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À La Une - France

Affaire Bettencourt : Nicolas Sarkozy convoqué jeudi, le début d'une série ?

L'association anti-corruption Anticor a déposé une plainte pour détournement de fonds publics contre l'ancien président.

L'ancien président français Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à Paris en Mars 2012. AFP / LIONEL BONAVENTURE

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy est convoqué jeudi aux fins d'une mise en examen pour "abus de faiblesse" par le juge d'instruction bordelais Jean-Michel Gentil, rendez-vous qui pourrait être le début de plusieurs ennuis judiciaires.

 

Parallèlement, une enquête préliminaire sur les sondages commandés par l’Élysée de 2007 à 2012, pendant sa présidence, avait été ouverte, à la suite d'une plainte déposée par l'association anti-corruption Anticor, a-t-on appris mardi.

Deux autres enquêtes sur de possibles financements occultes de campagne électorale, la sienne en 2007 et celle d’Édouard Balladur en 1995, pourraient également le menacer.

 

Il n'est pas certain que M. Sarkozy sortira de son audition à Bordeaux comme mis en examen, selon des sources concordantes interrogées par l'AFP. Il pourrait être placé sous le statut de "témoin assisté" d'un avocat, beaucoup moins lourd.


Dans l'affaire Bettencourt, M. Gentil et ses deux collègues veulent déterminer si l'argent de Liliane Bettencourt, âgée de 90 ans et qui était déjà affaiblie psychologiquement depuis septembre 2006, a pu servir dans des proportions dépassant largement les seuils légaux autorisés, et sans que l'héritière de L'Oréal ait donné un consentement éclairé, au financement de la campagne de M. Sarkozy en 2007.

 

L'hypothèse avait été soulevée par l'ex-comptable des Bettencourt Claire Thibout, qui avait déclaré à la police en juillet 2010 s'être vu réclamer 150.000 euros en liquide par l'ancien homme de confiance des Bettencourt, Patrice de Maistre, début 2007, celui-ci lui assurant vouloir les donner à Éric Woerth, alors trésorier de campagne de Nicolas Sarkozy.

M. de Maistre, à titre personnel membre du "Premier Cercle" des grands donateurs de l'UMP, était proche de M. Woerth et a rencontré M. Sarkozy, notamment à l’Élysée. Il a fait revenir en sept fois quatre millions d'euros en liquide depuis un compte suisse de Mme Bettencourt de 2007 à 2009, et a toujours affirmé avoir donné l'argent à Mme ou M. Bettencourt, mais cela n'a jamais pu être démontré.

 

Les magistrats, qui avaient saisi le 3 juillet les agendas de M. Sarkozy, ont également relevé des coïncidences de dates entre des moments-clés de l'affaire Bettencourt et ses rendez-vous, notamment avec l'ancien procureur de Nanterre Philippe Courroye, en charge du dossier jusqu'à novembre 2010.

 

Par ailleurs, l'enquête préliminaire sur les sondages commandés par l’Élysée, confiée par le Parquet de Paris à la Brigade de répression de la délinquance économique, vise à déterminer si des irrégularités ont pu entacher ces commandes à plusieurs sociétés, dont Publifact, d'un ex-conseiller du président, Patrick Buisson.

La plainte ayant abouti à l'ouverture de cette enquête, évoque de possibles détournements de fonds publics, et s'appuie sur des documents (factures, conventions, contrats) recueillis par le militant écologiste Raymond Avrillier, pour viser d'autres contrats.

 

Dans sa plainte, Anticor estime qu'il est "avéré à la lecture des sondages effectués que certains relèvent de l'intérêt privé ou partisan de M. Nicolas Sarkozy et ont donc été réalisés à des fins étrangères à sa fonction. Ces faits constituent le délit de détournement de fonds publics".

 

Le nom de Nicolas Sarkozy a aussi été évoqué dans le cadre de l'enquête sur l'"affaire Karachi", concernant un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995, par le biais de rétrocommissions présumées, dans le cadre de contrats d'armement.

M. Sarkozy était en 1995 ministre du Budget et porte-parole de campagne de M. Balladur. "Il y a beaucoup d'investigations à réaliser avant son éventuelle audition", a cependant estimé récemment un avocat impliqué dans le dossier, sous couvert d'anonymat.

 

Le financement de la campagne de 2007, côté libyen cette fois, était enfin au cœur d'une controverse entre les deux tours de la présidentielle de 2012, avec la publication d'un document attribué à un ex-homme de confiance du colonel Kadhafi, faisant état d'un "accord de principe" conclu en 2006 avec Tripoli pour apporter 50 millions d'euros à la campagne du candidat Sarkozy.

Nicolas Sarkozy a parlé d'"infamie" et porté plainte pour "faux" et "publication de fausses nouvelles" contre Mediapart, qui a diffusé cette information. Le site d'information a riposté avec une plainte en dénonciation calomnieuse. Aucune enquête judiciaire n'est en cours sur le fond de ce dossier.

Pour mémoire :
Nicolas Sarkozy en première ligne dans l’affaire Bettencourt

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy est convoqué jeudi aux fins d'une mise en examen pour "abus de faiblesse" par le juge d'instruction bordelais Jean-Michel Gentil, rendez-vous qui pourrait être le début de plusieurs ennuis judiciaires.
 
Parallèlement, une enquête préliminaire sur les sondages commandés par l’Élysée de 2007 à 2012, pendant sa présidence, avait été ouverte, à la suite d'une plainte déposée par l'association anti-corruption Anticor, a-t-on appris mardi.
Deux autres enquêtes sur de possibles financements occultes de campagne électorale, la sienne en 2007 et celle d’Édouard Balladur en 1995, pourraient également le menacer.
 
Il n'est pas certain que M. Sarkozy sortira de son audition à Bordeaux comme mis en examen, selon des sources concordantes interrogées par l'AFP. Il...
commentaires (2)

Bien fait pour ce Petit jakouzy.

Antoine-Serge KARAMAOUN

07 h 01, le 21 novembre 2012

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Commentaires (2)

  • Bien fait pour ce Petit jakouzy.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    07 h 01, le 21 novembre 2012

  • On peut tout dire de la France, mais le seul endroit où on a envi de leur ressembler, c'est dans ce domaine, car si on pouvait traîner en justice tous les malfaisants économiques de l'ancien régime en fuite, ça nous renflouerai pas mal les caisses de l'état.

    Jaber Kamel

    04 h 43, le 21 novembre 2012

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