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Moyen Orient et Monde

Les « chabbiha » n’obéissent de plus en plus qu’à eux-mêmes

Lorsque les chabbiha débarquent dans Homs, les habitants de cette ville syrienne qui porte les marques du conflit savent ce qu’ils ont à faire : s’écarter de leur chemin. Accusés d’atrocités, dont les massacres de dizaines de femmes et d’enfants il y a un mois à Mazraat el-Qoubir, les miliciens chabbiha sont essentiellement formés d’alaouites, la branche chiite à laquelle appartiennent Bachar el-Assad et son clan. En uniforme dépareillé et chaussures de sport blanches, ils se déplacent en maîtres dans les quartiers alaouites de Homs. « Nous ignorons à quel moment ils vont se montrer et à quel moment ils vont disparaître. Parmi leurs chefs, certains sont les plus grands criminels du quartier. Mais aujourd’hui, ils sont censés être nos sauveurs », murmure Abou Tamam, un alaouite du quartier de Zahra où des centaines d’hommes ont rejoint les rangs de la milice.


Pour les opposants syriens, les chabbiha sont manipulés par les services de renseignements de la police politique syrienne, qui les emploient pour les basses œuvres et sans lien formel pouvant faire remonter les responsabilités jusqu’aux cercles du pouvoir. Certains commandants des chabbiha sont à ce point proches de l’appareil de sécurité de l’État syrien qu’ils disent avoir demandé et obtenu de l’armée des appuis, notamment aériens, avant de mener des raids.


Mais seize mois après les premiers soulèvements, l’équilibre des forces entre l’armée et les groupes paramilitaires se modifie. Et les chabbiha agissent de plus en plus de leur propre initiative. « Si le gouvernement n’est pas capable de mettre un terme à cette farce, nous le ferons. J’ai des gars qui sont prêts à en découdre. » L’homme qui parle ainsi dit s’appeler Louay. De petite taille, trapu, ce quadragénaire à la chevelure clairsemée ne ressemble guère à un chef de gang. Il est pourtant l’un des chefs des miliciens de Homs, dit que la force ne lui fait pas peur et affirme qu’il ne reçoit d’ordre de personne, pas même du gouvernement pour lequel il combat. « Ça suffit, poursuit-il. Cela fait un an que l’armée est mobilisée et elle est incapable d’y mettre fin. » « Bachar restera au pouvoir tant que j’aurais un souffle de vie, mais les chefs de son armée, ce sont des rats. Mes gars et moi, nous travaillons pour nous-mêmes, sans recevoir d’ordre de quiconque », ajoute Louay.


Dans les rangs de l’armée syrienne, des officiers disent que les relations qu’ils ont avec les chabbiha sont contraintes et forcées par les services de sécurité. « Il existe une haine réciproque évidente entre les soldats et les chabbiha », affirme même un officier s’exprimant sous le sceau de l’anonymat. « Tout ce que vous voyez dans les médias, ces massacres aveugles, ces pillages, ça n’a rien à voir avec nous », poursuit-il.


Nés dans les années 1980 sous le règne de Hafez el-Assad, le père de Bachar, les chabbiha opéraient principalement dans le racket et la contrebande. Ceux d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose à voir avec eux. « La plus grosse erreur du gouvernement est d’avoir créé des groupes locaux d’autodéfense », relève un autre officier de l’armée syrienne. « Ils ont créé les chabbiha, qui sont aujourd’hui une force au-dessus de la loi. Comment peut-on leur faire confiance ? Si la situation continue ainsi, ils vont devenir des milices pures et dures », poursuit-il.
(Source : Reuters)

Lorsque les chabbiha débarquent dans Homs, les habitants de cette ville syrienne qui porte les marques du conflit savent ce qu’ils ont à faire : s’écarter de leur chemin. Accusés d’atrocités, dont les massacres de dizaines de femmes et d’enfants il y a un mois à Mazraat el-Qoubir, les miliciens chabbiha sont essentiellement formés d’alaouites, la branche chiite à laquelle appartiennent Bachar el-Assad et son clan. En uniforme dépareillé et chaussures de sport blanches, ils se déplacent en maîtres dans les quartiers alaouites de Homs. « Nous ignorons à quel moment ils vont se montrer et à quel moment ils vont disparaître. Parmi leurs chefs, certains sont les plus grands criminels du quartier. Mais aujourd’hui, ils sont censés être nos sauveurs », murmure Abou Tamam, un alaouite du quartier de Zahra où...
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Le champ de bataille s'est déplacé chez eux. Ils vont a présent vivre tout ce que ce régime nous a fait vivre pendant des décennies. Je leur souhaite bonne chance.

Pierre Hadjigeorgiou

09 h 53, le 04 juillet 2012

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Commentaires (1)

  • Le champ de bataille s'est déplacé chez eux. Ils vont a présent vivre tout ce que ce régime nous a fait vivre pendant des décennies. Je leur souhaite bonne chance.

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 53, le 04 juillet 2012

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