Le chef des FL au cours de sa conférence de presse, hier, à Meerab. Photo Aldo Ayoub
« Lorsque nous disons que nous sommes contre le dialogue, cela ne signifie pas que nous y sommes hostiles dans l’absolu. Non, nous sommes opposés à cette table de dialogue en particulier autour de laquelle on retrouve Mohammad Raad (chef du bloc parlementaire du Hezbollah), Assaad Hardane (PSNS) et le général (Michel) Aoun », a lancé hier le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, lors d’une conférence de presse à Meerab.
M. Geagea s’est employé lors de cette conférence de presse à réfuter point par point les fondements qui plaident en faveur de la participation du 14 Mars au dialogue, sous l’égide du président de la République, Michel Sleiman.
Mais le chef des FL a estimé qu’il était nécessaire, en dépit des désaccords, de maintenir un canal ouvert avec la partie adverse, préconisant un dialogue indirect par le biais de discussions bilatérales que mènerait le chef de l’État avec les divers protagonistes.
Qualifiant cette table de dialogue de « faux » et de « couverture pour d’autres actions », il a dit : « Aujourd’hui, il faudrait coller au 8 Mars l’étiquette “j’aime le dialogue”, mais en réalité c’est lui qui avait torpillé le dialogue en 2010. À l’époque, ils avaient décidé de renverser le gouvernement de Saad Hariri et de boycotter le dialogue en raison du dossier dit des faux témoins. » Je vous le demande aujourd’hui : qu’est-il donc arrivé de ce dossier ? Voilà très exactement un an et demi que le gouvernement actuel a été mis en place. Pourquoi le dossier des faux témoins a-t-il été oublié ?
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Rebondissant sur une déclaration donnée par le chef du CPL, le général Aoun, le 5 avril 2003, dans laquelle ce dernier affirmait qu’il ne pouvait dialoguer avec le Hezbollah tant que ce dernier portera le fusil, M. Geagea a lancé à l’adresse du général : « Si vous souhaitez changer de position et aller de l’autre côté, vous êtes libre de le faire, mais ne venez pas nous reprocher à nous de maintenir notre position sur cette question. ».
Établissant un parallèle de calendrier entre la tenue des séances du dialogue national depuis 2006 jusqu’à ce jour et les attentats politiques réussis ou manqués, le chef des FL en a conclu que « la poursuite du dialogue à l’ombre des assassinats est le comble de la bêtise ».
En outre, se fondant sur les ordres du jour des séances du dialogue national, établis d’abord par le président de la Chambre, Nabih Berry, puis à partir de 2008 par le chef de l’État, M. Geagea a dit : « Grands et petits, hommes et femmes, tout le monde sait que le dialogue porte essentiellement sur la question des armes du Hezbollah. Tout le monde sauf le Hezbollah ». Et le chef des FL de ressortir une dizaine de déclarations publiques du secrétaire général du Hezb, Hassan Nasrallah, et d’autres responsables du parti, excluant la question des armes de la table de dialogue.
« Donc ceux qui appellent au dialogue ont l’intention de parler des armes et ceux qui ont les armes ont d’autres intentions. Sayyed Hassan Nasrallah voudrait discuter d’Assemblée constituante. Ainsi, nous avons souffert pendant quinze ans de guerre pour arriver à l’accord de Taëf et maintenant, il faut tout recommencer de zéro », a-t-il relevé, affirmant encore que « c’est vouloir se moquer de soi-même que de s’asseoir à cette table de dialogue qui est en réalité une table d’escroquerie et de parasitage. »
« Au président Sleiman, je dis qu’il ne pourra rien faire avec ces gens-là », a-t-il poursuivi. Évoquant la Déclaration de Baabda, adoptée lors de la dernière série de séances de dialogue, tenues au printemps dernier en l’absence des FL, M. Geagea a ajouté : « Nous soutenons cette déclaration qui prône la neutralité du Liban dans la politique des axes régionaux, malgré le fait que nous (les FL) n’étions pas présents au moment où elle a été avalisée. Mais le général Aoun (qui était présent) a déclaré ultérieurement qu’il ne savait pas ce qu’était la Déclaration de Baabda et a nié avoir avalisé quoi que ce soit. »
Demandant au chef de l’État et aux services de sécurité de s’atteler à la tâche consistant à « stopper la machine à tuer avant toute autre chose », il s’est d’autre part élevé contre les tentatives visant à obtenir un consensus préalable sur le changement gouvernemental.
« L’hérésie du dialogue en vue de discuter de la question gouvernementale est une peau de banane lancée par le camp adverse. Hélas, certains ont glissé sur cette peau de banane. Il y a une seule façon pour former un gouvernement. Cela passe par le recours aux cadres constitutionnels qui prévoient la démission du gouvernement puis le déroulement de consultations parlementaires », a-t-il souligné.
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