Des gens regardant des draps fabriqués à la mémoire des victimes du sida, une pandémie qui a fait 30 millions de morts en trente ans. Un rassemblement sur le thème « Garder la promesse » est organisé à Washington parallèlement aux travaux de la dix-neuvième conférence mondiale sur le sida.Nicholas Kamm/AFP
De nombreuses sessions se sont tenues dès dimanche matin au Palais des Congrès de Washington où les travaux de la conférence se poursuivront jusqu’au 27 juillet, rapporte l’AFP. Il est à noter que c’est la première fois depuis vingt-deux ans que ce grand colloque sur le sida, tenu tous les deux ans, a lieu aux États-Unis, qui avaient interdit en 1990 l’entrée des séropositifs. Cette mesure a été levée en 2009 par le président Barack Obama.
« Mon message aux responsables politiques partout dans le monde qui nous regardent ici est d’investir dans la science, dans la lutte contre l’épidémie, car vous sauverez des vies », a lancé la coprésidente de la conférence, le Dr Diane Havlir, professeure de médecine à l’Université de Californie à San Francisco.
« Je m’engage pour que la Banque mondiale travaille sans répit avec vous tous ici pour lutter contre le sida jusqu’à la victoire », a déclaré pour sa part le nouveau président de la Banque mondiale Jim Yong Kim.
« Ce qu’il faut maintenant, c’est la volonté politique et individuelle de s’organiser pour mettre en œuvre ce que la science nous offre », a insisté le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain des allergies et des maladies infectieuses, en première ligne dans la lutte antisida.
« La grande erreur serait que ceux qui viennent à la conférence pensent qu’à la fin de ce colloque nous aurons réglé le problème. Nous avons encore un très long chemin devant nous », a-t-il averti, estimant qu’« il n’y avait aucune excuse » pour ne pas agir.
Les chercheurs estiment que l’arsenal thérapeutique actuel permet d’envisager d’en finir avec l’épidémie, qui fait encore 1,5 million de morts chaque année.
Cet espoir a été renforcé par les récents résultats d’essais cliniques montrant que les antirétroviraux réduisent fortement le risque d’infection des personnes séronégatives ayant des relations sexuelles risquées.
Des progrès importants ont été accomplis selon les derniers chiffres de l’Onusida montrant que plus de 8 millions de personnes contaminées prenaient des antirétroviraux fin 2011 dans les pays pauvres, notamment en Afrique subsaharienne, région la plus touchée. Mais ce nombre record ne représente encore que 54 % des 15 millions de personnes infectées qui en ont besoin.
Le manque de ressources pour étendre l’accès aux antirétroviraux reste la préoccupation majeure des responsables sanitaires dans un contexte de contraintes budgétaires des pays donateurs.
La conférence de Washington doit être l’occasion d’une mobilisation plus forte, surtout des politiques, pour élargir l’accès aux traitements mais aussi pour poursuivre la recherche sur le VIH.
Selon la professeure Françoise Barré-Sinoussi, colauréate du prix Nobel de médecine 2008 pour l’identification du VIH, guérir l’infection paraît possible avec les progrès scientifiques accomplis et un nouvel élan mondial pour mobiliser talents et ressources.
Environ 35 millions de personnes – dont 97% vivent dans les pays pauvres – sont contaminées par le virus du sida.
Samedi soir, un gala avait été organisé pour honorer Bill Gates, cofondateur de Microsoft, pour son action dans la lutte antisida avec sa fondation, qui a donné plus de 2,5 milliards de dollars à diverses organisations combattant l’infection par le virus du sida (VIH). « Nous avons potentiellement les moyens de nous rapprocher de la fin du sida », avait-il alors déclaré, citant de nouvelles recherches sur un vaccin et les thérapies antirétrovirales.


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