Le chef de l’État a accueilli ses invités par une analyse politique globale dans laquelle il a mis en relief l’urgence du dialogue, à la lumière des changements parfois radicaux qui se sont produits depuis novembre 2010, date à laquelle ce dialogue s’était interrompu.
Des facteurs plaidant pour la reprise du dialogue, auquel le chef de l’État accorde d’évidence un objectif plus large que celui de l’élaboration d’une stratégie de défense, M. Sleiman a retenu notamment : l’impact négatif de la crise syrienne sur le Liban « au point où elle risque d’avoir des conséquences sur l’entente nationale » ; sur le plan international, la réapparition du spectre de la guerre froide sur fonds de dossiers internationaux : le bouclier antimissile, le dossier nucléaire iranien et le dossier syrien ; sur le plan arabe, l’apparition du printemps arabe et de la dégradation des rapports irano-saoudiens ; l’effondrement des ententes de la Syrie avec l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie et la rupture de la Syrie avec la Ligue arabe ; l’élargissement par Netanyahu de l’assise de son gouvernement qui pourrait avoir des motivations secrètes ou préparer des développements déterminés ; le début des travaux de forages sous-marins par Israël, « qui n’est pas en faveur du Liban ».
Sur le plan interne, le président Sleiman a relevé la multiplication des incidents transfrontaliers avec la Syrie; les rapts et le banditisme ; l’enlèvement de pèlerins libanais en Syrie, etc.
« Nous nous rapprochons du seuil dangereux et des risques de dérapage, a affirmé M. Sleiman. La situation est effrayante, la communauté internationale s’inquiète, les pays arabes aussi et ont mis en garde leurs ressortissants (...). Beaucoup de Libanais résidents et émigrés ont peur, alors que nous leur promettions qu’ils pourraient participer aux élections, les voilà redoutant de ne pouvoir venir au Liban. L’économie se contracte, la saison estivale est menacée, les institutions sont bafouées, notamment les institutions sécuritaires et spécialement l’armée et la magistrature ; le discours politique s’enflamme, les accusations réciproques sont lancées et n’ont pas épargné des instances religieuses et politiques, sans oublier qu’elles ont divisé les foyers. »
Parallèlement, a ajouté M. Sleiman, j’ai reçu beaucoup d’appels à un désarmement de la population, à Beyrouth d’abord, à Tripoli ensuite ; voilà ce qui m’a incité à bouger sur divers plans : d’abord en lançant une invitation à la reprise du dialogue. Ce dernier jouit d’une large couverture libanaise ainsi que d’une couverture arabe et internationale. J’ai donc effectué des démarches auprès des États du Golfe, afin de les rassurer – ils sont inquiets et ne veulent pas voir certains de leurs ressortissants subir le sort de Chibli Ayssami (ancien responsable du Baas enlevé par la Syrie de son domicile à Souk el-Gharb) ; j’ai enfin tenté de relancer le travail du gouvernement. »
« Tous ces facteurs, a conclu le chef de l’État, ont rendu le dialogue impératif pour empêcher la crise syrienne de se répercuter sur le Liban, empêcher l’effondrement de la confiance dans les institutions, sauver la saison estivale et enfin, et ce n’est pas le moins important, établir un climat propice à la visite que doit effectuer le pape au Liban en septembre et dont l’importance est renforcée par tout ce qui se dit sur la présence chrétienne en Orient ».
Des facteurs plaidant pour la reprise du dialogue, auquel le chef de l’État accorde d’évidence un objectif plus large que celui de l’élaboration d’une stratégie de défense, M. Sleiman a retenu notamment : l’impact négatif de la crise syrienne sur le Liban « au point où elle risque d’avoir des conséquences sur l’entente nationale » ; sur le plan international, la réapparition du spectre de la guerre froide sur fonds de dossiers internationaux : le bouclier antimissile, le dossier nucléaire iranien et le dossier syrien ; sur le plan...


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