Paul Watson, à bord du Steve Irwin, un des bateaux de l'ONG Sea Shepherd. AFP/SEA SHEPHERD/TIM WATTERS
Paul Watson a repris du service. Surnommé le "pirate écolo", ce Canadien affirme se trouver à bord d'un navire de son ONG Sea Shepherd et faire cap vers l'Antarctique pour harceler les baleiniers japonais dans l'océan Austral.
"Je foule à nouveau le pont du Steve Irwin", un des navires de la flotte de Sea Shepherd ("Berger de la Mer") engagée dans le Pacifique sud, s'est réjoui Watson, tard mardi soir, sur le site de l'ONG. "J'ai un équipage formidable et notre bateau fait route vers l'Antarctique", dit le fugitif.
Fugitif, car pour arriver sur le pont du Steve Irwin, Watson, 61 ans, a dû fausser compagnie aux autorités allemandes qui l’avaient arrêté à l'aéroport de Francfort le 13 mai dernier. Berlin faisait ainsi suite à un mandat d’arrêt émis par le Costa Rica, où il est accusé d'avoir mis en danger un équipage lors d'une opération contre la chasse aux requins en 2002. Assigné à résidence, l’homme s’est tout simplement enfui. A noter, comme le rappelle Le Monde, que si Watson est toujours poursuivi au Costa Rica, deux juges costaricains ont prononcé un non-lieu à l’époque des faits.
La cavale de Watson, né dans une famille de pêcheurs qu’il a quittée à 15 ans, a, semble-t-il, été rocambolesque. Pour arriver en Australie, Watson a expliqué avoir passé quatre mois à traverser "deux océans et un nombre incalculable de rivières, franchissant trois chaînes de montagne, un désert, des lacs et des dizaines de villes".
Watson est un ancien de Greenpeace, qu’il qualifie désormais de "dame Tupperware de l’écologie". C’est en 1977, après avoir quitté l’ONG, qu’il a créé la sienne, Sea Shepherd, qui s’illustre par un engagement parfois rugueux, souvent jusqu'au-boutiste.
Aujourd’hui, Greenpeace lui renvoie ses piques. "En 2010, Sea Shepherd a fait échouer les négociations avec le Japon qui acceptait enfin de ne plus chasser en Antarctique, en échange de la possibilité de chasser, sous contrôle de la Commission baleinière internationale au large du Japon", expliquait au Monde, en août dernier, le photographe Pierre Gleizes, une des figures de Greepeace. Comme le souligne le quotidien français, Watson "n’est pas un homme de compromis".
Si elle assure tout faire pour "ne mettre personne en danger" et ne jamais avoir causé de mort, la flotte de l'ONG Sea Shepherd n'a pas hésité à éperonner, en 1979, le baleinier Sierra, qui a coulé dans le port de Lisbonne. Depuis la création de l'ONG, Watson et ses partisans se sont payés des baleiniers et braconniers de toute une série de nationalités, parmi lesquelles japonaise bien sûr, mais aussi soviétique (à l’époque) et canadienne.

Sur cette photo, datant de décembre 2011, le Steve Irwin, l'un des bateaux de l'ONG
Sea Shepherd. AFP/FILES/GREG WOOD
A travers le monde, le cas Watson engendre des sentiments mitigés. Sacré "héros de l’écologie" par Time Magazine en 2000, il bénéficie du soutien de personnalités comme le dalaï-lama, les acteurs Sean Connery ou Sean Penn, alors que des figures françaises n’ont pas hésité à interpeller le président François Hollande pour que le guérillero écolo soit accueilli dans l'Hexagone.
Mais Watson et ses méthodes violentes embarrassent aussi certains défenseurs de l'environnement, alors que pour le Japon, il relève carrément de l’"écoterrorisme".
Personnage charismatique, Watson n’hésite pas à payer de sa personne son engagement : capturé par des chasseurs de phoques en 1977, baignades forcées dans des eaux glacées, bastonnades...
Aujourd'hui, retour donc sur le Steve Irwin, qui a quitté Melbourne le 5 novembre pour prendre la tête de la 9e campagne de l'association, la plus ambitieuse de son histoire, avec quatre navires -dont le Brigitte Bardot- un hélicoptère, trois drones et une centaine de personnes engagées.
Le message de Paul Watson.
La campagne avait démarré plus tôt, officiellement parce que les militants avaient indiqué vouloir perturber les baleiniers dans le Pacifique nord, au large du Japon, plutôt que de les attendre dans les eaux de l'Antarctique. "Apparemment, ils nous ont crus", a ironisé Paul Watson. "Evidemment nous n'avons jamais eu l'intention de faire route vers le nord. Nous les attendons dans le sud, avant qu'ils atteignent le sanctuaire des baleines dans l'océan Austral".
Officiellement, les activités de la flotte nippone dans l'Antarctique sont destinées à la "recherche scientifique", une pratique tolérée par la Commission baleinière internationale qui interdit la chasse commerciale au cétacé depuis 1986. Les autorités japonaises affirment que cette pêche fait partie intégrante de la culture nippone, sans cacher que la viande de baleine termine sur les étals.
En 2011, le Japon avait néanmoins été contraint d'interrompre prématurément sa campagne de pêche à cause du harcèlement des militants écologistes, après avoir capturé seulement 172 baleines, soit un cinquième de leur objectif. En mars 2012, ils étaient rentrés après avoir capturé 266 baleines de Minke et un rorqual, soit moins d'un tiers des quelque 900 cétacés qu'ils comptaient tuer.
Interrogé par l'AFP au sujet de la présence en mer de Paul Watson, un responsable de l'agence des pêcheries nippones, Takaaki Sakamoto, a répondu : "Nous discuterons avec les ministères concernés de la façon dont le Japon réagira à la présence de Watson".
Watson, lui, ne doute pas. Le Japon finira par renoncer, dit-il. "Nous retournerons en mer l'an prochain et l'année suivante, et les autres années aussi, jusqu'à la fin de la pêche à la baleine".
"Je foule à nouveau le pont du Steve Irwin", un des navires de la flotte de Sea Shepherd ("Berger de la Mer") engagée dans le Pacifique sud, s'est réjoui Watson, tard mardi soir, sur le site de l'ONG. "J'ai un équipage formidable et notre bateau fait route vers l'Antarctique", dit le fugitif.
Fugitif, car pour arriver sur le pont du Steve Irwin, Watson, 61 ans, a dû fausser compagnie aux autorités allemandes qui l’avaient arrêté à l'aéroport de Francfort le 13 mai dernier. Berlin faisait ainsi suite à un mandat d’arrêt émis par le Costa Rica, où il est accusé d'avoir mis en danger un...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine