Liban

« En bonne santé », les pèlerins chiites enlevés par une brigade que l’ASL « ne reconnaît pas »

Otages Médiation d’un cheikh syrien sunnite, le Hezb ne veut pas d’un sit-in devant l’ambassade turque.
OLJ
25/05/2012

Le chef du « Rassemblement des officiers libres », le général syrien dissident Houssam Awwak, a révélé que les kidnappeurs des pèlerins chiites libanais appartiennent à la « Brigade des martyrs de la révolution » que « ne reconnaît pas » l’Armée syrienne libre (ASL). Les membres de cette brigade « ont peur du Hezbollah et de ses réactions revanchardes », a-t-il ajouté, relevant que ces kidnappés « portaient des jumelles ».


Dans une interview à la chaîne de télévision al-Jadeed, le général Awwak a affirmé que l’ASL « fait ce qu’il faut pour garder les treize personnes en vie. Nous ne voulons pas que les choses aillent à vau-l’eau, nous ne voulons pas qu’il leur arrive ce qui est arrivé aux quatre Iraniens durant la guerre civile (ndlr : les quatre diplomates kidnappés dont personne n’a eu de nouvelles depuis des dizaines d’années) et nous rassurons leurs familles », a-t-il encore dit. « Les prochaines heures seront porteuses de bonnes nouvelles pour les familles des otages. Les médiateurs sont à l’œuvre – le plus important est que nous avons pu les garder en vie et là, ils sont en sécurité », a-t-il conclu.


En attendant, le site électronique elnashra.com rapporte que Houssam Awwak lui a donné des détails sur l’enlèvement d’Alep. Selon lui, le bus transportant les pèlerins a attiré l’attention en raison de ses arrêts fréquents, d’où la nécessité d’intercepter le véhicule et d’interroger les personnes à son bord, poursuit-il, se refusant néanmoins à qualifier l’opération de kidnapping. Après enquête, poursuit-il, il s’est avéré que parmi ces pèlerins se trouvaient des responsables du Hezbollah, et en contrepartie de la libération des otages, Houssam Awwak réclame le retrait de Syrie des brigades hezbollahies 101, 102, 103, l’adoption par le Hezbollah d’une politique de dissociation vis-à-vis de la crise syrienne, le transfert des armes saisies par les autorités libanaises à bord du Lutfallah II à l’opposition et la libération de l’officier syrien dissident Hussein Harmouch.


Ces déclarations contredisent celles de Riad el-Assaad, le chef de l’ASL, qui a assuré que ses hommes n’avaient rien à voir avec l’enlèvement d’Alep, un kidnapping qu’il a condamné, évoquant « Awwak, officier à la retraite qui était auparavant membre des services de renseignements de l’armée de l’air et qui pourrait toujours avoir des liens avec le régime d’Assad ».

Le rôle de la Turquie ?
De son côté, le lieutenant-colonel parachutiste de l’ASL, Khaled Hammoud, a accusé des « groupuscules non contrôlés et des bandits de grands chemins » d’avoir kidnappé les pèlerins, « sans doute pour des raisons matérielles ». Il a indiqué avoir « personnellement essayé de les libérer après que l’ASL, qui n’a absolument rien à voir avec cet incident, eut été accusée d’être derrière tout cela ». Interrogé au téléphone par la chaîne OTV, il a assuré que la Turquie n’a elle aussi rien à voir avec cela : « Elle est beaucoup plus intelligente que cela. »


À ce sujet, des sources du Hezbollah citées par la chaîne de télévision MTV ont assuré « connaître » le lieu de détention des otages d’Alep, faisant allusion à « un rôle de la Turquie à ce niveau, sauf qu’Ankara ne s’est toujours pas décidé à faire pression sur le groupuscule qui les a kidnappés afin qu’il les libère ». Selon la MTV, les parents des otages sont en colère et souhaitent vraiment être rassurés sur le sort de leurs proches, ils entendent organiser un sit-in devant l’ambassade de Turquie, alors que le Hezbollah s’emploie à éviter cela.

La médiation d’al-Zoabi
D’autre part, un dignitaire sunnite syrien, le cheikh Ibrahim al-Zoabi, a annoncé hier qu’il menait une médiation pour obtenir la libération de ces pèlerins. « Tous les otages sont sains et saufs. Nous tentons d’obtenir leur libération mais celle-ci est bloquée par les bombardements de l’armée syrienne dans la région », a-t-il dit, précisant que les preneurs d’otages, qui exigent de remettre leurs prisonniers aux seules autorités libanaises, allaient diffuser une vidéo ou un enregistrement afin de prouver que ceux-ci se portent bien. Interrogé par al-Jadeed, il a assuré que « la présence des forces de sécurité, des chabbiha et des blindés syriens empêche la libération des otages. C’est le régime syrien qui empêche leur élargissement », a insisté cheikh al-Zoabi.


« La direction (de l’ASL) mène des efforts pour retrouver les personnes enlevées et les libérer, a indiqué aujourd’hui un porte-parole de l’ASL, le colonel Qassem Saadeddine, condamnant cet acte et affirmant de nouveau que les rebelles n’avaient aucun lien avec l’enlèvement des pèlerins libanais. Il a par ailleurs dénoncé » l’implication de certaines parties libanaises dans des actes hostiles aux Syriens au Liban et à leur révolution « , citant des » persécutions, meurtres et enlèvements de nombreux Syriens « . Il a averti que la direction de l’ASL » ne restera pas silencieuse face à ces atteintes « et appelé dans ce contexte les autorités libanaises à » assumer pleinement leur responsabilité pour protéger les réfugiés syriens « dans le pays. Signalons à ce sujet que selon le site électronique nowlebanon.com, des ouvriers syriens ont été attaqués aux bâtons de dynamite jetés sur leur compound dans la zone de Akibiyya, dans le caza de Zahrani, sur la route Saïda-Tyr. Il n’y a pas eu de blessés, selon le site, qui indique que cet acte est une « réaction de colère » au rapt des pèlerins chiites à Alep, « ou bien l’ingérence d’une cinquième colonne » ...

Mansour et les détails...
Au Liban, le chef de la diplomatie Adnane Mansour a, lui aussi, affirmé que les contacts se poursuivent pour résoudre cette affaire. « Le président du Parlement Nabih Berry suit ce dossier avec les autorités concernées, mais cela nécessite du temps », a-t-il déclaré hier à la Voix du Liban (93.3). M. Mansour a de nouveau accusé jeudi l’opposition syrienne d’être derrière le rapt des pèlerins chiites. « Le régime syrien ne mènerait pas une telle opération qui lui est nuisible », a-t-il jugé. En soirée, le ministre des AE a confirmé la bonne santé des otages sur la chaîne de télévision al-Manar. « L’important est qu’ils soient libérés et nous ne voulons pas entrer dans les détails », a-t-il dit.


Quant au député hezbollahi Nawwar Sahili, il a confirmé que les otages en Syrie « sont en bonne santé. Leur libération est une question de temps et ils ont été kidnappés par l’autoproclamée opposition », a-t-il, lui aussi, accusé. Son collègue Amal Abdel-Magid Saleh a jugé que le rapt est « un des maillons de la chaîne » qui peut mener à la guerre civile, relevant que l’appel téléphonique de Saad Hariri à Nabih Berry au sujet des pèlerins kidnappés est « très positif ».

Enfin, le député 14 Mars Robert Ghanem a qualifié cet acte de « violation flagrante de la souveraineté libanaise ».

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