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Politique - Diplomatie

« Promesses creuses », entretien « historique » : la rencontre Aoun-Trump fait réagir

« Trump me comprend mieux que certains Libanais », a ironisé Berry après des déclarations l'ayant concerné lors de l'entretien à la Maison-Blanche.

« Promesses creuses », entretien « historique » : la rencontre Aoun-Trump fait réagir

Le président américain, Donald Trump, lors d'une réunion avec son homologue libanais, Joseph Aoun, à la Maison-Blanche, le 21 juillet 2026. Photo SAUL LOEB / AFP

Comme la plupart des autres sujets politiques au Liban, la visite de Joseph Aoun aux Etats-Unis et sa rencontre, mardi, avec le président américain Donald Trump, a provoqué des réactions polarisées d'un bout à l'autre de l'échiquier politique, le Hezbollah repoussant net la main qu'a semblé lui tendre le chef de l'Etat américain pour un dialogue tandis que le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a appelé à « suivre jusqu'au bout la voie de Washington ».

Du côté du parti chiite, via son député Hussein Hajj Hassan, a affirmé de but en blanc qu'il « ne peut pas y avoir de dialogue avec ceux qui nous attaquent, détruisent nos terres et nos maisons, et tuent notre peuple », en référence à l'annonce de Donald Trump sur sa volonté de contacter le Hezbollah si Joseph Aoun le lui demande. « Le sommet de Washington entre Joseph Aoun et Donald Trump n'était rien d'autre que de la rhétorique américaine et des promesses sans garanties, sans calendrier précis pour le redéploiement et sans aucun progrès ni résultat concret », a commenté Hussein Hajj Hassan mercredi, dans un entretien accordé à la radio russe Sputnik. Concernant les propos du président américain sur la possibilité d'une communication avec le Hezbollah, il a déclaré : « Nous prenions un café ; nous n'avions pas le temps pour cette discussion », reprochant encore l' « approche condescendante » des Etats-Unis. « La question de l'armement de l'armée libanaise est-elle soulevée pour faire face au Hezbollah ou à Israël ? », s'est encore demandé le député, tout en insistant sur « la coopération et la confiance continues entre le parti et l'armée ». « L'appel du président américain à une intervention syrienne au Liban constitue une violation de la souveraineté libanaise », a encore dit le député du Hezbollah, critiquant le fait que le président n'ait pas commenté ces déclarations.

Donald Trump a réitéré mardi son souhait de voir la Syrie intervenir au niveau du dossier du Hezbollah, lors d'une rencontre avec la presse à l'arrivée de Joseph Aoun à la Maison-Blanche. Les autorités syriennes ont fait part, à plusieurs reprises, de leur rejet d'une telle initiative.

Le mufti jaafarite, le cheikh Ahmad Kabalan, proche du tandem chiite, a de son côté estimé qu'à l'issue de ce sommet « catastrophique » à la Maison-Blanche « le président Aoun est rentré les mains vides », a-t-il ajouté. « Il n'y a pas de meilleure garantie pour le Liban que la sagesse et les accords de Aïn el-Tiné et le consensus national », a indiqué le mufti, en référence au chef du Parlement, Nabih Berry.

Les résultats sur le terrain et non « l'image »

Pour sa part, le chef du Parlement, Nabih Berry, a appelé à attendre les « résultats sur le terrain », avec la consolidation du cessez-le-feu et le retrait israélien, et non « l'image renvoyée par la rencontre », dans un entretien au quotidien as-Charq al-awsat. Ironisant sur une déclaration de Donald Trump qui avait affirmé que M. Berry approuverait les négociations directes lorsqu'il en verrait les progrès, le premier concerné à déclaré que « Trump me comprend mieux que certains Libanais. » Hier, Joseph Aoun avait soutenu M. Berry, le qualifiant « d'homme d'Etat », tandis que Donald Trump avait indiqué « avoir entendu dire que Nabih Berry était « une bonne personne et un homme de bien ».

Du côté de la presse libanaise, le quotidien arabophone al-Akhbar, proche du Hezbollah, a choisi de consacrer sa Une au conflit qui entoure les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, se contentant de rapporter la rencontre entre Aoun et Trump dans sa manchette. « Trump à Aoun : des prises de position sans engagement ».

À l'inverse, le quotidien an-Nahar a tenu à souligner la « rencontre réussie » entre les deux hommes, tandis que le Nidaa al-Watan, a publié une photo des deux chefs d'Etat tous sourires, en Une, accompagnée du titre : « L'homme libre et le leader du monde libre ».

Geagea appelle à aller « jusqu'au bout »

Sur la même ligne, le chef des Forces libanaises Samir Geagea, farouche opposant du Hezbollah, a estimé que la rencontre entre Aoun et Trump « n’est pas un simple sommet de plus, mais bien un maillon dans un processus politique global qui doit être mené à son terme pour éviter, dans les mois ou les années à venir, une nouvelle escalade des tensions et une nouvelle tentative de négociation d’un cessez-le-feu ». Tout en appelant l'État libanais, à tous les niveaux, à « suivre la voie de Washington jusqu'au bout », M. Geagea a affirmé que « son application permettra d'instaurer une situation stable dans le Sud, une fois pour toutes, où l'armée libanaise sera la seule force armée déployée et où le gouvernement libanais sera la seule entité habilitée à prendre des décisions en matière de guerre et de paix ». Il a affirmé que le sommet entre Aoun et Trump « a définitivement établi l'indépendance de la situation au Liban », par rapport aux négociations américano-iraniennes à Islamabad, tout insistant sur le fait que le dossier libanais est désormais clairement et séparément intégré à la « voie de Washington »

Commentant les rencontres du chef de l'Etat à Washington, le ministre de l'Intérieur, Ahmad Hajjar, a espéré que les résultats des réunions à Washington se traduiraient par « une réelle pression américaine sur Israël pour atteindre cet objectif », notant que « les positions positives du président américain Donald Trump à l'égard du Liban et du président Aoun sont encourageantes ».

Le ministre de l'Information, Paul Morcos, a qualifié pour sa part la rencontre d'« historique », dans une interview accordée à la chaîne saoudienne al-Hadath. Il a estimé qu'elle constituait « une reconnaissance officielle et concrète, de la part des États-Unis, de la décision nationale du Liban concernant sa souveraineté et sa position au sein des négociations ». Il a précisé que « cette position politique s'est traduite par des mesures concrètes, à commencer par le soutien américain au déploiement de l'armée libanaise, coïncidant avec le début du retrait israélien progressif des zones convenues ».

Comme la plupart des autres sujets politiques au Liban, la visite de Joseph Aoun aux Etats-Unis et sa rencontre, mardi, avec le président américain Donald Trump, a provoqué des réactions polarisées d'un bout à l'autre de l'échiquier politique, le Hezbollah repoussant net la main qu'a semblé lui tendre le chef de l'Etat américain pour un dialogue tandis que le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a appelé à « suivre jusqu'au bout la voie de Washington ». Du côté du parti chiite, via son député Hussein Hajj Hassan, a affirmé de but en blanc qu'il « ne peut pas y avoir de dialogue avec ceux qui nous attaquent, détruisent nos terres et nos maisons, et tuent notre peuple », en référence à l'annonce de Donald Trump sur sa volonté de contacter le Hezbollah si Joseph Aoun le lui...
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