Autrement, c’est depuis belle lurette que le citoyen aurait été normalement alimenté en électricité et en eau potable. Qu’il aurait eu les minima sociaux qu’un peuple est en droit d’attendre de son État. Comme une couverture de santé de base ou un enseignement public digne de ce nom.
Il aurait eu aussi, le citoyen, des routes carrossables, qui ne soient pas dangereuses. Il aurait même pu se nourrir en toute sécurité, sans craindre une quelconque intoxication alimentaire. Il n’aurait pas craint pour sa vie ou celle des siens, le citoyen, dans telle ou telle région, où sévit la loi de la jungle.
La liste est longue. Mais les acquis bien maigres, pour ne pas dire nuls. Pire même, c’est à reculons qu’avance désormais le niveau de vie du citoyen. La guerre est pourtant terminée depuis longtemps. Ses traces physiques s’estompent, de jour en jour, à mesure que poussent les constructions ultramodernes, de manière anarchique, à la ville comme dans les villages.
Ailleurs, les peuples évoluent, malgré les nombreux défis. Les hommes politiques montrent, avec professionnalisme, transparence et sérieux, études et chiffres à l’appui, leur volonté de dépasser les crises, de résoudre les problèmes le mieux possible. Avec en ligne de mire, le développement des peuples, leurs intérêts et leur bien-être.
Mais la classe politique libanaise, elle, continue de s’empêtrer dans ses sempiternelles querelles stériles, de se perdre dans d’interminables accusations qui n’ont pour autre objectif que de semer la confusion parmi la population et de mobiliser les uns contre les autres.
Point de compétence, de performance ou de productivité en perspective. Pas le moindre professionnalisme, bien entendu, ou la moindre vision à long terme. Pas même la moindre volonté de servir un peuple qui n’aspire qu’au développement et n’en peut plus d’encaisser les coups, l’un après l’autre.
C’est plutôt par sa médiocrité qu’elle brille, cette chère classe politique. Une incompétence qui n’a d’autre résultat que la contre-productivité. Plombée par une corruption endémique qu’elle ne prend même plus la peine de cacher et qui gangrène non seulement la Fonction publique, mais l’ensemble du pays.
Y a qu’à voir la façon avec laquelle est traité le dossier de l’électricité, ou celui des viandes avariées. Un « savoir-faire » à la libanaise, dont n’a que faire le citoyen, car il lui fait honte, jusqu’au plus profond de lui-même.


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