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Politique - Liban

Aoun depuis Washington : Le désarmement du Hezbollah est réalisable, mais il faut être lucides sur les conditions

Lors d'un dîner en son honneur à l'ambassade libanaise, le chef de l'État a souligné que le désarmement du parti pro-iranien doit être suivi d'un processus de « démobilisation et réintégration » des combattants.

Aoun depuis Washington : Le désarmement du Hezbollah est réalisable, mais il faut être lucides sur les conditions

Le président libanais, Joseph Aoun, prononçant un discours à l'ambassade libanaise à Washington, le 21 juillet 2026. Photo X/@LbPresidency

Après son sommet avec le président américain Donald Trump, le chef de l'État libanais, Joseph Aoun, a participé à un dîner en son honneur à Washington, au cours duquel il a établi plusieurs « conditions » au désarmement du Hezbollah, insistant notamment sur la réintégration des miliciens chiites.

Devant un parterre de personnalités politiques américaines et libanaises, M. Aoun a déclaré que le désarmement du parti chiite est « réalisable, mais seulement si nous sommes lucides sur les conditions nécessaires », rappelant que le Hezbollah n'est pas une « force mercenaire étrangère, mais il est composé de citoyens libanais façonnés durant quarante années par un investissement idéologique, social et militaire considérable. » Face à cette réalité, il a rappelé que d'autres factions armées internes avaient pu être désarmées dans le monde, notamment les FARC en Colombie ou l'IRA en Irlande du Nord, grâce à un processus enchaînant « désarmement, démobilisation et réintégration. »

Toutefois, selon lui, il faut avant toute chose « supprimer la cause profonde invoquée par le Hezbollah pour justifier son existence, à savoir l'occupation israélienne de territoires libanais. » Ensuite vient la « prise de contrôle opérationnelle exclusive du territoire par l'armée libanaise, ce qui exige un soutien immédiat et inconditionnel à nos forces armées. Enfin, il s'achève par la réintégration, grâce à un programme de reconstruction dirigé exclusivement par l'État libanais et accompagné de véritables perspectives économiques ». « Seul un État fort peut remplacer le vide que d'autres rempliraient autrement », a-t-il ajouté.

L'ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a félicité mercredi le chef de l'État pour ce discours prononcé à Washington, saluant son « approche » concernant la question des armes du Hezbollah. « Monsieur le Président Aoun, Félicitations pour votre discours et votre excellente approche sur la question des armes du Hezbollah. Avec tout mon respect », a-t-il écrit. Le leader druze plaide lui aussi depuis longtemps pour une approche « à l'irlandaise » pour traiter la question des armes du Hezbollah.

L'engagement américain « le plus sérieux » en faveur du Liban

Pour Joseph Aoun, le moment est propice pour parvenir à ces objectifs. « Pour la première fois depuis des années, une véritable occasion de faire l'histoire s'offre au Liban », a-t-il dit, saluant le rôle des États-Unis dans ce cadre. « Sous la présidence de Donald Trump et grâce au cadre trilatéral négocié entre le Liban et Israël en juin dernier, les États-Unis manifestent aujourd'hui leur engagement le plus sérieux en faveur de la stabilité du Liban depuis des décennies », a-t-il estimé.

Les États-Unis ont impulsé les premières négociations directes entre le Liban et Israël depuis des décennies, qui ont abouti à la signature, le 26 juin, d'un accord-cadre prévoyant le retrait israélien du Liban-Sud, conditionné au désarmement du Hezbollah, sur base de « zones pilotes ». L'accord a commencé à être appliqué lundi, avec le déploiement d'unités de l'armée libanaise dans deux de ces zones du secteur central du sud du Liban, dans les villages de Srifa et Froun, dans lesquels les forces occupantes n'étaient pas présentes, ainsi qu'à Zaoutar el-Gharbiyé, au nord du fleuve Litani, dont se sont retirés les Israéliens.

M. Aoun a en outre évoqué le rétablissement des relations avec les pays du monde arabe, deux jours après avoir été invité à Riyad par le prince héritier Mohammad ben Salmane, et la volonté de construire une « relation d'État à État avec la Syrie.

M. Aoun, qui a été commandant en chef de l'armée avant d'accéder à la présidence, a en outre appelé Washington à poursuivre son soutien à la troupe, « seule véritable institution nationale bénéficiant de la confiance de tous les Libanais ». « L'armée protège nos frontières terrestres et maritimes, a vaincu l'État islamique sur notre territoire, lutte contre le trafic de drogue, le crime organisé et la contrebande, assure le maintien de l'ordre avec les Forces de sécurité intérieure et intervient lors de chaque catastrophe », a listé le président libanais.

M. Aoun a tenu ce discours peu après une réunion avec Donald Trump, qui lui avait réservé un accueil chaleureux et avait promis d'« aider le Liban ». Portant, depuis l'ambassade, un toast à « l'amitié » entre Beyrouth et Washington, le président libanais a souhaité qu'elle soit « suffisamment forte pour réécrire l'histoire de cette région, une fois pour toutes ».

Après son sommet avec le président américain Donald Trump, le chef de l'État libanais, Joseph Aoun, a participé à un dîner en son honneur à Washington, au cours duquel il a établi plusieurs « conditions » au désarmement du Hezbollah, insistant notamment sur la réintégration des miliciens chiites. Devant un parterre de personnalités politiques américaines et libanaises, M. Aoun a déclaré que le désarmement du parti chiite est « réalisable, mais seulement si nous sommes lucides sur les conditions nécessaires », rappelant que le Hezbollah n'est pas une « force mercenaire étrangère, mais il est composé de citoyens libanais façonnés durant quarante années par un investissement idéologique, social et militaire considérable. » Face à cette réalité, il a rappelé que d'autres factions armées...
commentaires (7)

Et non, Monsieur le président, vos souhaits sont irréalisables, vous suggérez un désarmement du parti pro-iranien qui devrait être suivi d'un processus de « démobilisation et réintégration » des combattants, il faut tenir compte du fait que le forces armées hezbollahies sont composées pour 70% d'éléments étrangers, Iraniens, Afghans ou Irakiens. Les combattants Libanais ayant été éradiqués..

C…

18 h 05, le 22 juillet 2026

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Commentaires (7)

  • Et non, Monsieur le président, vos souhaits sont irréalisables, vous suggérez un désarmement du parti pro-iranien qui devrait être suivi d'un processus de « démobilisation et réintégration » des combattants, il faut tenir compte du fait que le forces armées hezbollahies sont composées pour 70% d'éléments étrangers, Iraniens, Afghans ou Irakiens. Les combattants Libanais ayant été éradiqués..

    C…

    18 h 05, le 22 juillet 2026

  • Comparer le FARC et l'IRA au Hizb, c;est comparer un scotch a un diet coke.Mon Dieu, comme on est loin de la realite.

    M.J. Kojack

    16 h 43, le 22 juillet 2026

  • le Hezbollah n'est pas une « force mercenaire étrangère, mais il est composé de citoyens libanais façonnés durant quarante années par un investissement idéologique, social et militaire considérable. » En 70 l'OLP en Jordanie était bien composée de jordaniens (palestiniens de Jordanie) et pourtant elle était l'instrument d'un projet transnational, exactement comle le Hezbollah, et à l'inverse de l'IRA ou des FARC. Voilà pourquoi seul le modèle jordanien fonctionnera face au Hezbollah. Joseph Aoun ressort les mêmes balivernes que Émile Lahoud, Michel Aoun, Hariri-Berri-Joumblatt..

    MAKE LEBANON GREAT AGAIN

    15 h 09, le 22 juillet 2026

  • Regardons simplement comment le Sinn Fein d'Irlande a agi et ce qu'il est devenu aujourd'hui... Sommes-nous prêts, nous libanais, à une approche aussi pragmatique? Appuyer sans mesures ce clivage de société? Mais attendons voir les réactions fuser à l'encontre, à l'égard, de cette prise de position du président Aoun... Michel Ghazal (dans un autre article ce matin: l'accord-cadre, traité ou feuille de route) citait l'ultracrépidarianisme... Des cordonniers, on en a en masse au Liban...

    Christian Samman

    14 h 05, le 22 juillet 2026

  • SUITE comme si cela était le prix à payer pour maintenir les armes, les pompiers pyromanes quoi. Un retrait israélien, bien que nécessaire ne résoudra rien si la milice ne désarme pas de son côté, sinon ce qui s’est passe 3 fois se repassera une quatrième et ça tous les acteurs extérieurs le savent pertinemment d’où le peu d’enthousiasme à reconstruire.

    Liban Libre

    12 h 04, le 22 juillet 2026

  • 2 observations M le President. Primo ni les FARC ni l’IRA n’ont été crées et financés par un pays étranger pour faire avancer leur agenda et non un quelconque agenda Libanais, il y a le parti Amal en ce qui concerne les Chiites. Nous le savons tous que le Hezbollah a été créé et obéit uniquement pour satisfaire les gardiens de la Revolution. Secundo l’occupation israélienne est une excuse car depuis le retrait en 2000 ce sont les agissements du Hezbollah ET RIEN D,AUTRE qui ont engendré les occupations de 2006,2024 et 2026 et non le contraire A SUIVRE

    Liban Libre

    12 h 02, le 22 juillet 2026

  • M. Aoun parle de cette milice en la comparant à des résistants comme dans d’autres pays et est persuadé comme il le dit du désarmement, démobilisation et réintégration. » Toutefois, selon lui, il faut avant toute chose « supprimer la cause profonde invoquée par le Hezbollah pour justifier son existence, à savoir l'occupation israélienne de territoires libanais. » il n’est pas sans savoir que cette milice mobilisée par les mollahs pour une autre raison, trouverait toujours un ennemi à combattre pour justifier ses armes détenues illégalement sur notre sol et convaincre ses partisans de ses mens

    Sissi zayyat

    11 h 22, le 22 juillet 2026

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