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À La Une - Reportage

Sur la route Jounieh-Harissa, les fidèles, frustrés mais ravis, ont à peine entrevu le visage papal

Près de 200 personnes ont attendu au pied de la route de Harissa pour accueillir le souverain pontife.

Treize heures, plusieurs groupes de fidèles se réunissent en bas de la route de Harissa et attendent de pied ferme l’arrivée du pape. L’ambiance est calme et bon enfant. Des personnes de tout âge sont présentes, la plupart sont venues en famille. Peu de curieux, la grande majorité se compose de fervents chrétiens.
La foule se regroupe sous un grand chapiteau installé pour l’occasion. Dessiné dessus, un cèdre côtoie une croix et une colombe tenant dans son bec une branche d’olivier. Des charbons ont été déposés dans des soucoupes pour l’encens. Alors que des chants religieux passent en boucle, quelques enfants et adultes s’essayent à l’interview pour les télévisions libanaises.


Quand on les interroge sur ce que représente la venue du pape au Liban, les personnes présentes sont unanimes : il s’agit là d’une occasion attendue pour délivrer « un message de paix et de rencontre ». La visite s’apparente à une trêve dans une période trouble et incertaine. Certains y voient davantage un soutien moral et religieux. C’est le cas d’un groupe d’adolescents, tous appartenant aux Scouts du Liban de la section de Jounieh. « Les chrétiens du Liban ne sont pas seuls », clame l’un d’entre eux. Ils attendent du pape un message fort contre l’exode des chrétiens des pays voisins. D’autres, au contraire, espèrent que la visite du pape aura une connotation politique alors que les révolutions et le printemps arabe foulent désormais la frontière libanaise.


Un convoi de policiers passe alors en trombe , alors que des hélicoptères militaires survolent Jounieh, annonçant ainsi l’arrivée imminente de Benoît XVI. La foule grossit peu à peu et commence à s’agiter. Des ballons jaunes et blancs sont lâchés et s’envolent vers Harissa. C’est à ce moment-là que des voitures officielles déboulent à toute allure. Des pétales de fleurs sont lancés tandis que les soucoupes de charbon sont abreuvées d’encens. Alors que la foule l’attendait dans sa papamobile, le souverain pontife est passé dans une des voitures blindées du convoi qui roule à toute vitesse. Les gens ont à peine le temps de l’entrevoir. Le convoi emprunte vite la route sinueuse qui mène à la nonciature. La foule commence à se disperser. Déçus de ne l’avoir qu’entraperçu, voire manqué, mais ravis d’avoir vécu ce moment historique, certains espèrent compenser leur frustration aujourd’hui en essayent de l’entrevoir à nouveau.


Un peu en retrait de l’événement, Nicolas, 21 ans, habite à côté. Il n’est pas sorti célébrer l’arrivée de Benoît XVI et n’y voit que peu d’intérêt. Pour lui, la visite n’ira pas plus loin qu’une simple « représentation ». Il estime que le message de paix que prône le pape ne peut se soustraire à la réalité : « On ne vit pas comme des frères entre chrétiens et musulmans. » « Où était-il, qu’a-il fait pour les chrétiens de Syrie et d’Irak ? » demande-t-il révolté.
La route de Harissa est maintenant vide. Seuls restent quelques militaires, là où auparavant s’étaient réunies les espérances de nombreux chrétiens.

 

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