La recherche des traitements anticancéreux ciblés a fait d’énormes progrès, se félicitaient les spécialistes réunis à l’édition 2012 de la conférence annuelle de l’Association américaine de cancérologie. Photo orbiclinic.com
«Les résultats de ces essais cliniques concrétisent les promesses de la médecine personnalisée ou de précision qui cible les anomalies génétiques des cancers responsables de leur développement ou de leur comportement métastatique», explique le Dr Sylvia Adams, professeur associé de médecine au Langone Medical Center de l’Université de New York et porte-parole officielle de l’ASCO. «Et nous avons eu de nombreux résultats d’essais cliniques exaltants cette année», ajoute-t-elle dans un entretien avec l’AFP.
La nouvelle thérapie vedette du colloque a été le T-DM1. Cette nouvelle arme de haute précision a permis un gain de survie « sans progression de la tumeur de plus de 50 % chez des femmes atteintes d’un cancer du sein agressif dit HER2-positif ».
Le T-DM1 consiste à «armer» un anticorps de substance de chimiothérapie toxique que celui-ci achemine aux cellules cancéreuses sur lesquelles il s’attache avant de pénétrer à l’intérieur avec sa toxine où celle-ci sera libérée, agissant comme un cheval de Troie.
Outre ce traitement, deux nouveaux agents ciblant des fonctions moléculaires de la tumeur chez des personnes avec un mélanome avancé ont réduit de 70 % et de 55 % respectivement le risque de progression de leur cancer. Ces substances bloquent des protéines produites par un gène mutant qui contribuent à la croissance du cancer.
Un nouveau traitement a aussi freiné la propagation de cancers métastasés de la prostate de près de 60% chez des hommes ne répondant plus aux thérapies hormonales.
Enfin, deux essais cliniques de phase 1 ont révélé le potentiel d’un agent expérimental pour doper le système immunitaire contre des cancers du poumon, de la peau et du rein.
«Dans le champ de recherche des traitements anticancéreux ciblés, nous avons fait d’énormes progrès, surtout contre le mélanome ces deux dernières années, et plus récemment dans des cancers gastro-intestinaux et du poumon, tout cela montrant que ce champ de recherche médical explose vraiment», a souligné le Dr Adams.
L’avènement de ces nouvelles armes anticancéreuses «confirme aussi la nécessité de personnaliser le traitement et de disposer pour cela de bons tests génétiques», a-t-elle dit.
Le professeur Michael Link, de l’Université Stamford en Californie et président de l’ASCO, juge quant à lui que cette approche de traitement «définit la nouvelle ère en médecine du cancer». «Plutôt que de penser au cancer seulement sur la base de l’endroit du corps où il se développe, nous le définissons selon ses caractéristiques moléculaires, ouvrant la voie à de nouvelles avancées alors que la tumeur de chacun est définie par un ensemble unique d’anomalies moléculaires», a-t-il expliqué à la presse au premier jour de la conférence de l’ASCO.
Et malgré «les énormes progrès accomplis contre le cancer, nous avons encore un long chemin avant de le vaincre», a encore insisté le professeur Link.
(Source : AFP)


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