Rechercher
Rechercher

À La Une - Révolte

Houla : l’ONU condamne le régime syrien à l’unanimité

Damas dément toute implication et poursuit la répression ; au moins 33 tués hier.

Une image prise de YouTube montre des victimes des bombardements de Hama par le régime syrien, hier, survenus quelques jours après celui de Houla. Photo AFP

Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné hier « dans les termes les plus fermes possibles » le gouvernement syrien pour le massacre de Houla. Les 15 pays membres du Conseil, y compris la Russie alliée de la Syrie, ont indiqué que les attaques « impliquaient une série de bombardements par les tanks et l’artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel », dans une déclaration commune qui demande au président Bachar el-Assad de retirer les armes lourdes de toutes les villes syriennes. Les responsables devront rendre des comptes, a également ajouté la déclaration.

 

Le général norvégien Robert Mood, chef de la mission des observateurs de l’ONU, avait auparavant indiqué devant le Conseil de sécurité que 108 personnes, dont plus de 32 enfants, ont été tuées et 300 autres blessées dans le massacre. Le général Mood s’est adressé par visioconférence, à partir de Damas, au Conseil de sécurité, dont les membres tenaient une réunion à huis clos. Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait souligné que les observateurs ont confirmé que des obus d’artillerie et de blindés avaient bien été tirés sur Houla. Dans sa lettre, M. Ban écrit que les observateurs ont « examiné les corps des tués », ajoutant qu’ils ont également observé des blessures par balles sur certains corps.

 

Plus tôt dans la journée, Damas avait nié être responsable du massacre. « Nous réfutons totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, deux jours après le bombardement meurtrier attribué par l’opposition au régime. Les autorités syriennes ont annoncé la création d’une commission d’enquête conjointe de l’armée et de la justice sur ces violences. La commission doit publier ses résultats dans trois jours.

 

Les chancelleries occidentales et les pays arabes hostiles à Bachar el-Assad avaient tous accusé le régime syrien d’être l’auteur de ce massacre. Le Conseil de coopération du Golfe a exhorté la communauté internationale à « assumer ses responsabilités pour mettre fin au bain de sang quotidien en Syrie ». Les Émirats arabes unis ont pour leur part demandé une réunion urgente de la Ligue arabe dont le secrétaire général, Nabil el-Arabi, a invité le Conseil de sécurité à mettre un terme aux tueries. Le Koweït également a annoncé avoir l’intention, en sa qualité de président actuel de la Ligue, de convoquer une réunion d’urgence. La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a réclamé que les auteurs de cette tuerie rendent des comptes. La Maison-Blanche s’est, elle, déclarée horrifiée par la tuerie, disant y voir « l’infâme testament d’un régime illégitime ». Pour Moscou, le massacre est un événement « tragique » qui « mérite condamnation ».

 

Washington et Moscou étudient un plan de transition

Par ailleurs, le New York Times a rapporté que l’administration Obama compte s’allier à la Russie pour travailler à un plan de sortie de crise, qui prévoirait le départ de M. Assad. À en croire le quotidien, Washington souhaite calquer ce plan sur la transition qui a mis fin à la présidence de Ali Abdallah Saleh au Yémen. Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, a dénoncé un « acte odieux commis par le régime syrien ». Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a estimé de son côté qu’il pourrait s’agir d’un crime contre l’humanité. La France, de son côté, compte organiser prochainement à Paris une réunion du groupe des Amis de la Syrie. Le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est entretenu hier avec M. Annan. Selon Damas, Kofi Annan doit effectuer aujourd’hui sa deuxième visite en Syrie. Il rendra compte mercredi au Conseil de sécurité.

En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est dit « écœuré » par les massacres en Syrie, accusant l’Iran et le Hezbollah d’en être les complices.

 

Le CNS appelle au combat

Au niveau syrien, le chef démissionnaire du Conseil national syrien, Burhan Ghalioun, a appelé hier le peuple syrien au combat : « J’appelle le peuple syrien à mener la bataille de la libération et de la dignité en comptant sur ses propres forces, sur les rebelles déployés à travers le pays et sur les brigades de l’ASL », au cas où la communauté internationale n’assumerait pas ses responsabilités « en vertu du Chapitre VII » de la Charte de l’ONU, permettant notamment l’usage de la force. Déjà samedi, l’ASL avait prévenu qu’elle ne respecterait plus le plan Annan : « À moins que le Conseil de sécurité de l’ONU ne prenne des décisions d’urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer. » Aussitôt, le Comité international de la Croix-Rouge a appelé les parties en conflit à épargner les civils dans leurs affrontements.

 

Hier encore, au moins 33 personnes dont 24 civils ont trouvé la mort dans les violences, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Des manifestations massives dénonçant le massacre de Houla ont eu lieu à Alep, Idleb, Deraa, Hama et Damas, selon l’OSDH. De violents combats secouaient Hama, pilonnée par les blindés de l’armée. En outre, samedi, les blindés sont entrés pour la première fois à Alep et Homs a été bombardée. Enfin, des combats près de la frontière irakienne ont poussé les autorités de Bagdad à placer leurs forces de sécurité et gardes-frontières dans la zone en état d’alerte.

 

Dossier

« Les oppositions syriennes » entre division et radicalisation

Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné hier « dans les termes les plus fermes possibles » le gouvernement syrien pour le massacre de Houla. Les 15 pays membres du Conseil, y compris la Russie alliée de la Syrie, ont indiqué que les attaques « impliquaient une série de bombardements par les tanks et l’artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel », dans une déclaration commune qui demande au président Bachar el-Assad de retirer les armes lourdes de toutes les villes syriennes. Les responsables devront rendre des comptes, a également ajouté la déclaration.
 
Le général norvégien Robert Mood, chef de la mission des observateurs de l’ONU, avait auparavant indiqué devant le Conseil de sécurité que 108 personnes, dont plus de 32 enfants, ont été tuées et 300 autres blessées dans le massacre. Le...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut