Théo Angelopoulos est né à Athènes le 27 avril 1935. Ses débuts de réalisateur se confondent avec l’instauration de la dictature dite des colonels entamée par un coup d’État en avril 1967. Celle-ci va plonger le pays dans un brouillard politique jusqu’en 1974. Son premier long-métrage, La Reconstitution (1970), est une critique indirecte des institutions en place. Dès lors, l’engagement politique du cinéaste se fera de plus en plus visible.
Ainsi, l’ensemble de son œuvre évoque le déracinement, les crimes d’État, l’absence de liberté... Angelopoulos définissait lui-même son style comme une « esthétique du non-dit ». En effet, chez lui, l’horreur se situait toujours hors champ comme pour mieux la mettre à distance et réfléchir déjà à l’après.
En 1961, six ans avant que ne s’installe en Grèce la dictature dite des colonels, Théo Angelopoulos quitte sa terre natale pour la France. Il s’inscrit tout d’abord à la Sorbonne pour y étudier la philosophie et le cinéma. En 1962, il entre à l’IDHEC (aujourd’hui Femis) pour devenir cinéaste. Mais son indépendance d’esprit et son anticonformisme s’accordent mal avec la maison qui le met à la porte illico. De retour en Grèce, il devient un critique influent de cinéma.
En 1980, c’est enfin la reconnaissance. Son cinquième long-métrage, Alexandre le Grand, l’histoire d’un bandit dans la Grèce du début du XXe siècle, est récompensé par la presse à la Mostra de Venise. Son Voyage à Cythère est célébré par cette même presse au Festival de Cannes en 1984. Il obtient en 1988 le Lion d’argent à Venise pour Paysage dans le brouillard, puis le Grand Prix au Festival de Cannes pour Le Regard d’Ulysse en 1995. Enfin, c’est la consécration avec la Palme d’or pour L’Éternité et un jour, film fleuve sur la fin d’un homme et plus sûrement d’un monde.
Programme
Jeudi 15 novembre : L’Éternité et un jour ( 1998, 133 mn). Avec Bruno Ganz et Isabelle Renauld. Un écrivain, devant rentrer à l’hôpital, raconte la fin d’une vie mais aussi la fin d’un monde.
Vendredi 16 novembre : Le Regard d’Ulysse (1995, 175 mn). Avec Harvey Keitel. Un cinéaste grec, exilé aux États-Unis, traverse les Balkans à la recherche des bobines mythiques d’un film datant des premières années du septième art.
Samedi 17 novembre : Eleni : La Terre qui pleure (167 mn, 2004). Avec Alexandra Aidini et Nikos Poursanidis. Premier opus d’une trilogie épique dont le personnage principal est une femme. Enfant, adolescente, épouse, mère et femme isolée, elle va connaître le sort des réfugiés, affronter la mort, l’exil mais aussi l’amour et la passion tragique. Son nom Eleni (Hélène) est tout un symbole. L’histoire se déroule entre les années 1919 et 1949, et suit le destin des réfugiés tel qu’il a été décrit par les gens qui ont « vécu les peines et les épreuves de l’Hellénisme et l’histoire du XXe siècle ».
Dimanche 18 novembre : Le Pas suspendu de la cicogne (1991, 138 mn). Avec Jeanne Moreau. Alexandre, jeune reporter, est envoyé en mission près de la frontière grecque. Parmi les réfugiés qui ont traversé la frontière clandestinement, il croit reconnaître une personnalité politique grecque disparue quelques années auparavant.
Pierre Murat, critique de cinéma, relève trois détails importants qui résument l’œuvre du cinéaste. Tous les héros de Théo Angelopoulos se prénomment Alexandre. Tous entreprennent une quête. Ils vont quelque part, à la recherche de... « La première chose que Dieu ait inventée a été le voyage », dit un personnage dans Le Regard d’Ulysse. Également un autre détail relevé par le cinéaste lui-même : dans aucun de ses films il n’y a le mot fin. Les films de Théo Angelopoulos ne sont-ils pas un appel vers un ailleurs ?
Entrée libre, sauf pour le soir de l’ouverture sur invitation. Séances à 19h30.
Pour les réservations, appeler le 01/204080.


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