Henri Proglio, patron d'EDF, risque d'être sévèrement touché par la mesure de plafonnement des salaires des patrons d'entreprises publiques. Photo AFP
Lors de la campagne présidentielle, François Hollande avait indiqué que, s'il était élu, le salaire le plus haut versé dans une entreprise du secteur public serait plafonné à vingt fois le plus bas salaire de l'entreprise. L’objectif de la mesure étant de réduire l'écart de salaires entre patrons et employés.
Donc si le salaire le plus bas dans l'entreprise est le SMIC, les salaires des dirigeants devraient être limités à 350.000 euros par an. Le mesure serait obligatoire dans les entreprises contrôlées à plus de 50% par l'Etat et recommandé ailleurs.
Cette mesure, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault en a détaillé, mardi 29 mai, quelques modalités d’application et notamment l’application de cette fourchette aux "contrats en cours". Et ce alors que durant la campagne présidentielle, Michel Sapin, chargé du programme présidentiel et devenu depuis ministre du Travail, avait affirmé le contraire.
Autant dire que certains patrons, (Henri Proglio, EDF, 1,6 million d'euros brut par an ; Luc Oursel, Areva, 679.000 euros ; Jean-Paul Bailly, La Poste, 635.974 euros et Pierre Graff, Aéroports de Paris, 616.834 euros, selon les chiffres donnés par Le Parisien), vont probablement être contraint de sérieusement revoir leur train de vie si la mesure est appliquée.
Se disant "conscient" qu'il y a eu des excès, Luc Oursel a néanmoins indiqué aux Echos qu'il y a eu beaucoup moins de dérapages "dans les entreprises industrielles" et a ajouté ne pas penser qu'une "entreprise publique soit dans ce cas". Il a également assuré qu'il appliquerait "les décisions de l'Etat actionnaire".
"Il ne faut pas pleurer, mais je reconnais que c’est raide pour certains", a réagi, pour sa part, le président exécutif sortant du groupe européen d’aéronautique et de défense EADS, Louis Gallois, sur Europe 1. "Ceci étant dit, on arrive à vivre avec des salaires qui représentent 20 fois ceux du minimum". Interrogé sur le risque de voir certains grands patrons partir à l'étranger, Louis Gallois a estimé que "chacun fera comme il l’entend".
"Je crois au patriotisme des dirigeants, qui peuvent comprendre que la crise suppose l'exemplarité des élites politiques et économiques", a assuré, de son côté M. Ayrault, qui a rappelé que les rémunérations du président de la République, du Premier ministre et des membres du gouvernement avaient été baissées
En Belgique, le ministre chargé des Entreprises publiques, le socialiste Paul Magnette, a lui aussi présenté en conseil des ministres restreint une note visant à ramener le salaire annuel fixe des dirigeants des sociétés majoritairement détenues par l'Etat au niveau de celui des directeurs généraux d'administration, soit 200.000 euros brut. Si ces patrons pourront bénéficier d'une part de salaire variable, limitée à 30% du fixe, et d'avantages divers (voitures, etc...), mais au total, leur rémunération ne pourra pas excéder 290.000 euros bruts par an.
Les patrons des entreprises publiques en Belgique devraient ainsi voir leurs salaires sévèrement réduits, et même divisé par huit pour celui de l'opérateur de télécoms Belgacom, selon un projet examiné le 25 mai dernier par les principaux ministres du gouvernement d'Elio Di Rupo.
Contrairement au cas français, et pour des raisons juridiques, ces limites ne devraient intervenir que lors de la nomination (ou du renouvellement) des patrons et membres des comités de direction des entreprises publiques, selon Paul Magnette, dont le texte doit encore être adopté par le gouvernement puis par le parlement.
Alors que les critiques notent qu’une telle mesure risque de pousser les managers à se détourner des entreprises publiques pour aller vers le privé, Paul Magnette a précisé que pour les entreprises les plus soumises à la concurrence internationale et qui rencontreraient des difficultés pour recruter des dirigeants de premier plan, une "modulation" permettant de dépasser ces plafonds "n'est pas exclue".
"Il s'agit de +remoraliser+ le monde des grandes entreprises publiques", s’est justifié M. Magnette, en citant en exemple des décisions similaires annoncées en Europe.
Donc si le salaire le plus bas dans l'entreprise est le SMIC, les salaires des dirigeants devraient être limités à 350.000 euros par an. Le mesure serait obligatoire dans les entreprises contrôlées à plus de 50% par l'Etat et recommandé ailleurs.
Cette mesure, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault en a détaillé, mardi 29 mai, quelques modalités d’application et notamment l’application de cette fourchette aux "contrats en cours". Et ce alors que durant la campagne présidentielle, Michel...


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