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À La Une - Polémique

Daher : Nous sommes prêts au Akkar à aller jusqu’à la désobéissance civile

Les députés du Akkar seront reçus par le président de la République aujourd’hui pour soulever la question de la libération des militaires accusés de la mort des deux cheikhs.

Khaled Daher menace le gouvernement d’escalade. Photo Michel Hallak

Suzanne BAAKLINI

L’affaire de la mort des deux cheikhs Abdel Wahed et Merheb, tués sur un barrage de l’armée à Koueikhate dans le Akkar, continue de s’envenimer après la libération, sous caution, des officiers et des soldats accusés d’avoir ouvert le feu ce jour-là. Le député Khaled Daher a, lors d’un meeting qui a eu lieu à Bireh dans le Akkar, menacé « de recourir à tous les moyens de protestation pacifiques, jusqu’à la désobéissance civile, si l’affaire des deux cheikhs n’est pas transférée de la Cour militaire à la Cour de justice ».
À L’Orient-Le Jour, M. Daher a précisé que « les députés du Akkar seront reçus demain (aujourd’hui) par le président de la République pour discuter de cette question ». « Nous voulons que l’affaire soit transférée de la Cour militaire à la Cour de justice, a-t-il souligné. Tout le monde au Liban sait ce qu’il en est avec la Cour militaire. Il n’y a qu’à se souvenir de la mort de l’officier Samer Hanna, par exemple, dont le meurtrier a été libéré quelques mois plus tard. » Mais la Cour militaire n’est-elle pas compétente en la matière étant donné que les suspects sont des militaires ? « Mais cette affaire n’est pas banale, elle a affaire avec la paix civile, répond le député. Nous avons entendu dire que le commandant en chef de l’armée lui-même ne s’opposerait pas à un transfert du dossier. »
M. Daher s’est dit convaincu que « pas tous les militaires arrêtés ne sont coupables ». « Nous nous inclinerons face à la décision de la justice, poursuit-il. Mais jusque-là, nous emploierons tous les moyens démocratiques pour protester contre la libération des militaires. Nous irons progressivement des sit-in devant le domicile du Premier ministre Nagib Mikati jusqu’à la désobéissance civile dans les différentes localités. »

La colère des sunnites...
Khaled Daher n’était pas le seul officiel à prendre position hier contre la libération des militaires. Le député Mohammad Kabbara a lui aussi affiché une position ferme dans ce dossier. « Les Libanais sunnites sont toujours bien là, et ils sont en colère, a-t-il déclaré. Ils n’acceptent pas qu’on tue leurs enfants, et qu’on libère ceux qui ont ordonné le meurtre de leurs dignitaires religieux. » M. Daher a accusé le gouvernement « d’ourdir un complot contre l’entité et la souveraineté de la nation et du peuple ». « Notre patience a des limites et les agressions ont dépassé tout ce qui est concevable, a-t-il ajouté. Prenez conscience de cela avant qu’il ne soit trop tard. »
La revendication de transférer le dossier de l’incident à la Cour de justice a également été formulée lors d’une réunion du cercle des wakfs islamiques dans le Akkar, à laquelle étaient présents les frères de cheikh Abdel Wahed. Les participants à la réunion ont appelé l’État « à revenir sur la décision de libérer les militaires suspectés dans cette affaire ».
Le comité des ulémas islamiques n’a pas hésité à appeler les présidents de la République, du Conseil des ministres et du Parlement à « renvoyer les suspects derrière les barreaux ». À l’issue d’une réunion dans le Akkar, les ulémas ont demandé aux habitants du caza d’observer la retenue. Même son de cloche auprès du député Mouïn Merhabi, qui a conseillé aux habitants du Akkar « de ne pas donner aux fauteurs de troubles la satisfaction de réussir à semer la discorde ». Le député Nehmé Tohmé a assuré que « le problème des habitants du Akkar ne se situe pas au niveau de l’armée, mais de la politisation de la justice ».
Face à toutes ces revendications, le bloc du Changement et de la Réforme a refusé le principe de transfert du dossier de la Cour militaire à la Cour de justice. Le député Ibrahim Kanaan a insisté sur la nécessité de « respecter les règles dans les procédures judiciaires ». « Cet incident a eu lieu à un barrage de l’armée, et l’enquête a montré que les coups de feu avaient été tirés par des militaires, a-t-il poursuivi. Par conséquent, cette affaire doit rester de la compétence de la Cour militaire, loin de toute politisation et des campagnes de dénigrement. »
Suzanne BAAKLINIL’affaire de la mort des deux cheikhs Abdel Wahed et Merheb, tués sur un barrage de l’armée à Koueikhate dans le Akkar, continue de s’envenimer après la libération, sous caution, des officiers et des soldats accusés d’avoir ouvert le feu ce jour-là. Le député Khaled Daher a, lors d’un meeting qui a eu lieu à Bireh dans le Akkar, menacé « de recourir à tous les moyens de protestation pacifiques, jusqu’à la désobéissance civile, si l’affaire des deux cheikhs n’est pas transférée de la Cour militaire à la Cour de justice ». À L’Orient-Le Jour, M. Daher a précisé que « les députés du Akkar seront reçus demain (aujourd’hui) par le président de la République pour discuter de cette question ». « Nous voulons que l’affaire soit transférée de la Cour militaire à la Cour...
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