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À La Une - Décalé

Feuilleton de l'UMP : entre effervescence, audience, humour et gros ras-le-bol

"Je suis journaliste, je suis fatigué comme tout le monde et j'en ai marre de commenter des inepties!"

Une parodie, diffusée sur Twitter, de la crise qui sévit à l'UMP.

Au dixième jour de la crise de l'UMP, Jean-François Copé, dont l'élection à la présidence du grand parti de la droite française reste contestée par son rival François Fillon, a estimé mardi que l'heure n'était pas à organiser un nouveau scrutin. "L'heure n'est pas, dans la passion du moment, dans l'amertume, le regret, à dire : il faut revoter tout de suite. Non !", a déclaré M. Copé sur France Info.

 

Selon plusieurs sources concordantes, Nicolas Sarkozy, qui a déjeuné avec François Fillon lundi et téléphoné à Jean-François Copé, estime qu'il serait préférable de revoter pour mettre fin au conflit qui déchire le premier parti d'opposition du conflit depuis plus d'une semaine maintenant. "Ce sont des propos qu'on lui prête, moi personnellement, je ne l'ai pas entendu le dire", a assuré M. Copé.

Nicolas Sarkozy a également déconseillé à l'ancien Premier ministre de saisir la justice pour contester les résultats controversés qui ont donné la victoire à Jean-François Copé.

Affaire à suivre donc.

 

En attendant le dénouement de la crise, le feuilleton de la présidence de l'UMP, porté par les invectives des uns, les ripostes des autres, et les annonces en direct, booste les chaînes d'information et nourrit les commentaires sur la toile.

 

"On a des audiences qui sont très fortes avec des pics à près de 1 million de téléspectateurs dimanche soir et lundi soir. 12,5 millions de téléspectateurs ont regardé BFM TV dimanche en cumulé sur la journée, et 12 millions lundi contre en moyenne 10 millions", se réjouissait, le 23 novembre dernier, Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFM TV. "C'est un événement politique majeur et c'est un feuilleton qui convient parfaitement au format des chaînes d'information en continu : étalement dans le temps, rebondissements permanents, déclarations surprises", ajoutait-il.

 

 

Le logo de l'UMP détourné.

 

 

"Il y a un réel appétit des téléspectateurs. A chaque nouvel épisode, les courbes (indicateurs d'audience) s'envolent", confirmait Céline Pigalle, directrice de la rédaction d'i-télé. "Avec internet, twitter, les réseaux sociaux, tout ça s'autoalimente et s'accélère. Les politiques l'ont bien compris et ils s'en servent pour occuper le terrain. Mais parfois ils perdent le contrôle", poursuivait-elle.

 

Dans l'urgence, "ils sont moins langue de bois mais c'est plus irrationnel et le lecteur ne comprend plus. On finit par s'interroger sur la stratégie politique", commentait, de son côté, Marie-Eve Malouine chef du service politique à France-Info.

 

Pour Eric Revel, directeur général de LCI, "il y a une surenchère pour ne pas donner l'impression qu'on laisse l'autre avoir le dernier mot. Dans cette crise, le mode de consommation induit par les chaînes d'info a accéléré et peut-être accentué la dramatisation du phénomène, sans le vouloir".

 

Conférences de presse en direct, tweets de François Fillon ou de Jean-François Copé eux-mêmes juste avant, ripostes par lieutenants interposés 24/24... Le feuilleton UMP "atteint l'écoeurement", estime, pour sa part, Jean Véronis, universitaire et spécialiste du langage. Et de rappeler l'exemple jeudi de l'éditorialiste de BFM TV Olivier Mazerolle qui a confessé en direct son ras-le-bol.

 

"Je suis journaliste, je suis fatigué comme tout le monde et j'en ai marre de commenter des inepties!", a-t-il lancé au milieu des rires gênés des autres présentateurs et éditorialistes. "La politique française à la petite semaine, ça suffit!", a encore lancé le journaliste.

Alain Juppé "propose une autre voie de sortie. Ils l'acceptent ou ils l'acceptent pas! S'ils n'acceptent pas que Jean-François Copé préside une UMP divisée, pourrie qui ne fonctionnera pas et puis voilà! Franchement, y'en a marre, là!", a-t-il ajouté.

 

 

Le coup de gueule de l'éditorialiste Olivier Mazerolle.

 

 

Les rebondissements UMP font aussi la joie des réseaux sociaux et des blogs. "La dérision et l'ironie atteignent des sommets rarement égalés depuis le tweet de Valérie Trierweiler", la compagne de François Hollande, ajoute M. Véronis.

 

"En fait les mayas se sont trompés, en 2012 c'est juste la fin de l'UMP", "Fillon après la jambe cassée, les calculs rénaux, ce qui nous arrangerait c'est qu'il soit aphone quelques temps", "Si t'es fier d'être UMP frappe dans tes mains... Silence de mort", pouvait-on lire parmi les tweets vendredi dernier.

 

 

"Après les couacs, le Copé, la cocoe, voilà le concours de quéquettes", "des cartes de l'UMP en vente sur leboncoin.fr", "une pensée pour Coluche qui rate tout cela", "la garde alternée, c'est prévu dans les statuts ?", s'amusent d'autres twittos, tandis que les vidéos et parodies fleurissent sur YouTube.

 

 

"Un signe de bonne santé de la démocratie", commente M. Véronis, qui rappelle que "dans la Grèce Antique, le public manifestait son mécontentement en crachant des noyaux d'olives sur les orateurs".

 

Ce qui frappe ce spécialiste c'est "la désorganisation de l'UMP incapable d'ajuster une stratégie de communication". "C'est la première fois que le langage se fait en direct. Avant, la stratégie se faisait à huis clos et ensuite on allait à la télévision. Là tout le monde intervient en direct, tout le temps".

 

D'où le léger embarras de certains :

 

 

Au dixième jour de la crise de l'UMP, Jean-François Copé, dont l'élection à la présidence du grand parti de la droite française reste contestée par son rival François Fillon, a estimé mardi que l'heure n'était pas à organiser un nouveau scrutin. "L'heure n'est pas, dans la passion du moment, dans l'amertume, le regret, à dire : il faut revoter tout de suite. Non !", a déclaré M. Copé sur France Info.
 
Selon plusieurs sources concordantes, Nicolas Sarkozy, qui a déjeuné avec François Fillon lundi et téléphoné à Jean-François Copé, estime qu'il serait préférable de revoter pour mettre fin au conflit qui déchire le premier parti d'opposition du conflit depuis plus d'une semaine maintenant. "Ce sont des propos qu'on lui prête, moi personnellement, je ne l'ai pas entendu le dire", a assuré M. Copé.
Nicolas...
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