La grogne s'est propagée à une plus large partie de la population depuis l'adoption le 18 mai 2012 par le gouvernement de Jean Charest de la loi spéciale 78. Jean Olivier /
Crâne rasé, tee-shirt moulant et tatouages, Luc Gagnon souffle : "c'est d'un ridicule!". Ce coiffeur montréalais traduit le sentiment de Québécois exaspérés par le mouvement de protestation des étudiants, que d'autres trouvent "extraordinaire".
Depuis son salon de la métropole québécoise, Luc Gagnon juge que le conflit "tire en longueur, ça s'éternise".
Pour lui, la hausse des frais de scolarité décrétée par le gouvernement québécois n'est pas si dramatique. Ce sont "seulement" quelques centaines de dollars par an, juge M. Gagnon.
"Ces gens-là, ils ont tous des cellulaires. Ça finit de manifester et ça va dans les bars, les terrasses, ça prend de la bière, quelques-uns vont fumer un petit joint, c'est de l'argent aussi, mais ça, c'est pas grave", lance-t-il.
Partie du milieu étudiant, opposé à la hausse des frais de scolarité au Québec de 75% (325 dollars par an sur cinq ans), la grogne s'est propagée à une plus large partie de la population depuis l'adoption le 18 mai par le gouvernement libéral de Jean Charest de la loi spéciale 78. Le texte oblige les organisateurs de manifestations de plus de 50 personnes à soumettre à la police huit heures à l'avance l'itinéraire du cortège, sous peine de lourdes amendes.
Depuis, les soirées de nombreuses villes de la province canadienne sont rythmées par les concerts de casseroles, orchestrés par les manifestants.
"C'est pas ça qui va changer le gouvernement", peste Luc, qui craint que le mouvement n'effraye les touristes, "surtout que la saison des festivals va commencer".
Dans le parc La Fontaine, Michel, habitant de la banlieue montréalaise, qui souhaite taire son nom, est lui aussi très critique sur la question des frais de scolarité. "A un moment donné, il faut que tu paies ta part, et avec le salaire qu'ils (les étudiants) vont gagner plus tard, ils vont pouvoir rembourser leurs dettes. C'est normal de s'endetter pour avoir un meilleur salaire."
Sur un banc, Agnes Billard, retraitée octogénaire anglophone, se dit contre les manifestants "parce qu'ils vont et viennent, avec leurs poêles et leurs casseroles, et ils frappent, et frappent. Ils sont passés devant ma porte l'autre nuit, c'était terrible".
Son de cloche très différent sur une place de la ville où des médecins, blouse sur le dos et stéthoscope autour du cou, s'étaient donné rendez-vous ce week-end pour protester contre la loi spéciale.
Parmi eux, Danielle Gauthier dit comprendre le mouvement étudiant car "l'éducation c'est comme la santé, ça devrait être gratuit". Quant à la loi 78, son adoption l'a "rendue furieuse" et l'a poussée à manifester avec sa casserole devant l'Assemblée nationale à Québec, où elle habite, car ce texte "donne la permission à la police d'avoir le contrôle, le gouvernement transfère toute la responsabilité aux policiers".
Son confrère David Barbeau ajoute que "les étudiants ont réveillé un peuple. Les gens en avaient assez mais étaient observateurs. Face à la ténacité et l'inventivité du mouvement étudiant, une bonne partie de la société québécoise s'est jointe à la résistance".
Passant près des médecins, Johanne Chagnon, artiste, dit trouver ce mouvement "extraordinaire". "A cause de la répression qu'on a voulu lui mettre, alors qu'il était légitime, ça a fait ressortir plein d'autres choses". Pour elle, le phénomène des casseroles est "fabuleux car les gens dans les quartiers sortent, se retrouvent, font du bruit, c'est un ras-le-bol de la classe politique, d'une vision économique, du profit, des élites".
Selon un sondage publié samedi par le quotidien La Presse et réalisé auprès de 1.500 internautes, 51% des Québécois sont en faveur de la loi spéciale.
Pour mémoire
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Depuis son salon de la métropole québécoise, Luc Gagnon juge que le conflit "tire en longueur, ça s'éternise".
Pour lui, la hausse des frais de scolarité décrétée par le gouvernement québécois n'est pas si dramatique. Ce sont "seulement" quelques centaines de dollars par an, juge M. Gagnon.
"Ces gens-là, ils ont tous des cellulaires. Ça finit de manifester et ça va dans les bars, les terrasses, ça prend de la bière, quelques-uns vont fumer un petit joint, c'est de l'argent aussi, mais ça, c'est pas grave", lance-t-il.
Partie du milieu étudiant, opposé à la hausse...


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Extraordinairement formidable!Vive le Québec Libre....
05 h 51, le 29 mai 2012