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À La Une - Élections Législatives

Vote des émigrés libanais : le ministère des Affaires étrangères en accusation

Une ONG, World House of Lebanon, a lancé hier, avec le soutien de « L’Orient-Le Jour », une pétition en faveur de la participation des Libanais au scrutin de 2013.

Une vue de l’assistance.  Photo Sami Ayad

Il y a des absences qui ne sauraient passer inaperçues. Le 8 Mars, au grand complet, était absent hier de la conférence de presse-débat tenue par une ONG libanaise, World House of Lebanon, à l’hôtel Phoenicia, pour le lancement d’une pétition – et plus globalement d’une campagne active – en faveur d’une participation des Libanais de l’étranger aux élections législatives prévues l’an prochain.
L’Orient-Le Jour, au même titre que deux autres médias, la chaîne MTV et le Daily Star, ainsi que la Fédération des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture au Liban et une étude d’avocats, participent à cette campagne aux côtés de l’ONG.
Betty Hindi, dirigeante de World House of Lebanon, assure que les invitations avaient été adressées dans toutes les directions, sans distinction d’orientation politique. Seul de tout le 8 Mars, Nehmetallah Abinasr, député du Kesrouan et membre du bloc du Changement et de la Réforme, était présent dans la salle où se déroulait la conférence de presse. Mais il semble que sa présence était tout à fait à titre personnel, lui-même étant de longue date l’un des hérauts de la cause de l’association des émigrés à la vie politique libanaise. En revanche, l’endroit grouillait de députés et de personnalités de l’opposition, en particulier du courant du Futur.
Serait-ce un effet du hasard? La salle est baptisée Carthage, du nom de cette formidable cité antique fondée, déjà, par des émigrés de cette terre et qui finira par dépasser de loin en puissance, en richesse et en rayonnement le modèle original... Jusqu’à ce que Rome en décide autrement.

Haro sur les Affaires étrangères
Explicitement chez les uns, implicitement chez les autres, avec ou sans virulence, le ministère des Affaires étrangères en a pris pour son grade tout au long de la séance pour avoir traîné les pieds – délibérément ou pas – dans la mise en place de mécanismes concrets permettant de traduire dans la réalité le texte de loi adopté dès 2008 et prévoyant la participation des émigrés au vote.
« Pourquoi donc l’État s’obstine-t-il à priver les Libanais de la diaspora d’un droit garanti par la Constitution et les lois ? » s’est interrogée Mme Hindi en ouverture de la conférence.
« Il est vrai que le Parlement a approuvé un texte de loi avalisant la participation des Libanais non résidents aux élections de 2013. Mais où sont donc les mécanismes nécessaires à la mise en œuvre concrète de ce texte ? Y a-t-il véritablement une volonté sincère de mettre en place ces mécanismes ? » a-t-elle lancé. À ses yeux, la situation se résume aujourd’hui à la formule suivante : « Vous avez désormais le droit de voter, mais votez donc si vous le pouvez ! »
Mohammad Choucair, président de la Fédération des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture, a lui aussi trouvé sa formule : « Auparavant, il était question d’assurer le droit du Libanais émigré à voter ; aujourd’hui, il est temps de parler de son devoir de vote. »
Bien placé pour connaître le potentiel économique de la diaspora libanaise et les effets qu’il pourrait avoir au Liban, M. Choucair a souligné la nécessité d’un changement de mentalité à l’égard de l’émigré : de simple touriste, il faudrait désormais œuvrer pour faire de lui un participant dans la prise de décision à tous les niveaux, en particulier pour ce qui est de mettre au point les politiques économiques futures du Liban. « Et cela n’est possible que par la participation politique effective et par les moyens démocratiques. Je ne connais pas d’autre méthode pour parvenir à cette fin que la participation aux élections », a-t-il dit, avant de conclure sur l’idée qu’il existe des émigrés de toutes les confessions et que cette question ne devrait donc pas faire l’objet de tiraillements politiques au Liban.

Des « entraves délibérées »
À l’issue des interventions du panel animant la séance, le débat s’est ouvert aux personnes présentes. Ahmad Fatfat, député de Denniyé et représentant le chef du courant du Futur, Saad Hariri, et celui du bloc du Futur, Fouad Siniora, a accusé nommément le ministère des Affaires étrangères d’« entraver délibérément » la mise en place de mécanismes permettant à un grand nombre de Libanais de la diaspora de pouvoir participer au vote. « Il y a une décision de la part de ce ministère de faire en sorte que les émigrés ne puissent pas voter », a-t-il ajouté.
Même constat, bien que moins virulent, chez M. Abinasr, qui s’en est pris en particulier à la direction générale des émigrés au sein du ministère. « Ils sont vraiment en dessous de tout », a-t-il dit.
Joseph Maalouf, député de Zahlé et membre du bloc des Forces libanaises, a fait remarquer, quant à lui, que la présence de M. Abinasr étant à caractère personnel, cela signifie que « les composantes gouvernementales boycottent » la campagne en faveur du vote des émigrés.
Pour sa part, l’ancien ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, a lui aussi pointé du doigt le palais Bustros, sans toutefois se lancer dans des accusations politiques. « Je veux considérer que les difficultés sont d’ordre technique », a-t-il souligné, tout en relevant que le Parlement avait fait son devoir et que les solutions doivent désormais venir des Affaires étrangères.
D’autres participants ont avancé des chiffres. Walid Abboud, de la MTV, a indiqué que seulement 8 % des émigrés inscrits auprès des représentations libanaises à l’étranger ont eu jusqu’ici la possibilité de remplir les formulaires envoyés par le ministère. À en croire un représentant de l’émigration, certains consulats du Liban ont fait savoir aux demandeurs qu’ils ne peuvent traiter que trois applications par jour... « À ce compte, nous y arriverons en l’an 2100 », a-t-il ironisé.
Il y a des absences qui ne sauraient passer inaperçues. Le 8 Mars, au grand complet, était absent hier de la conférence de presse-débat tenue par une ONG libanaise, World House of Lebanon, à l’hôtel Phoenicia, pour le lancement d’une pétition – et plus globalement d’une campagne active – en faveur d’une participation des Libanais de l’étranger aux élections législatives prévues l’an prochain.L’Orient-Le Jour, au même titre que deux autres médias, la chaîne MTV et le Daily Star, ainsi que la Fédération des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture au Liban et une étude d’avocats, participent à cette campagne aux côtés de l’ONG.Betty Hindi, dirigeante de World House of Lebanon, assure que les invitations avaient été adressées dans toutes les directions, sans distinction...
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