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Fulgurance rance

Dans cette république porte-clés qui baigne dans une joie de vivre sans nulle autre pareille, il est heureux de constater que l’animation reste toujours fidèle au rendez-vous. L’amuse-gueule de cette semaine a consisté à établir une analyse littéraire profonde de la dernière fulgurance de Nabih Berry. Un éclair miroité invariablement tous les quatre ans et qui prévoit d’encaquer le pays dans une circonscription unique allant d’Alexandrette à Haïfa, avec à la clé un scrutin à la proportionnelle. Un miroir sans tain, qui ne risque pas de réfléchir grand-chose tant la liste sera orpheline et le score sans équivoque : 99 % de « oui », 1 % de « traîtres », le tout agrémenté d’un programme politique bidon débité en bois de chêne massif, aussi obscur que les grimoires talmudiques.
Car il y a bien une angoisse chez Istiz Nabeuh : que la petite circonscription ne fasse élire des députés carrément à portée de baffe de leurs électeurs. Alors qu’avec une tranche électorale unique, la recette serait pliée d’avance, la marmite à point n’attendant plus que la brigade des applaudisseurs, montés sur la caravane des autocars et des bulldozers. Le tout sous le haut patronage du parti barbu, de l’Istiz imberbe lui-même et de l’Orangina râleur. Depuis Clisthène, père de la démocratie, on n’a jamais trouvé mieux pour mettre en érection les encéphalogrammes plats des partisans excités.
Entre-temps et pendant que Barbichu soubresaute sur Twitter dans l’espoir de retrouver des forces à Beyrouth, le Mikati mi-décati, toujours égal à lui-même, s’en tient à la seule stratégie qu’il connaisse : la douceur avant la douleur. Une marque déposée par lui-même il y a une bonne année, qui consiste à raconter à chacun ce qu’il a envie d’entendre, foutant en rogne la camarilla de ses détracteurs. Alors forcément, quand les ministres agrumes lui ont présenté la note des 8 900 milliards, il a toussé, puis a de nouveau été pris d’une quinte quand l’ensemble de son budget s’en est trouvé bloqué.
Bref, le gouvernement s’incruste et, sauf imprévisible rebondissement, l’opposition n’a pas réussi à accrocher ce prestigieux trophée à son tableau de chasse. Mais bon, les futurs électeurs de 2013 finiront bien par s’apercevoir que les promesses d’avenir des uns et des autres auront le même goût que celles qu’ils n’ont pas été fichus de tenir dans le passé.

gabynasr@lorientlejour.com
Dans cette république porte-clés qui baigne dans une joie de vivre sans nulle autre pareille, il est heureux de constater que l’animation reste toujours fidèle au rendez-vous. L’amuse-gueule de cette semaine a consisté à établir une analyse littéraire profonde de la dernière fulgurance de Nabih Berry. Un éclair miroité invariablement tous les quatre ans et qui prévoit d’encaquer le pays dans une circonscription unique allant d’Alexandrette à Haïfa, avec à la clé un scrutin à la proportionnelle. Un miroir sans tain, qui ne risque pas de réfléchir grand-chose tant la liste sera orpheline et le score sans équivoque : 99 % de « oui », 1 % de « traîtres », le tout agrémenté d’un programme politique bidon débité en bois de chêne massif, aussi obscur que les grimoires talmudiques.Car il y a bien une...
commentaires (4)

Prière lire : Monsieur Gaby Nasr. Grande excuse !

SAKR LEBNAN

07 h 17, le 04 mai 2012

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Commentaires (4)

  • Prière lire : Monsieur Gaby Nasr. Grande excuse !

    SAKR LEBNAN

    07 h 17, le 04 mai 2012

  • En bref pour être bon politicien dans notre pays il ne faut pas être trop intelligent, il faut être un idiot fulgurant, et gagner ainsi facilement en mini tribus en trainant les électeurs de 2013toujours et toujours en moutons de Panurge . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    05 h 56, le 04 mai 2012

  • Superbe Gaby Nasr ! Avec surtout : "d'Alexandrette à Haïfa..." ! Magnifique.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    03 h 28, le 04 mai 2012

  • Analyse objective mais pas complète, Monsieur Nagib Aoun, car vous auriez dû ajouter que l'aspiration cachée est une mainmise complète, d'une fraction des Libanais, sur le pays, au nom de législatives démocratiques lesquelles, dans un pays laïc seraient de telles, mais au Liban, dans la situation actuelle, archi-confessionnelle qui y prévaut, seraient anti-démocratiques, car ne reflétant pas la volonté populaire réelle. Elections justes et démocratiques, dans le contexte actuel, seraient celles où chaque communauté enverrait ses propres représentants au Parlement, et au Gouvernement. Messieurs, ARRÊTEZ vos JEUX. RIEN NE VA PLUS !

    SAKR LEBNAN

    02 h 24, le 04 mai 2012

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