Hier, les pneus ont brûlé sur la route de l’aéroport, à Zokak el-Blatt et ailleurs. Photos archive / Bokja
Le ministre de l’Intérieur a inauguré hier le mois sécuritaire annoncé il y a quelques jours par voie de presse. La première phase de ce plan a débuté dans la banlieue sud, plus précisément la localité de Moucharrafiyé, où M. Charbel a été rejoint par les journalistes.
« Le plan a pris pour point de départ la banlieue sud parce que certains considèrent que les lacunes sécuritaires prennent source ici même et que l’État est absent », a-t-il déclaré, précisant que le plan prévoit des déploiements en d’autres points de la capitale.
Selon lui, le mois sécuritaire aura des répercussions sur les 365 jours de l’année de manière à ramener la stabilité, surtout que les forces de l’ordre s’acquittent de leur tâche qui est de poursuivre les criminels en tout genre.
« Cependant, a ajouté le ministre, il y a des questions qui relèvent des politiques qui sont aujourd’hui appelés à aider les services de sécurité, notamment en cessant de faire monter la tension. »
Et de poursuivre : « Il est absolument interdit de couper les routes et aucune couverture ne sera assurée aux contrevenants. La classe politique et les services de sécurité doivent avoir un même objectif qui est la stabilité. » Et de conclure : « Maintenant, on va pouvoir savoir si les politiques vont se décider à aider à la stabilité. »
Réagissant aux critiques adressées par le député du courant du Futur Nidal Tohmé qui avait laissé entendre non sans ironie que le mois sécuritaire allait s’appliquer exclusivement « sur les voitures des pauvres qui roulent au mazout », M. Charbel s’est écrié, survolté : « Le conducteur de la moto qui roule sans plaque d’immatriculation est en train de commettre des vols à l’arraché, la voiture qui roule au mazout pollue l’atmosphère. Je vous invite à cesser de critiquer les services de renseignements qui n’acceptent plus dorénavant d’être un bouc émissaire. »
Alors que le plan sécuritaire se poursuivait à la corniche Mazraa, plusieurs jeunes, qui semblaient vouloir défendre la cause de l’un des auteurs de l’attaque contre la NTV, Wissam Alaëddine, ont commencé par brûler des pneus sur la route de l’aéroport, une tentative qui a vite été avortée par des éléments de l’armée.

Pendant que les pneus brûlent, la résistance culturelle rayonne
chez les designers Hoda Baroudi et Maria Hibri à Bokja. Photos archive/Bokja
Baroud : Absence de couverture politique
De son côté, l’ancien ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, a indiqué dans un entretien accordé au site nowlebanon que le « Liban n’est pas paré contre les changements régionaux », soulignant qu’il « n’est pas non plus blindé sur le plan interne, ce qui fait que les Libanais sont en train d’en payer le prix de temps à autre ».
L’ancien ministre a placé les incidents itinérants qui se déroulent sur l’ensemble du territoire dans le cadre d’« un cumul qui s’est fait sur plusieurs années. Ils sont la résultante de la négligence et de l’absence de la couverture politique requise pour mettre en œuvre les solutions, et ce en dépit des efforts louables déployés par les forces de l’ordre et les FSI ». M. Baroud a relevé que « le danger de la situation qui prévaut réside dans le fait que la population a perdu confiance dans les institutions officielles à tel point que les gens sont désormais convaincus qu’il n’y a plus personne qui peut les protéger ». Et de conclure en rappelant que la sécurité est intimement liée à la stabilité politique.
Pour sa part, le député Nabil de Freige a commenté le principe du mois sécuritaire. « Il n’y a jamais eu auparavant un pareil exemple. Soit la sécurité prévaut, soit elle n’existe pas », a-t-il déclaré, avant de rappeler que le citoyen où qu’il se trouve souffre de l’absence de sécurité.
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