Des dizaines de milliers de personnes sont détenues en Syrie dans un ensemble d’installations carcérales où elles sont frappées, soumises à des chocs électriques et autres mauvais traitements, accuse HRW. Photo AFP
Le Conseil national kurde syrien a en effet brièvement claqué la porte des débats en raison d’un désaccord sur la formulation du document final avant de revenir à la table des discussions, a rapporté la télévision publique égyptienne.
Un peu plus tôt, la Commission générale de la révolution syrienne (CGRS) a annoncé qu’elle se retirait des débats, refusant d’être « impliquée dans les dissensions politiques qui abandonnent le destin de notre peuple et de notre révolution (...) aux bras de fer internationaux et au régime assassin en Syrie », selon un communiqué. Dans ce contexte, « parler de l’unité de l’opposition syrienne ne sert qu’à masquer l’impuissance de la communauté internationale (...) La priorité maintenant est de continuer à renforcer l’unité parmi les forces révolutionnaires syriennes, surtout l’Armée syrienne libre dans le pays, et de garantir le soutien à cette option (militaire) par tous les moyens », a-t-elle ajouté.
L’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, auteur d’un plan de paix resté jusqu’ici lettre morte, a jugé pour sa part « impératif » d’avoir un cessez-le-feu afin de procéder à une transition politique, selon son porte-parole Ahmad Fawzi, au cours d’un point de presse sur l’accord conclu samedi, ajoutant que la réunion internationale avait donné lieu à un « changement (...), spécialement de la position des Russes et des Chinois », deux alliés de poids du régime syrien. Rappelons qu’une trêve censée être en vigueur depuis le 12 avril est constamment violée et des dizaines de personnes meurent chaque jour dans la répression et des combats entre rebelles et soldats de l’armée syrienne.
Mais le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé hier certains pays occidentaux de chercher à « dénaturer » l’accord conclu à Genève. Samedi, le Groupe d’action sur la Syrie, réunissant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne), la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe, avait trouvé un accord dans la capitale suisse sur les principes d’une transition en Syrie. Il prévoit un gouvernement de transition qui pourra inclure des membres du gouvernement actuel et de l’opposition, et qui devra être formé sur la base d’un « consentement mutuel ».
En outre, la Russie a fait savoir qu’elle ne participerait pas à la réunion des Amis du peuple syrien qui rassemble vendredi à Paris des pays arabes et occidentaux, organisations internationales et groupes d’opposants syriens, signe qu’en fait la position russe n’a pas, ou peu, évolué. En revanche, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton s’y rendra.
Près de 50 morts hier
Sur le terrain, les combats ont repris hier entre armée et rebelles syriens aux abords de Baba Amr, quartier symbole de la ville de Homs repris par les troupes gouvernementales en mars dernier, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui fait état de près de 50 morts dans les violences à travers le pays, contre plus de 80 la veille. « Il y a eu d’intenses bombardements toute la matinée. Ça s’est un peu calmé maintenant, mais le siège de la ville se poursuit », a rapporté Abou Rami, un opposant de Homs. L’armée a par ailleurs bombardé Erbine, Hamoreyah et Mazare, villages voisins de Douma où les habitants de cette ville assiégée avaient trouvé refuge ce week-end, selon Omar Hamzeh, porte-parole du Conseil révolutionnaire des zones rurales autour de la capitale.
Les combats se sont également poursuivis près de Damas, à Ghouta el-Charquiya notamment, dans la province de Deir ez-Zor, que les rebelles affirment contrôler en majorité, à Idleb, et dans la région de Lattaquié, où l’armée a recours à des hélicoptères pour bombarder la région rebelle de la montagne des Kurdes, difficile d’accès pour l’armée au sol selon l’OSDH.
(Sources : agences et rédaction)




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