photo AFP
L'Union européenne a décidé de différer de 24 heures la diffusion des images satellitaires du programme spatial Copernicus couvrant une partie du golfe d'Oman, à la demande des États-Unis, qui ont repris les hostilités avec l'Iran depuis le 7 juillet, selon une décision publiée au journal officiel. Le 26 mai 2026, les autorités américaines avaient demandé à la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, de reporter de 24 heures la publication des données des satellites Sentinel-1 et Sentinel-2 couvrant une zone géographique précise du golfe d'Oman.
Dans une décision datée du 13 juillet, le Conseil de l'UE a estimé « nécessaire » de retarder la publication de ces images « pour faire en sorte que les produits ne soient pas utilisés par des États tiers ou des acteurs non étatiques d’une manière qui puisse constituer une menace pour les intérêts de l’Union et de ses États membres dans la région ou pour ceux de leurs alliés ». La zone concernée par cette décision, de plus de 100.000 km2, correspond au secteur du golfe d'Oman où les États-Unis mettent en œuvre leur blocus naval contre l'Iran.
« Évolution incroyablement préoccupante »
En temps normal, les images en moyenne résolution du programme Copernicus sont mises gratuitement à disposition dans les heures suivant le passage des satellites. Elles sont principalement utilisées pour la surveillance de l'environnement, l'agriculture, la gestion des catastrophes naturelles ou encore la recherche scientifique.
Dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, cette imagerie satellitaire européenne est devenue une source d'information précieuse, alors que plusieurs entreprises américaines ont cessé de fournir à la presse des images commerciales à très haute résolution de la zone du conflit et des pays voisins.
« Il s'agit d'une évolution extrêmement préoccupante pour tous les chercheurs indépendants qui suivent cette guerre, en particulier à un moment où le contrôle exercé par les médias et les responsables politiques américains s'est affaibli », a réagi vendredi sur Bluesky l'Observatoire du conflit et de l'environnement (CEOBS), une ONG basée au Royaume-Uni.
« La politique de l'Union européenne en matière de données satellitaires doit être indépendante des pressions exercées par les États-Unis », a estimé l'organisation.


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