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La nouvelle Syrie, "un pays civilisé, démocratique, pluraliste et neutre", promet le CNS

Révolte

Nouvelles manifestations sous le slogan "les bien-aimés du Prophète en Syrie sont massacrés" ; combats acharnés à Alep

OLJ/AFP
21/09/2012

Un futur gouvernement dirigé par le Conseil national syrien (CNS) sera "équidistant de toutes les religions", a assuré vendredi à Rome son président Abdel Basset Sayda.

M. Sayda, qui s'exprimait après un entretien avec le chef de la diplomatie italienne Giulio Terzi, a déclaré lors d'un point de presse que la nouvelle Syrie serait "un pays civilisé, démocratique et pluraliste qui sera neutre en termes d'identité ethnique et religieuse".

 

Le conflit en Syrie a atteint "un point d'extrême gravité", susceptible de provoquer "une situation catastrophique et davantage d'extrémisme y compris dans les pays voisins", s'est inquiété Abdel Basset Sayda, un Kurde indépendant.

 

Le gouvernement italien a de son côté oeuvré dans une série de négociations à l'intérieur et à l'extérieur de la Syrie à créer davantage d'unité entre les factions très divisées de l'opposition syrienne.

M. Terzi a indiqué avoir trouvé "la confirmation de la forte conviction que le CNS cherche à inclure" un maximum d'autres groupements. Il a relevé que le CNS était en train de conclure des accords avec les minorités kurde, alaouite et chrétiennes.

 

Selon le ministre italien, la visite du pape Benoît XVI au Liban le week-end dernier a été "interprétée en Syrie comme un signe de confiance dans la participation des minorités chrétiennes au processus de transformation".

 

(Lire aussi : A Beyrouth, le pape appelle à la paix en Syrie)

 

 

Combats à Alep

Sur le terrain, l'armée syrienne, appuyée par des chars et des hélicoptères, a livré combat aux rebelles près de ses bases à Alep, dans le nord du pays. 

Dans cette ville théâtre d'une bataille cruciale depuis deux mois, des combats ont eu lieu autour de la caserne de Hanano, sous la mitraille des hélicoptères de l'armée, et dans de nombreux quartiers de la ville, accompagnés d'intenses bombardements, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

 

Dans le marché autrefois bondé de la Vieille ville, les magasins avaient tous leurs rideaux baissés alors que des rebelles étaient positionnés aux croisements des ruelles survolées par des hélicoptères, a constaté l'AFP.
Dans la région, des combats ont eu lieu dans le secteur de l'aéroport militaire de Managh, a ajouté l'OSDH qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de témoins.


A Damas, l'agence officielle Sana a annoncé la découverte de 25 corps ensevelis dans une fosse commune à Qadam, l'un des quartiers du sud déclarés "sinistrés" par l'opposition après deux mois de violents combats. Sana a accusé les "groupes terroristes", terme utilisé par le régime pour évoquer les rebelles.
Sept corps ont été également découverts dans le quartier voisin de Hajar al-Aswad, repris mercredi par les forces du régime après des combats intenses, selon l'OSDH.


Dans le reste du pays, l'armée a continué à bombarder des quartiers rebelles à Homs (centre), dévastée par les violences, qu'à Deir Ezzor (est), selon la même source.
En outre, trois membres du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), un groupe de l'opposition basé en Syrie, ont été enlevés jeudi près de Damas, sur la route de l'aéroport, où l'un d'eux venait de rentrer de Chine, selon ce groupe et l'OSDH.
Selon un bilan provisoire de l'OSDH, 88 personnes, dont 49 civils, ont péri vendredi à travers le pays, au lendemain d'une journée particulièrement meurtrière avec 225 morts, en majorité des civils.

 

Un quartier entièrement détruit dans la Vielle ville d'Alep.

MIGUEL MEDINA/AFP


 

"Les bien-aimés du prophète sont massacrés en Syrie"

Malgré les violences meurtrières, de nouvelles manifestations pour réclamer le départ du président Bachar el-Assad ont eu lieu à Idleb (nord-ouest), Alep, Damas, Hama (centre) et dans la région de Deraa (sud), à la sortie des mosquées après la prière hebdomadaire de midi.
Les militants anti-régime, qui appellent à descendre dans les rues chaque vendredi depuis le début du conflit il y a 18 mois, avaient placé cette journée sous le slogan "les bien-aimés du Prophète en Syrie sont massacrés", alors que le monde musulman étant secoué par des manifestations contre un film dénigrant l'islam et des caricatures du prophète.

 

(Lire aussi : Film islamopobe : manifestations mais peu de violences dans plusieurs pays musulmans)

 

 

Assad critique Ankara, Riyad et Doha

Aucune issue au conflit, qui a déjà fait 29.000 morts selon l'OSDH, n'est en vue en raison de la détermination des belligérants et des divisions au sein de la communauté internationale.

 

Dans une interview à l'hebdomadaire égyptien Al-Ahram al-Arabi à paraître vendredi, M. Assad a répété que ses forces l'emporteraient face "aux terroristes" armés et aidés selon lui par Riyad, Doha et Ankara.

L'Arabie saoudite et le Qatar "ont vu soudain de l'argent entre leurs mains après une longue période de pauvreté et ils croient qu'avec, ils peuvent acheter l'Histoire et un rôle régional", a-t-il dénoncé, tout en accusant la Turquie de rêver à un "nouvel empire ottoman".

 

 

L'appel de Biden à l'Irak

A l'étranger, le vice-président américain Joe Biden, dont le pays réclame le départ du président Assad, a demandé à l'Irak d'empêcher tout Etat "de profiter du territoire ou de l'espace aérien irakien pour envoyer des armes en Syrie", selon la Maison Blanche.


M. Biden n'a pas précisé à quel pays il faisait allusion mais début septembre, les Etats-Unis avaient demandé à Bagdad de faire atterrir et de fouiller les avions iraniens survolant l'Irak à destination de la Syrie.
L'Irak a annoncé vendredi avoir interdit à un avion nord-coréen de survoler son territoire pour se rendre en Syrie, assurant craindre que l'appareil ne transporte des armes.


Face à une situation humanitaire qui s'aggrave, le Programme alimentaire mondial de l'ONU a demandé un meilleur accès aux régions les plus touchées, les besoins en nourriture, médicaments et abris augmentant du fait de l'escalade de la violence. L'objectif est d'aider 1,5 million de personnes ce mois-ci.

 

Le conflit a conduit quelque 250.000 personnes à fuir la Syrie et à trouver refuge dans les pays voisins -Turquie, Liban, Jordanie, Irak-, tandis que deux millions ont été déplacées à l'intérieur du pays, selon l'ONU.

 

Reportage :

À l’école de la rébellion syrienne

 

Eclairage :

Zone frontalière avec la Turquie : des gains cruciaux pour l’ASL

 

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Antoine-Serge KARAMAOUN

Bien dit et Bravo, le CNS ! Aussitôt, et on espère de manière concomitante, viendra le tour de ce pays Ici !

SAKR LEBNAN

Piano ! Piano ! on distribue la peau de l'ours avant même la chasse... PLURALISTE, OUI ! Démocratique, PEUT-ÊTRE ! Neutre, ON NE SAIT PAS ! CIVILISÉ, À VOIR et À LE DÉMONTRER ! Rien ne sert de courir... il faut attendre pour voir...

Ali Farhat

Bon, ben le titre a encore changé! Mon commentaire ressemble maintenant à un kangourou qui se balade (ychemm el hawa) dans l'arctique un jour de Janvier.

Daniel Lange

LOOOOOOOL

Antoine-Serge KARAMAOUN

Au moins après la liquidation de cet "assadiot bassdiot", on verra un Golan Résistant enfin !

Ali Farhat

Ce serait à mourir de rire si la situation en Syrie n'était pas aussi, tant et autant dramatique pour les pauvres gens trompés par des fanatiques semeurs de terreur au financement obscure des obscurantistes désertiquement riche du sous-sol ou plutôt du sous-sable.

M.V.

S'ils étaient pas les bien- aimés, qu'est ce que cela serait alors ...?

Antoine-Serge KARAMAOUN

Et dire que toutes ces armes "baassyriennes" devaient, en principe mahééék, être pointées sur le Golan !

GEDEON Christian

Mauvaise affiche...l'armée syrienne n'a pas de Bell Huey,hélicoptère en arrière -plan...sûrement un turc...

Antoine-Serge KARAMAOUN

Ces Saints Syriens Sains vont essuyer le Sol Syrien Saint avec cet "assadiot assadique et baassdiot".

Jaber Kamel

Encore un pare feu à charlie hebdo et le film raciste des racistes.

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