Farah Abi Mosleh.
Les élections universitaires se déroulent chaque année au mois de novembre. Mais bien avant cette date, les partisans des différents courants se mettent à sonder les étudiants appartenant à leurs confessions respectives pour les pousser à voter en faveur de leurs candidats. Et le jour J, ils les harcèlent pour s’assurer d’avoir leurs voix. C’est vraiment malheureux. Pourtant, au Liban on semble trouver cela normal. Le plus déplorable, c’est l’atmosphère qui prévaut à l’annonce des résultats. Les étudiants appartenant aux deux clans principaux au Liban, les 8 et 14 Mars, se mettent en face à face. Les résultats tombent et la scène se transforme. Les étudiants chahutent et scandent des slogans politiques. Certains partisans portent des rubans sur leur tête et se provoquent mutuellement. Si seulement ils se voyaient ! Puis la tension monte. Les perdants n’admettent pas leur échec, les gagnants défendent leur victoire. Quant aux politiciens pour lesquels les étudiants se chamaillent, ils ne se soucient guère d’eux. Par contre, ils sont heureux d’avoir une nouvelle génération de militants qui « travaillent » pour eux.
Le plus navrant est que cette nouvelle génération, sur laquelle on compte pour construire un Liban démocratique, en est incapable car assujettie et dépendante des chefs et des dirigeants. Le paysage universitaire montre bien l’impuissance du Liban à accéder à la démocratie, à la liberté et au changement, ce que prétendent vouloir les chefs politiques et les dirigeants des différentes communautés.
La culture n’est pas dans l’obtention des diplômes universitaires, mais dans la connaissance de la manière de construire une nation sur des bases d’amour, de liberté et de respect des opinions des autres.
Mon Dieu, pourrions-nous, avec cette nouvelle génération déchirée par les différends, accéder au Liban dont nous rêvons ?
Farah ABI MOSLEH,
19 ans, étudiante en agriculture à l’AUB

