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À La Une - Liban

Pédophilie à l’école : au Liban, la chasse aux « intrus » est lancée

L’affaire des actes de pédophilie commis par un enseignant d’arts plastiques au Collège Saint-Joseph de Aïntoura est désormais aux mains de la justice, et trois ministères s’y sont investis.

Les ministres Bou Faour, Cortbaoui et Diab, lors de leur conférence de presse conjointe. Photo Dalati et Nohra      

Stupeur et inquiétude planent toujours, après la scandaleuse agression sexuelle d’écolières âgées de 6 à 8 ans par un enseignant d’arts plastiques, au Collège Saint-Joseph de Aïntoura.

 

L’affaire a poussé le ministre des Affaires sociales, Waël Bou Faour, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Hassan Diab, et le ministre de la Justice, Chakib Cortbaoui, à donner une conférence de presse conjointe, selon l’agence al-Markaziya. Une conférence au cours de laquelle ils ont réclamé « des sanctions fermes contre les agresseurs sexuels d’écoliers, au sein des établissements scolaires ».

 

Le ministre Diab a mis l’accent, à ce propos, sur la nécessité d’une coordination entre toutes les parties, dont les parents d’élèves, pour prévenir de tels drames.

De son côté, M. Bou Faour, qui a porté plainte samedi auprès du parquet général près la Cour de cassation, en tant que président du Conseil supérieur pour l’enfance, contre toute personne impliquée dans l’affaire, a observé que ce genre d’agression peut avoir lieu dans n’importe quel établissement scolaire. Il a ajouté que le collège où se sont déroulées les agressions jouit d’une excellente réputation. Il n’a pas manqué d’insister sur la nécessité de sanctionner sévèrement le coupable, afin d’en faire un exemple. « L’affaire est désormais entre les mains de la justice. Il ne faut pas anticiper les conclusions de l’enquête », a-t-il dit, avant d’estimer nécessaire de trouver une solution radicale à ce genre de problème. Waël Bou Faour s’est également adressé aux parents. Il les a invités à ne pas taire de telles pratiques. Il a aussi invité les établissements scolaires à ne pas être sur la défensive. À son tour, le ministre de la Justice a mis l’accent sur le rôle des parents dans la lutte contre les crimes sexuels et la pédophilie.

 

Les mesures prises par Aïntoura

Par ailleurs, le recteur du Collège Saint-Joseph de Aïntoura, le père Antoine Nakad, a annoncé, lors d’une conférence de presse, que l’établissement a tenté de régler l’affaire intra-muros, rapidement, mais avec calme. « Nous avons immédiatement renvoyé l’enseignant coupable, avant même le début de l’enquête, a-t-il affirmé. Nous avons ensuite chargé un avocat de porter plainte contre lui. Nous avons également chargé des psychologues d’accompagner les élèves, afin d’éviter d’amplifier le problème. Enfin, nous envisageons d’organiser des réunions avec les parents pour leur expliquer les choses. Nous prendrons parallèlement des mesures pour accompagner les jeunes victimes et leurs familles. »

 

S’exprimant au nom des parents des jeunes victimes, Maroun Abou Charaf a affirmé que l’affaire est entre les mains du parquet général du Mont-Liban. « Nous avons porté plainte, avec le ministre des Affaires sociales, Waël Bou Faour, a-t-il affirmé. J’ai personnellement rencontré le procureur général près la Cour de cassation, le juge Saïd Mirza, qui a assuré qu’il ne fera pas preuve de clémence dans cette affaire. » Évoquant le nombre de victimes de l’enseignant pédophile, M. Abou Charaf a précisé qu’il y avait « quatre victimes déclarées, mais que trois autres n’avaient pas osé porter plainte ».

 

Par ailleurs, le président du syndicat des enseignants du secteur privé au Liban, Nehmé Mahfouz, s’est dit confiant dans la justice libanaise et dans les enquêtes en cours. Il a invité toutes les parties, et plus précisément la presse, à attendre les résultats de l’enquête. « Si les faits sont avérés, le syndicat des enseignants demandera les sanctions les plus sévères à l’encontre de l’agresseur », a-t-il observé, tout en soulignant son refus de laisser des intrus entrer dans la profession. Rendant hommage au Collège de Aïntoura, qu’il a qualifié d’un des « établissements les plus respectables », il a appelé la direction à prendre position, dès que l’enquête aura abouti. Enfin, M. Mahfouz a observé que les enseignants ont un rôle éducatif. Il a estimé inadmissible que quiconque porte atteinte à l’enfance.

 

Stupeur et inquiétude planent toujours, après la scandaleuse agression sexuelle d’écolières âgées de 6 à 8 ans par un enseignant d’arts plastiques, au Collège Saint-Joseph de Aïntoura.
 
L’affaire a poussé le ministre des Affaires sociales, Waël Bou Faour, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Hassan Diab, et le ministre de la Justice, Chakib Cortbaoui, à donner une conférence de presse conjointe, selon l’agence al-Markaziya. Une conférence au cours de laquelle ils ont réclamé « des sanctions fermes contre les agresseurs sexuels d’écoliers, au sein des établissements scolaires ».
 
Le ministre Diab a mis l’accent, à ce propos, sur la nécessité d’une coordination entre toutes les parties, dont les parents d’élèves, pour prévenir de tels drames.
De son côté, M. Bou...
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