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Silence, on gave !

Les Libanais ont le chic de s’inventer régulièrement une nouvelle pomme de discorde à croquer à belles dents. Un sujet en or massif qu’on se passe et repasse dans les chaumières pour oublier la cherté qui flamboie et le niveau de vie qui merdoie...
Déjà qu’avec son pouvoir d’achat au ras du sol, le vulgum pecus local paye les prix du siècle prochain avec les revenus du siècle dernier, il vient maintenant d’apprendre qu’Istiz Nabeuh veut verrouiller le pantouflage de près de 2 500 journaliers de l’Électricité du Liban qui viendront alourdir la mauvaise graisse de l’administration publique. Il ne reste plus qu’à attendre voir d’où le grand argentier, Mohammad de la Coquille, va pomper le pognon pour financer ce nouveau trou dans sa calebasse du pauvre.
Pour les rares fois où le débat ne porte pas sur le plumage et le ramage d’un quelconque demi-dieu de la basse-cour politique, mais sur les réformes appelées à nous sortir du purin, il est toujours poilant de se repaître du spectacle du Baron de Aïn el-Tiné fondant sur tout ce qui passe à proximité de sa convoitise. Pourquoi certains n’auraient pas tout ? Y en a qui n’ont rien. C’est la loi de l’équilibre.
En tout cas, il ne manque pas d’air, le gestionnaire du patrimoine public. En voulant recaser la horde de ses poulains dans la benne à ordures de l’EDL, il est devenu champion toutes catégories des emplois fictifs : MEA, Télé-Liban, port, aéroport, ministères en tous genres... Sa devise : taper dans l’héritage du contribuable pour faire hériter le déshérité. Puis quand l’héritage est mangé, hurler à la faim et en accuser la classe politique tout entière, en dégainant à chaque fois sa soupe réchauffée de l’abolition du confessionnalisme politique.
Résultat : tous les partis, hormis celui des Homo barbudens du Hezbollah, se sont levés comme un seul Lazare pour contrer ce légataire universel de la Fonction publique. Qui à n’en pas douter finira par faire main basse sur toutes les officines déglinguées de cet État branlant.
Les investisseurs et autres bailleurs de fonds antédiluviens de Paris III doivent bien se marrer : on leur avait naguère promis des réformes structurelles, on a fini par déstructurer les promesses. Au lieu de vidanger l’administration, on gave les planqués en pompant la République.
Libanais, serrez-vous la ceinture ! Encore 50 ans à ce régime et... vous en aurez l’habitude !

 

gabynasr@lorientlejour.com

Les Libanais ont le chic de s’inventer régulièrement une nouvelle pomme de discorde à croquer à belles dents. Un sujet en or massif qu’on se passe et repasse dans les chaumières pour oublier la cherté qui flamboie et le niveau de vie qui merdoie...Déjà qu’avec son pouvoir d’achat au ras du sol, le vulgum pecus local paye les prix du siècle prochain avec les revenus du siècle dernier, il vient maintenant d’apprendre qu’Istiz Nabeuh veut verrouiller le pantouflage de près de 2 500 journaliers de l’Électricité du Liban qui viendront alourdir la mauvaise graisse de l’administration publique. Il ne reste plus qu’à attendre voir d’où le grand argentier, Mohammad de la Coquille, va pomper le pognon pour financer ce nouveau trou dans sa calebasse du pauvre.Pour les rares fois où le débat ne porte pas sur le...
commentaires (5)

Ce n'est pas difficile d'être exquis de temps en temps. Mais l'être tout sa vie comme notre chef du parlement c 'est un peu trop. Encore 50 ans à ce régime et on n 'aura certainement pas aucun héritier .. Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

10 h 04, le 06 juillet 2012

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Commentaires (5)

  • Ce n'est pas difficile d'être exquis de temps en temps. Mais l'être tout sa vie comme notre chef du parlement c 'est un peu trop. Encore 50 ans à ce régime et on n 'aura certainement pas aucun héritier .. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    10 h 04, le 06 juillet 2012

  • Mais Cher Monsieur Gaby Nasr, on va les payer avec des coquillages ! Et, s'ils sont vivants ça se mange aussi !

    SAKR LEBNAN

    09 h 10, le 06 juillet 2012

  • Excellente description du roi du malabarisme politique (j'allais dire autre chose...)

    Halim Abou Chacra

    02 h 56, le 06 juillet 2012

  • Le comble et qu'il se targuent d'etre toujours des desherites alors qu'il ne l'ont jamais ete.

    Pierre Hadjigeorgiou

    02 h 12, le 06 juillet 2012

  • bien vu ! d'ailleurs ... je me doutais que les oies grassouillettes protectrices du capitol ,se gavaient à Beyrouth avant de CD Rome à Bacchus...

    M.V.

    00 h 46, le 06 juillet 2012

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