Marine Le Pen à Paris à la veille du premier tour de la présidentielle. FRANCOIS GUILLOT/
Jeune et énergique, Marine Le Pen, qui a porté le Front National à un niveau record à la présidentielle, a appris la politique à la source, auprès du chef historique de l'extrême droite française, son père Jean-Marie Le Pen, dont elle a hérité le sens de la formule.
Dimanche soir, après l'annonce de sa troisième place au premier tour de scrutin avec près de 18% des suffrages, elle a renoué avec ses années d'étudiante en droit, quand elle aimait faire la fête, en dansant avec les jeunes militants du Front National.
"Ce n'est que le début, mes chers amis. Vous m'avez sur le dos pour 60 ans", assurait-elle quelques jours avant le scrutin.
A 43 ans, elle a désormais les élections législatives de juin en ligne de mire où elle espère faire entrer des élus à l'Assemblée nationale et poursuivre sa stratégie : faire "exploser" le parti UMP de Nicolas Sarkozy et se poser en "centre de gravité" d'une droite recomposée.
"Nous allons avoir un bureau politique où nous allons discuter de tout ça et puis préparer les législatives, le 3e tour", a déclaré Mme Le Pen lundi.
La benjamine des trois filles Le Pen n'aurait pas dû entrer en politique. C'est sa sœur Yann, et surtout Marie-Caroline, qui auraient dû reprendre le flambeau d'un parti dominé depuis sa fondation en 1972 par Jean-Marie Le Pen.
Mais la vie politique du Front National et les scissions de la fin des années 90 ont ouvert la voie à cette avocate qui avait tenté dès 1993, à 24 ans, de se faire élire députée de Paris.
Son père la couve pendant plusieurs années, notamment au service juridique du FN avant de l'imposer devant les caméras. Le FN sera "un refuge, puis un tremplin", écrit le journaliste Romain Rosso dans une biographie de Marine Le Pen.
Elle fait forte impression le 5 mai 2002, un soir de 2e tour d'élection présidentielle où son père s'est qualifié et va perdre largement contre Jacques Chirac. Elle donne le ton en affirmant que "la France s'est transformée en camp de rééducation psychologique", allusion aux manifestations monstres dans les rues du pays pour dire "non" au FN.
Montant progressivement en puissance dans l'ombre d'un père vieillissant, elle s'impose en janvier 2011 à la tête du FN.
A la différence de son père, dont le programme économique était réduit et délaissé au profit des diatribes anti-immigrés, Marine Le Pen colle au plus près des inquiétudes des Français "déclassés", ces "oubliés" de la politique qui voient le chômage dépasser les 10% et leur pouvoir d'achat diminuer.
Il s'agit de se débarrasser, au moins partiellement, des militants antisémites, nostalgiques de l'Algérie française voire du régime collaborationniste (avec l'Allemagne) de Vichy, et des catholiques intégristes, qui étaient pendant plus de 30 ans les cadres du Front National, héritier d'une tradition d'extrême droite née au XIXe.
A la presse française qui parle d'opération "dédiabolisation", Mme Le Pen répond qu'elle veut "donner une image différente de la caricature" faite, selon elle, du FN.
Sortie de l'euro, protectionnisme : la députée européenne tente aussi d'apparaître comme plus crédible dans le domaine économique. Elle joue également du brouillage des codes, citant Jaurès ou de Gaulle, mais ses sympathisants plébiscitent surtout ses envolées contre l'islam quand elle se fait championne de la laïcité.
En pleine campagne électorale, elle lance le débat sur la viande halal et force le président sortant à s'aligner sur ses positions. Auparavant, elle avait fait un parallèle entre les prières de certains musulmans dans les rues (faute de place dans les mosquées) et l'occupation nazie.
Egalement au programme du Front National version "Marine", la pénalisation du port du voile dans les transports en commun- alors que la loi interdit déjà le port de la burqa dans la rue-, "l'inversion des flux migratoires", la suppression des aides sociales aux étrangers et le rétablissement de la peine de mort.
Dimanche soir, après l'annonce de sa troisième place au premier tour de scrutin avec près de 18% des suffrages, elle a renoué avec ses années d'étudiante en droit, quand elle aimait faire la fête, en dansant avec les jeunes militants du Front National.
"Ce n'est que le début, mes chers amis. Vous m'avez sur le dos pour 60 ans", assurait-elle quelques jours avant le scrutin.
A 43 ans, elle a désormais les élections législatives de juin en ligne de mire où elle espère faire entrer des élus à l'Assemblée nationale et poursuivre sa stratégie...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine