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Économie - Liban - Social

La bataille grille des salaires vs stabilité économique se poursuit

Une livre libanaise fortement menacée, une inflation galopante, une baisse du pouvoir d’achat... Autant d’arguments qu’avancent aujourd’hui les organismes économiques mais aussi la commission parlementaire de l’Économie pour mettre en garde contre la version actuelle de la grille des salaires.

Kassar : La grille des salaires va entraîner une aggravation du déficit public qui va passer de 4 à 6 milliards de dollars et une inflation de plus de 10 %.

Le président des organismes économiques, Adnane Kassar, a remis hier aux deux ministres des Finances, Mohammad Safadi, et de l’Économie et du Commerce, Nicolas Nahas, ainsi qu’au président de la commission parlementaire de l’Économie nationale, du Commerce, de l’Industrie et de la Planification, Nabil de Freige, deux mémorandums. Le premier concerne les « répercussions de la grille des salaires des fonctionnaires sur l’économie libanaise » et le second porte sur « l’impact des nouvelles taxes pour financer la grille ».
Ces deux mémorandums résument le point de vue des organismes économiques qui « refusent catégoriquement le projet de loi de la nouvelle grille qui doit être incluse dans le budget 2013 ». « Ses conséquences sont dangereuses pour l’économie nationale et les citoyens, en ces temps de crise et d’instabilité politique interne et régionale », a indiqué M. Kassar. Selon lui, cette grille va « perturber la production et la productivité, et conduire au suicide de l’économie ». « Elle va entraîner une aggravation du déficit public qui va passer de 4 à 6 milliards de dollars et une inflation de plus de 10 %, sans compter la hausse des dépenses de scolarité des familles de plus de 30 % à cause des nouvelles taxes », a souligné M. Kassar.
Le président des organismes économiques a cependant assuré que cette prise de position n’est pas dirigée contre le gouvernement, « mais vise à défendre l’intérêt général du pays et principalement les premiers bénéficiaires de cette grille, afin que leurs acquis ne soient pas vains ».
D’autre part, faisant allusion au sommet spirituel qui s’est tenu à Bkerké il y a quelques jours, M. Kassar a précisé que les avis concernant le volet économique étaient « justes et sonnent comme un dernier avertissement que le gouvernement doit saisir s’il ne veut pas conduire le pays dans des situations similaires à celles de la Grèce, de l’Italie ou de l’Espagne ».
Enfin, M. Kassar a assuré que les organismes économiques ne resteraient pas les bras croisés. « Nous allons lancer une campagne massive pour atteindre l’opinion publique et lui faire part des dangers qui guettent si la grille est approuvée », a-t-il affirmé.

La commission de l’Économie appelle au réexamen de la grille
Au terme de cette rencontre avec les ministres Nahas et Safadi et les organismes économiques, le président de la commission parlementaire de l’Économie, Nabil de Freige, a lancé un appel sans équivoque au gouvernement. « Une nouvelle étude de la grille des salaires est nécessaire, surtout en ce qui concerne le plan prévu pour son financement », a-t-il indiqué à L’Orient-Le Jour. « Augmenter les salaires, en taxant davantage la population et en mettant en péril la stabilité monétaire aura les effets inverses que ceux escomptés, a-t-il déclaré. Le pouvoir d’achat et le niveau de vie ne vont pas forcément augmenter, et si la confiance en la livre disparaît, le pays va droit vers la faillite », a mis en garde M. de Freige. Selon lui, il est absurde aujourd’hui, alors que tous les pays en crise exercent des coupes radicales dans leurs dépenses, de creuser encore davantage le déficit de la dette publique au Liban.
« Notre objectif n’est pas de défendre les intérêts des organismes économiques, mais de lancer un débat raisonné, basé sur des études scientifiques et non sur des considérations politiques, a affirmé M. de Freige. C’est pourquoi nous demandons avec beaucoup d’instance au gouvernement de ne pas se décharger des dossiers épineux, comme celui de la loi électorale ou du budget, en transférant leurs responsabilités au Parlement, avant d’avoir sérieusement étudié leurs effets et d’avoir trouvé des solutions », a-t-il ajouté. Selon lui, un tel comportement serait dangereux pour l’avenir du pays, car nous sommes aujourd’hui en période électorale et certains députés, qui ont finalement pour objectif d’être réélus, ne s’opposeront pas à un projet de loi populaire auprès d’une grande partie de la population.
Enfin, M. de Freige a confié que les réunions de la commission restent ouvertes et qu’une rencontre avec les syndicats est prévue dans quelques jours, « afin d’avoir l’avis de tous les partis concernant la question ».

 

 

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Le président des organismes économiques, Adnane Kassar, a remis hier aux deux ministres des Finances, Mohammad Safadi, et de l’Économie et du Commerce, Nicolas Nahas, ainsi qu’au président de la commission parlementaire de l’Économie nationale, du Commerce, de l’Industrie et de la Planification, Nabil de Freige, deux mémorandums. Le premier concerne les « répercussions de la grille des salaires des fonctionnaires sur l’économie libanaise » et le second porte sur « l’impact des nouvelles taxes pour financer la grille ».Ces deux mémorandums résument le point de vue des organismes économiques qui « refusent catégoriquement le projet de loi de la nouvelle grille qui doit être incluse dans le budget 2013 ». « Ses conséquences sont dangereuses pour l’économie nationale et les citoyens, en ces temps de...
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