Ces recommandations dévoilées par l’International Antiviral Society-USA, un organisme à but non lucratif, dans le cadre de la 19e Conférence internationale sur le sida, se font l’écho de conclusions en mars du département (ministère) américain de la Santé (HHS). Le ministère citait également l’amélioration des antirétroviraux et les avantages de commencer sans attendre cette thérapie, rapporte l’AFP. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a elle aussi indiqué dernièrement examiner des études montrant des avantages potentiels à prescrire plus tôt ces thérapies avant que le système immunitaire ne s’affaiblisse.
L’amélioration des traitements antirétroviraux ces deux dernières années montre que les patients dont l’infection par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) n’est pas traitée au tout début peuvent souffrir d’un ensemble de maladies, compte tenu de l’affaiblissement de leur système immunitaire, expliquent les experts de International Antiviral Society-USA, dont les recommandations sont publiées dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).
« Ces nouvelles directives sont ambitieuses », a reconnu le Dr Melanie Thompson, de l’ONG Aids Research Consortium d’Atlanta, tout en plaidant avec force pour davantage de dépistage de l’infection et de meilleurs soins pour les séropositifs.
En outre, de multiples essais cliniques prouvent que le fait de supprimer la charge virale des personnes infectées réduit considérablement le risque de transmission du VIH à un partenaire sexuel.
« Depuis que le premier antirétroviral (ARV) contre le VIH a été autorisé par l’Autorité américaine des médicaments (Food and Drug Administration, FDA) il y a 25 ans, ces traitements ont vu leur efficacité s’améliorer nettement et les effets secondaires fortement diminuer », souligne le groupe de médecins et de chercheurs de l’International Antiviral Society-USA. De plus, « la disponibilité des ARV a entraîné une diminution drastique du nombre d’infections et de décès », ajoutent-ils.
Si ces recommandations concernent tous les pays, elles visent en fait surtout les nations les plus riches capables de couvrir le coût de ces traitements. À l’heure actuelle, il est conseillé de commencer un traitement antirétroviral quand le compte des cellules immunitaires dites CD4 du séropositif tombe sous les 500 par millimètre cube de sang. Un décompte normal varie de 600 à 1 200 cellules/mm3.
Interrogée dimanche par la presse sur le fait de savoir si ces nouvelles recommandations était réalistes dans le contexte actuel de contraction budgétaire, le Dr Thompson a « rejeté l’idée qu’il n’y a pas assez d’argent pour les soins et les antirétroviraux ». « Je pense que c’est une question de volonté politique d’établir des priorités et de reconnaître que traiter le VIH est rentable... » a-t-elle insisté.


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