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À La Une - Liban

Le débat sur l’affaire du prêtre enlevé à Baalbeck s’envenime

"Nous ne ploierons devant aucune menace et nous voulons retrouver cette fille, même si cela doit mener à une guerre civile dans le pays".

L'affaire a provoqué des tensions dans la ville de Baalbeck. Photo archives /

Le ton est monté d’un cran hier concernant l’affaire du rapt du prêtre Élie Gharios, enlevé puis relâché quelques heures plus tard, lundi soir à Baalbeck.


La chaîne CNN a diffusé un reportage sur l’affaire, racontant comment le prêtre avait été enlevé pour avoir baptisé une chiite et comment il avait été libéré grâce à une intervention directe du Hezbollah.

 

CNN a également indiqué qu’il n’était pas clair si le père de la fille, un dignitaire religieux chiite du nom de cheikh Ahmad Kataya, avait directement pris part à l’opération. D’autant, a ajouté la chaîne US, que « des informations sécuritaires font état de la participation d’un dignitaire religieux à l’enlèvement ».


De son côté, le président des Forces libanaises, Samir Geagea, a condamné l’enlèvement du prêtre, estimant qu’il ne fallait pas que cette affaire se termine par un arrangement à l’amiable. « La sécurité à l’amiable, c’est l’abandon par l’État de ses prérogatives au profit d’organisations locales, ce qui détruit l’État et va à l’encontre du pacte de coexistence », a indiqué M. Geagea, qui a mis en garde contre le danger « de tels incidents qui menacent la paix civile compte tenu du fait que la personne enlevée est un prêtre. »


En soirée, l’évêque maronite de Baalbeck et de Deir el-Ahmar, Semaan Atallah, a affirmé dans un entretien à la LBCI que c’est la fille elle-même qui avait voulu se convertir au christianisme et que personne ne l’avait forcée à le faire.

 

Mettant en exergue l’œuvre commune islamo-chrétienne pour consolider le Liban-message, l’évêque a condamné l’enlèvement du père Gharios, appelant l’État à « assumer ses responsabilités ». « C’est le Hezbollah qui a fait libérer le père Gharios. L’État n’est pas présent. (...) Le père Gharios a été torturé, mais heureusement, il n’est pas mort. Si nous avions compté sur l’État, il serait peut-être mort à l’heure qu’il est », a-t-il souligné.


« Je demande au père de la fille quelles sont les raisons qui l’ont poussée à quitter sa maison », a-t-il dit, indiquant que cette dernière, qui a 24 ans, était pratiquement « séquestrée chez elle » et que son père avait cherché « à la marier de force à l’un de ses parents, ce qu’elle avait refusé ». « Elle a aussitôt eu peur d’être enlevée et a préféré s’enfuir. Nous sommes aujourd’hui à sa recherche », a-t-il ajouté.

 

Concernant les accusations de cheikh Kataya selon lesquelles sa fille serait « mentalement perturbée », Mgr Atallah a dit : « Nous avons entendu qu’il existe des rapports médicaux contraires suite à des examens psychologiques qui infirment ces propos. » Il a enfin proposé sa contribution pour tenter de retrouver la fille.

 

Dans un entretien par téléphone avec la LBCI, cheikh Kataya a pour sa part réitéré les affirmations selon lesquelles sa fille serait « mentalement perturbée » et « schizophrène ». « L’affaire de cette fille est l’affaire de la communauté chiite dans son ensemble. Certains prêtres, qui ont participé à son enlèvement, pratiquent la sorcellerie et la magie dans la Békaa et tentent d’influencer les enfants de la communauté chiite pour les convertir au christianisme. J’appelle à trouver une solution rapide à cette affaire et l’ensemble de la communauté chiite à se solidariser avec eux. Nous ne ploierons devant aucune menace et nous voulons retrouver cette fille, même si cela doit mener à une guerre civile dans le pays. Les services de sécurité tentent de trouver une solution partielle à cette affaire, en l’occurrence l’enlèvement du prêtre. Or, il y a une fille qui a été enlevée », a ajouté le dignitaire religieux chiite.

Le ton est monté d’un cran hier concernant l’affaire du rapt du prêtre Élie Gharios, enlevé puis relâché quelques heures plus tard, lundi soir à Baalbeck.
La chaîne CNN a diffusé un reportage sur l’affaire, racontant comment le prêtre avait été enlevé pour avoir baptisé une chiite et comment il avait été libéré grâce à une intervention directe du Hezbollah.
 
CNN a également indiqué qu’il n’était pas clair si le père de la fille, un dignitaire religieux chiite du nom de cheikh Ahmad Kataya, avait directement pris part à l’opération. D’autant, a ajouté la chaîne US, que « des informations sécuritaires font état de la participation d’un dignitaire religieux à l’enlèvement ».
De son côté, le président des Forces libanaises, Samir Geagea, a condamné l’enlèvement du prêtre,...
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